PHOCION, PHOCION
PHOCION //r.
En arrivant au port, juste ciel ! qu'ai-je appris! Quelle aflreusé nouvelle a.frappé mes esprits! Quoi! des Âthëniens la dernière espérance.
Quoi! Phocion craindroit leur perfide inconstance !
Qui ne Ta pas, mon fils, éprouvée avant moi f Je subis la rigueur de la commune loi.
Mais, parmi tant de chefs en butte à leur furie. Quel autre , autant que vous, honora la patrie , La servit aussi bien 7
Plus d'un de ses enfans A conduit aussi loin ses drapeaux triomphans ;
à , PHOCION,
Aucunr d*eBx n*a vécu paisible dans Athènes.
Ce peuple si vanté pour $es grands capitaines N'en voit point, achevant un destin glorieux/ Reposer dans la tombe où dornnent leurs aïeux. La gloire, les vertus, à ses yeux sont des crimes, £t compter nos héros, c'est compter ses victimes*
II rcdoutoit Tabus de leur autorité ; Mais ici quel prétexte à sa légèreté ?
Que vous reproche-t-il ?
Des conseils qui, sans cesse, Tendoient à prévenir la perte de la Grèce.
Dfe Philippe à la fois brave , actif et prudent , Je pressentis d'abord le fatal ascendant.
Démosthène , évoquant le démon de la guerre , Contre lui s'efTorçoît de soulever la terre ; J'exhortois à la paix, dont nous avions besoin : . On ordonne la guerre, on m'en commet le soin ; Et, malgré la foiblessè où TAttique est tombée, A Philippe , d'abord , nous arrachons TËubée. Pour couvrir cet affront, le monarque irrité, Sur la Thrace , à son tour, s'étant pr-éçîpité, Attaque avec fureur et Périnthe et Byzance.
Nous volons sous leurs murs; leur prompte délivrance Lui fait perdre, au moment de les voir sous ses luis, Le titre d'invincible acquis à ses exploits.
Mais la Grèce bientôt succombe à Chéronée.
ACTO I, SCÈNE I. 4
IMC^s yeux ne virent point cette triste journée.
3Du Macédonien les envoyés secrets ^
Gagnant nos orateurs, marchandant nos décrets,
Sur la place publique achetant ta victoire,
M*a voient fait reléguer loin du champ de la gloire.
Son fils, en un moment, renversa Darius ^
Montra ses étendards aux rives de Tlndus,
Sur Tunivers soumis alloit asseoir son trône ;
La mort qui Tattendoit aux murs de Babylone ,
Y termina ce règne , et si plein et si court.
Nous rapprenons à peine , on s'agite , on accourt ;
On s*assemble, et malgré mes conseils, mes alarmes,
Xj* Athénien fougueux à déjà pris les armes.
IDès »on premier succès^ je prédis son malheur.
JEki Cassaqdre bientôt accabla sa valeur ;
Ce prince m*estimoit; je le vis; ma prière
Du vainqueur irrité désarma la colère.
PHOCIONyf/^.
£t le peuple n'a point embrassé vos genoux?
Je fus presqu*aussitôt l'objet de son courroux.
O démence ! ô fureur ! ô noire ingratitude !
Que faut-il donc pour plaire à cette multitude?
Lia flatter, et la perdre. Et moi, de son salut Je fis ma seule étude , et rnon zèle déplut.
Il parut trop austère, il étoit sans bassesse*
Cependant à Cassândre on veut ravir la Grèce; Mais dans un de nos forts cç prince retranché, Tant qu'il respirera , n'en peut être arraché ; . Il crouleroit sous lui sans qu'il voulût le rendre. Il y soudent Teffort des armes d'Alexandre.
CeluiK:i, d'un seul coup, brûlant de Taccabler, Lui prépare un assaut qu'il attend sans trembler. Ainsi , Tun sous les murs, l'autre au sein de la ville ^ Menacent chaque jour d'embraser notre asile.
PHOCION/Zj.
Que nous importe^ hélas! lequel doit trioinpher? La liberté périt , chacun veut l'étouffer.
Lia liberté, mon fils, par vos vœux appelée, De ces lieux à jamais est peut-être exilée.
Athènes l'idolâtre , et n'en sait pas jouir; £lle la vit cent fois nailre et s'évanouir.
Alexandre aujourd'hui promet de nous la rendre; Cest un piège où le peuple alla toujours se prendre^ Aussi ce nouveau prince,. habile séducteur.
S'annonce à lui partout comme îin libérateur. Il feint de rétablir sa puissance suprême.
« C'est à vous, lui dit-il, de régner sur vous-*même. » Ses présens corrupteurs n'ayant pu me tenter» Il excite l'envie à me persécuter»
Mon plus grand adversaire est dans ce pry tanée.
Agnonideestici!