‹ Phonétique annamite (dialecte du Haut-Annam)Chapitre 40 sur 79 · PREMIÈRE PARTIE. — MODIFICATIONS DES VOYELLES · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. — MODIFICATIONS DES VOYELLES

simple ngù'i (t louer d , au lieu de la forme allongée ngu'(yi qu'emploie le dialecte tonkinois. Nous avons vu, n"^ 1 5 et 62 , un grand nombre de mots où le groupe u'(y se change en a, renforcement de o» : le changement nu'6'c : ndc implique une forme intermédiaire n&Cy inusitée. Nous avons par analogie à assimilé à a, et bày fait bw&i^ ou b&iy autre preuve de l'assimilation de wo» à cP (n° 55). Autre fait : la diphtongue ié est changée tantôt en wo* (n** 43), tantôt en o' (n**56 6i«).

Le dialecte du Tonkin, au contraire, semble voir dans wty un allongement de u\ Il emploie M'i pour la forme chwâ'i (t injuriera, employée à Hué. Le fait n'a pas grande valeur en lui-même; mais il faut se rappeler ce qui a été dit, n"* 18 et 4i, de la préférence que le dialecte tonkinois donne aux formes en w plutôt qu'aux formes en cp employées par le dialecte de Hué.

Au fond, ce n'est qu'une différence de nuances, car les deux voyelles o* et t^'sont très voisines l'une de l'autre. Cette théorie n'est pas opposée à l'opinion de M. Aymonier qui fait de wv l'allongement de u\ elle en est le complément. (Voir la note du n° 69.)

65. Le même auteur (^) dit que les diphtongues ué et tia sont un allongement de u. On doit faire, je crois, la même remarque que pour les diphtongues wo* et wa. Ces deux diphtongues, uâ et lia, sont ramenées, suivant les dialectes, à deux voyelles fondamentales bien voisines, mais distinctes cependant: u et d. Je n'ai pas d'exemples pour le dialecte tonkinois. Mais M. Aymonier dit qu'en Basse Cochinchine, on prononce mût pour mtuH «rselii; chûi pour chuâi (T bananier 7) , etc. Ce qui prouve que dans ces pays on rapproche tut de u.

Le dialecte du Haut-Annam, au contraire, semble voir dans u un allongement de é qu'il prononce sous sa forme plus ouverte 0. On a beaucoup de mots où uô est changé en 0; de même ua se

t*î Nos transcriptions, p. 35.

change en o; ailleurs la diphtongue ao, allongement de o( dans /ong^: ladtiff «r cœur 7)) est changée en uâ, et nous avons ludng pour làng (n° 61). Le mot cdng «rpaom? devient cuông; on trouve les deux formes mudi et moi tr chaque i?. Ces faits tendent à prouver, ce me semble, que ce dialecte rapproche ué et un de d, non de u. (Voir la note du n** ûq.)

66. Le changement Idng > luAngy fait évidemment sur le modèle mUft>néty semblerait tout d'abord faire croire que Ton a confondu la diphtongue ao de làng (ladng) avec la voyelle simple 0, et nous aurions un autre exemple du phénomène que nous avons vu, n"^ 53, 55, etc. Mais il ne serait pas étonnant que la prononciation ladng fût récente (voir n** 34). Dans ce cas la transformation de Idng en ludng serait toute naturelle, et nous aurions l'inverse de la transformation nudt .> ndt; r%i4ng > rong, où ud correspond à une simple voyelle (0 et nonoo). De fait, actuellement encore, certaines personnes prononcent le mot làng^ comme beaucoup d'autres mots en ong, non pas ladng , mais bien làng, tel que je l'ai expliqué n<>3/iW.

67. J'appellerai la transformation de mwô*i en mai une transformation incomplète ou tronquée.En effet, a s'affaiblit parfois en o'( Ahi pour dàn; bo' pour 6a, etc.). Par ailleurs on doit considérer u*o' comme un allongement de 0* (n° 64). Une transformation complète de la voyelle a devrait passer par l'affaiblissement 0* pour aboutir à u'o\ Réciproquement, la transformation complète de tw devrait être a, en passant par (y. Nous avons ces transformations complètes dans beaucoup de cas : luw : lui; nw&c : nâc^ etc. (voir n^ 60); âàr^ : âu*&ng; làng : lu'à'ngy etc. (n° i5); et par analogie, mac :

^*J Tai entendu changer /;o?r bœuf ^, tandis que non final est changé

en io». ; trâu bà» ni c6 «r je n'ai ni buffles en w(p ou u6 ? Je ne saurais le

ni bœufs?). Pourrait-on dire que dire, faute d'un nombre suffisant

final est changé en 0» comme a, d'exemples.

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