PREMIÈRE PARTIE. — MODIFICATIONS DES VOYELLES
wtt'o'c (n° 5i). Mais parfois cette transformation, soit de a, soit de iro*, s'arrête à moitié chemin, c'est-à-dire à la forme o% intermédiaire entre a et wa. C'est ainsi que nous avons vu hai faire haiy et non pas hum que semblerait exiger la comparaison avec bày : bu'ô*iy et lum : lai. De même mti'&i fait ind'i et non mai, que l'analogie avec ngu'o*i : ngal semblerait exiger.
Les transformations complètes se remarquent surtout dans les cas où la langue a suivi ses lois naturelles, tandis que les transformations tronquées n'affectent que les mots qui ont été modifiés par la libre volonté de l'homme, c'est-à-dire sans se conformer exactement au génie de la langue.
68- Le mot mw&i est le dernier des dix premiers noms de nombre sur lesquels est basé le système de numération annamite. Ces dix noms sont défigurés dans l'usage vulgaire. On a :
nhà't : nhât un.
hai : hon deux.
ba : bo> trois.
bon : tu> quatre.
nàm : niêm cinq.
sàu : siéu, swit. . . . six.
bày : btt>on, b&'i . . . sept.
iàm : tà>m huil.
chùi : chom neuf.
mwon : mo*i dix.
La forme tw n'est pas une forme patoise , mais une corruption par changement d'accent de la forme sino-annamite ftî', ffl cr quatre -n. Elle doit être considérée comme faisant partie de la langue annamite vulgaire.
Ces formes patoises sont employées surtout dans les villages d'illettrés, sur le bord de la mer ou au pied des montagnes. Les Annamites lettrés donnent à leurs enfants des noms chinois désignant une qualité, une vertu, une chose poétique, comme Linh cr protégé par les esprits n , Xudn tr le printemps n , Thé «r la considération n , etc. ;
quelques-uns prennent des noms doubles comme : Ai m^ cr aimer et affectionnent; Y tu' «cla volonté et l'intention tî ; ou bien encore des mots formant ensemble une phrase d'un livre classique : té tJiw tai (T sacrifier comme s'il était présent?). Le premier enfant reçoit comme nom le premier mot de la phrase ou de l'expression , et ainsi de suite. Mais dans le peuple des illettrés, beaucoup suivant en cela une coutume immémoriale, usitée par plusieurs tribus du sud de la Chine , désignent leurs enfants par le nom de nombre correspondant à l'ordre de leur naissance : hai^ ha y mm trie second, le troisième, le cinquième 7). Il suit de là que beaucoup de familles ont parmi leurs ancêtres un Hat ou un Nàm, etc., dont ils s'abstiennent de prononcer le nom par respect. Ils changent donc, dans la conversation, le nom de nombre qui désigne cet ancêtre. Les noms ainsi déformés varient de village à village et de famille à famille. Ici on ne prononce jamais le mot ba, mais on dira b<y, tandis qu'on dira sans scrupule tdm et non tchn; ailleurs c'est le contraire qui arrive. Il faut ajouter que beaucoup observent cette coutume par l'effet de l'habitude, à force d'entendre prononcer les formes corrompues, et l'usage devient ainsi général dans certains endroits.
Le nom de nombre m(}t (tun?), n'est pas déformé; en effet, c'est la série des noms de nombre ordinaux que prend l'Annamite pour désigner ses enfants, or mfUest un nom de nombre cardinal. Il n'appellera jamais son fils premier né du nom de M(}t, qui signifie run, un seul^; il veut avoir d'autres enfants, il dira donc Nhû't rie premier i^, terme de bon augure qui ouvre la série d'une nombreuse descendance. Les expressions ông m(H^ mu m4t (t Monsieur unique. Madame uniques, désignent les veufs ou les veuves, ou les personnes qui ne se sont point mariées.
s VI. — VOYELLE U\
69. Dans un seul cas w se change en a : su' tr choses devient sa. Cette transformation s'opère peut-être au moyen de la forme inter-