SCÈNE IV
PHOCION, OLYMPE, femme de sa suite,
PLUSIEURS AMIS D£ PhOGION.
Non. J'attends l'ordre des dieux.
De mes persécuteurs l'active prévoyance Avoit pour Ofion trépas tout disposé d*avance. J'entre dans la prison. Déjà I*ordre est donné , Déjà ma lèvre touche au vase empoisonné, Un prytane à Tinstant paroit, accourt, s'écrie: « Arrêtez, et fuyez; le sénat vous en prie. » N'ayant pas dû souscrire aux vœux des magistrats. Us exigent qu^au moins j'empire entre vos bras. Mes amis ont pensé que le peuple indocile Pourroit de la prison venir forcer l'asile. Et par les orateurs et la rage enflammé ; Insulter lâchement un corps inanimé ; Mais que daas mes foyers si j'exhalois ma vie,' Malgré l'acharnement dont il l'a poursuivie, A l'aspect de mes dieux sa fureur n'iroit pas Insuher la victime au-delà du trépas.
Je cède à leurs désirs. Une route secrète , La nuit et mes amis assurent ma retraite.
OLYMPE
Quel moment , juste ciel ! la mort est dans mon sein !
Phocion, je vois trop quel est voire dessein. Votre âme m*est connue ; elle est inébranlable. Je ne vous parle pas de mon sort déplorable, Desjiangers de mon (ils : cequr peut émouvoir Disparoit à vos yeux devant votre devoir.
Mais lorsque le sénat tremble pour votre vie. Devez-vous la céder aux fureurs de Tenvie?
£t quand son équité vient à votre secours, Est-ce un devoir pour vous d'en terminer le cours ?
PHOClpN.
Oui, son juste mépris puniroit la foiblesse Qui suivroit le conseil que sa pitié m^adresse.