ACTE IV, SCÈNE III. 5i
Le fils est à TUtat consacré par son père ?
Que vos jours sont à lui ? que ma vie esf soïi bien ?
Qu'ici rStat est tout , et que Phomm-e n'est rien?
Ai- je donc seul du peuple essuyé le caprice?
£t de nos généraux proscrits par rinjustice ,
Les fils, pour lesdéfendi'e, ou bien pour les venger,
Ont-ils promis la ville au fer de l'étranger ?
A't-on vu leur constance arrivée à son terme ? **
Des auteurs de leurs jours^ avec une âme ferme,
Nont-ils pas supporté Unique oppression ?
PHOClON/fr.
Mon père j ils n'étotent pas les fils de Phocion.
Le fils de Phocion, S'il est digne de Tétre, Doit d'un ressentiment savoir se rendre maître.
PHOCION fHs.
Au plus juste des GreCs quand on donne des fers. Je voudrois émouvoir le ciel el les enfers , * •
Dût leur juste courroux, leur fureur vengeresse, Abîmer et la ville et l'At tique et la Grèce.
Quel discours! qui pourroit louir sans frissonner? Ah ! l*amour paternel peut seul le pardonner. D'un noble sentiment là fougue illégitime,.
L'excès de la vertu , vous a conduit au crime.
PHOCION /fi.
Je ne cherche donc plus à me justifier.
Si j'ai commis utt crime , il le feut expier.
5a ^ PHOCION,
Au peuple, de ce pas, déclarant le coupable J
Je détourne sur moi sa fureur implacable,
Et ma faute devient le salut de TEtat,
Il eût perdu son chef; il ne perd qu*un soldat.
Mon sang va de ce peuple apaiser la colère ,.
Et j'aurai le bonheur de mourir pour mon père* *
Après votre attentat, nous serions trop heureux De conserver la ville en expirant tous deux.
Mais je ne cède pas au destin qui m'outrage ; Ses traits sont épuisés, et non pas son courage.
( il w pour sortir. )