ACTE I, SCÈNE I
Depuis près d'une année Il obtint cet honneur.
Etoit-il fait pour lui ?
II a dans Alexandre un formidable appui.
Affectant les dehors d*uhe vertu farouche , Lie mot de liberté sans cesse est dans sa bouche y li'espoir de Topprimer dans le fond de son cœur ; Demain je ne suis plus, si son parti vainqueur Fait^ ce jour^ prévaloir les armes d'Alexandre ; A ce funeste sort j^ai trop lieu de m*attendre. Si je succombe enfin, mon fils, éloignez-vous, £t du moins dérobez votre tétç à leurs coups.
Qu'en ai-je à redouter, s*ils font tomber la vôtre? C'est ma seule frayeur, je n'en connus point d^putre. Eh ! que me reste-t-îl si je vous perds ?
L'honneur, Une mère qui fait ma gloire et mon bonheur , Qu'Athènes m'envia , que la Grèce révère; J'oserai dire eucor, le nom de votre père.
PHOCION JSis.
Ah ! rien n'adouciroit l*horreur de ce trépas ; Votre sort est le mien; je m'attache à vos pas; Et s'il vous faut périr, nous périrons ensemble.
Par le courage au moins votre fils vous ressemble.
Je le sais. Mais , mon fils^ il n*est pas temps encor, Quel que soit mon danger^ d'en permettre Tessor. Il faut d'autres moyens* Le peuple sur la place Profjère contre moi l'injure et la menace ; j^mployez tous vos soins à caln^erles esprits; Observez à quel point ils peuvent être aigris; Ecoutez l'orateur que la foule ejavirpnne ; Ménagez tout le monde, et ne flattez personne ; De ce complot naissant tâchez d'être éclairci. Les prytanes bientôt s'assembleront ici.
J'entends du bruit.On vient.Du parti qu'ils vont prendre Le destin de l'Etat et le mien peut dépendre.