OLYMPE, F£MM£ DE SA SUITE
Ah! le dernier des Grecs touche à sa dernière heure. Je croîs ouïr toujours ces crîs : Il faut qu'il meure l C'est là le mot cruel du peuple et des tyrans. Tout mon cœur retentit de ces cris déchirans. Ce peuple tourmenté de regret^ Inutiles,
6o PHOCION,
Phocion , te rendra de ces honneurs stériles
Qu*il épargne aux vivans, et qu*II prodigue aux morts;
Nous le verrons bientôt, amusant ses remords ,
Honteux de ses fureurs, par le calme étouffées,
Des mains qui t*égorgeoient t*ériger des trophées.
Tel est de notre sort Tarbitre souverain :
Il croit tout expier par le marbre et Tairain,
Si, lorsqu'il envoya Tinnocenccau supplice,
Il y daigne graver sa féroce injustice.
Çen est fait. Tes amis , ton Bis, ou tes soldats^ Vertueux Phocion , ne te sauveront pas* Non, je n*espère plus. Depuis que je respire, Au crime seul j*ai vu la fortune sourire.
J*ai vu cent fois le juste à périr condamné, Toujours plaint , mab aussi toujours abandonné. Ce jour, la vertu même est ravie à la terre , Et rien des cieux muets n*éveille le tonnerre. Ce long succès du crime est horrible à souffrir. Quand il écrase tout , il est temps de mourir. Mais puisqu'il règne ici dans une paix profonde , La justice du ciel lui doit un autre monde.
Que vois-je?Mon époux! En croirai-je mes yeux? Tout est consommé.