‹ Phocion: tragédie en cinq actes et en versChapitre 31 sur 48 · ACTE IV, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE I

Votre exemple m'a trop enseigné la constance; Je saura! , comme vous, souffrir l'adversiië. Dansle piqs grand éclat de la prospérité/ D*un vain faste toujours dédaignant Timposturè^ Lia gloire d*un époux fut ma seule parure.

Qu'avec un juste orgueil, ces mains, ces foibles mains , SVmploiroient à nourrir le premier des humains. Ecartant loin de vous la misère importune.

Mon filsadouciroit votre auguste infortune.

Croyez-moi, Phocion, des jours sereins et doux, Au milieu des déserts, luiroient encor pour vous^ Sur ces sauvages lieux, du moins exempts d alarmes, Oui ; vos vertus encor répandroient quelques charnïes*

Le parti le plus noble est aussi le plus sûr; Ne cherchons point la paix dans un asile obscur; La haine m y suivroit, et jamais ne pardonne L'offense qu^elle a&Ile, et la peur qu*on lui donne. Demeurons. Cependant gardez-vous de penser Que d'une âpre vertu j aime à me hérisser, Que je mette ma gloire à paroitre impassible; Je suis loin d*en rougir, je porte un cœur sensible. J*avouerai la douleur qui vient le déchirer Quand je songe à Tinstant qui peut nous séparer. Je ne le nierai pas, j*ai besoin du courage Que les dieux ont daigné m'accorder en partage, Pour retenir mes pleurs en voyant réunis Mon ami le plus cher, mon épouse et mon fils.

<« FHOCION,

Mais ma vie à l' Altique appartient tout entière; Je doi3, en la servant, terminer ma carrière* Le peuple, a mes conseils si docile autrefois. Ne veut plus, il est vrai, reconnottre ma voile; N'importe en sa faveur il faut braver Torâge. Uamour que je lui porte est plus fort que sa rage. 11 faut le voir ; puissë-je , inspiré par les dieux, Sur ses vrais intérêts, lui faire ouvrir les yeux !

( à Olympe. ) Et vous, allez pour lui, par un prompt sacrifice , Implorer leur bonté , désarmer leur justice.

{^elle sort apec la femme de sa suite. )

CHARICLÉS.

Tes vils accusateurs sont près de t'assaHlir ;

Tu n'as plus qu'un moment ; songe à te recueillir ,

A défendre tes jours, à terrasser Tenvie.

Ma défense sera l'histoire dé ma y\\l L'art de nos orateurs, ses replis tortueux , Ami , ne sont pas faîls pour les cœurs vertueux. Je vais songer encore aux malheurs de l'Attiquè, Laisser quelques conseils pour la chose publique. Du destin qui m'attend je veux me consoler En sauvant les ingrats qui me vont immoler.

Mais déjà je crois voir un messager sinistre.

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