TROISIÈME PARTIE. — MODIFICATIONS DES ACCENTS
RKM/IRQUES.
112. Je ne connais pas d'exemple où Taccent piain soit modifié.
113. Le ton élevé a une grande affinité avec le ton grave, cependant le passage du premier au second se remarque rarement.
La forme bçng : con trâu bq^ng tr le buffle frappe de la corne -n , est employée dans les trois provinces, à l'exclusion de l'autre, bdng.
L'ours est connu dans tout le Quàng Rinh sous le nom de chu eu «rpère Tours 15. Pour le changement §•>(?, voir n® 99; du>u, voir n® ao.
Dans le Nord de la même province, le paon est désigné par l'expression con cuông [=cdng, voir n® 87) â^. Je crois devoir rattacher le mot^^l^ au mot dâm (r tacheté de blanc tî — con cho d6m cr chien tacheté ti — que donnent les dictionnaires. On dit aussi : con cuông xây âf)m (rie paon fait la roue^.
Dans un seul cas le ton montant disparait pour faire place au tonplain : cdi^ké. (Voir n° 10.)
114. Le ton grave se change souvent en ton élevé. Pourg^ao: cdu, voir n** 12; làm béng, n^ 82; pour les formes
khéty khuty voir n^ 100; nhény voir n® 26.
On rencontre souvent dans les dictionnaires cette correspondance des deux formes. Ex. : vdp « heurtera), v4p ordonner contre?), phuc etj)hûc (T de nouveau t) , etc. Comparez m(U «r un tî , et met (r unité de l'ordre immédiatement inférieur à celui qu'on vient d'exprimer i) : mOt tram mât crcent dix^.
115. Le ton descendant disparaît souvent dans le dialecte du Haut- Ânnam, pour faire place à l'accent plain , plus concis, plus rapide.
Les formes mt, m, vrf, cAi, sont dialectales et employées universellement; les formes figay^ ca, ira, etc., sont patoises. Ex. :
ca cdy [ga gay) trie coq chantei»; quàng ca (rhémëralopet);
PHOKiriQUB AHNIMITE. 6
mrBIMXIII «ATlOIALt.
m^t ngài (ngwon) màn (làm) tnfc m^t ngay {ngày)^ duHPC m^t quan «un ouvrier gagne une ligature par jourr.
A rapprocher ies deux formes mwdi «rdixi), et mum (r dizaines^; mu'&i làm cr quinze n ; hai mum tr vingt t) ; — ky cang cr avec soin t* , est écrit dans ies livres du Tonkin ky càng.
116. Les deux tons interrogatifs sont prononcés de la même façon dans le Quâng Tri et le Thù'a Thiên. M^ Taberd signalait ce fait dans la préface de son dictionnaire : crNotare juvat signum interrogans {hdi) adhiberi et sœpe confundi cum signo cadente [nga) praesertim jn provinciis borealibusT). Ces provinces septentrionales étaient le Thù'a Thiên et le Qudng Tri.
Dans le Quàng Binh, le nga se transforme en n^ng, mais en n$ng plus adouci, moins énergique, moins saccadé que l'autre. C'est pour ainsi dire un ngâ affaissé , tronqué , privé du coup de gosier ascendant qui le constitue.
Quant au hôi , il est prononcé dans cette province comme dans les autres. Une oreille délicate pourrait peutrêtre y voir une nuance : de même que le ngâ est déprimé , rabaissé , de même le hôi serait moins accentué; faire prononcer par exemple hit cô cr couper de l'herbe 7), par un habitant de Kè Hac (btt = bu*t).
117. Si je devais représenter graphiquement les divers accents tels qu'on les fait dans le Haut-Annam, je le ferais ainsi qu'il suit, en prenant pour base le ton plain :
plain; sac; n^ng; huyèn; h&i; nga.
Je représente le ton plain par un trait horizontal et je veux indiquer par là que la voix ne varie pas sur les mots qui sont affectés de cet accent : elle s'étend longuement, uniformément, sans effort guttural.