ACTE I, SCÈNE IL
En ce pressant danger que devons-nous résoudre?
AGNONIDE.
lia guerre.
Contre qui? . ».' -
AGNONIDE. i'^
Faut-tl le demander?
Si deux rivaux ici prétendent commander-, ' -'
Si leur unique droit est ia forde etf le crime ,
Xi'un nous ménage au moins quand Tauf rénôti's opprithe. ' £t si devant un maître il faut baisser le front,
D'un jougjbumiliant s*il faut subir Taffront,
Attendre dans les fers l'occasion propice
De chasser un tyran, oad'en faire justice,
Préférons le plus doux : dans nos murs introduit,
Magistrats , qu'Alexandre y* devança la nuit.
Agnonide, au moment où la Grèce peut-être Du rang des nations est près de disparoitre , Far un vil intérêt entraîné sans pudeur, S*occupe uniquement du soin de sa grandeur !
AGNONIDE.
Le bien public , voilà mon but, et mon salaire.
Et vous nous ramenez le pouvoir populaire !
AGNONID£«
Le seul qui nous convienne , et régnât dans ces temps A jamais illustrés par nos faits éclatans ,
Lorsque de nos soldats une foible poignëe Confondit les projets de l'Asie indignée :
Avez-YOus o\iblié les chaiftps de Marathon ?
Âvez-vous du vainqueur oublié la prison , Sa mort qui nous flétrit, et Texii d'Aristide P
AGNONIDE.
Thémistocle en fnt-il moins grand^ moins Intrépide ?
PHOCION; OÙ finit-il ses^ jours ?
AGNONIDE.
QuMmporte ? un citoyen Doit tout à sa patrie; elle ne lu! doit rien.
Elle lui doit justice ; et les décrets Iniques, En perdant la vertu, perdent les républiques; Nos plus fermes soutiens , nos plus grands défenseurs , Assassinés 9 proscrits , n'ont point de successeurs; Et sur TAttlque en vain notre vue égarée Redemande les Grecs à leur propre contrée; Les Grecs n'existent plus. Sous vos riches lambris, Hélas ! j'en aperçois à peine les débris.
Du haut de la tribune excitant les tempêtes, Vainement Démosthène agitolt sur nos têtes , Des palmes , des lauriers desséchés par les ans : Qu'ont produit ces éclats, ces foudres menaçans? Quel fruit a signalé sa brillante carrière ?
Fouvoit-Il des tombeaux ranimer la poussière?