SECTION IL
MODIFICATJiONS VOLONTAIRES.
50. La politesse annamite veut que l'on s'abstienne de prononcer le nom d'un grand personnage, de quelqu'un que l'on veut honorer. Mais il arrive souvent que cette personne a un nom très employé dans la conversation, par exemple y «r volonté?), cà crtous?), etc. Dans ce cas, pour sauvegarder les convenances, on modifie ce nom en changeant la voyelle ou le groupe de voyelles qu'il renferme. On prononcera par exemple di pour y, cô pour cà, etc.
Il en est de même parfois pour le nom de l'esprit tutélaire du village. Ainsi on dira dot pour dçt dans les villages où l'on vénère le génie Bçi Càn; on dira kiéu pour cao, Ik oh on vénère le Seigneur des monts , âng cao cdc.
Cette coutume est également observée par rapport aux morts, avec cette particularité qu'à l'idée de respect vient se joindre une certaine crainte superstitieuse : tout Annamite se garde scrupuleusement de prononcer le nom de ses ancêtres; on l'altère, ou même on s'en abstient complètement.
(1) Par cette orthographe yit, je veux rendre la manière dont on prononce wA dans les trois provinces (voir n** 88).
î^î Tabbbd, Dktionn., Préface, p. ni.