‹ Phonétique annamite (dialecte du Haut-Annam)Chapitre 71 sur 79 · TROISIÈME PARTIE. — MODIFICATIONS DES ACCENTS · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE. — MODIFICATIONS DES ACCENTS

k^ Quand on appelle quelqu'un à haute voix, dans Texpression : b&l dng (reh! Monsieur?) par exemple, la voix monte sur bà" et redescend sensiblement pour prononcer dng.

On conclut de toutes ces raisons que, dans le langage habituel du Haut-Annam , le sâc porte la voix à un degré plus élevé que le recto Umo.

Ces raisons, bien qu'ayant un certain poids, ne convainquent cependant pas tout le monde et je crois qu'ordinairement, dans la majorité des cas, des lieux et des individus, la voix ne dépasse pas le recto Umo.

Il est fort probable cependant que diverses circonstances, par exemple la nature des mots qui précèdent ou suivent le mot affecté d'un sâc, l'intonation qu'on veut donner à la phrase, inQuentplus ou moins dans certains cas sur la manière dont est prononcé ce mot. Ainsi, lorsqu'un mot affecté d'un sâc est placé à la fin de la phrase, la voix semble dépasser, en le prononçant, le niveau de l'accent plain. Cela est surtout frappant lorsque les Annamites prononcent quelques mots avec le ton interrogalîf, ou interrogatif négatif, ou simplement évasîf qui leur est si familier :

C6 mdy quan dé? — Biêif — Biet mo c6?

Combien y a-t-il de ligatures là? — Qu'en sais-je? — Est-ce que je le sais?

La voix prononçant les syllabes finales A/, biéty cô, s'élève plus haut que sur les mots recto tono, tandis qu'en prononçant le mot cô ou mdy y suivi d'un recto tonOy elle s'arrête juste au niveau de ce recto tono.

Les autres accents doivent aussi être modifiés par les circonstances mentionnées plus haut.

Ces différences dans la manière de prononcer le même accent n'ont rien qui puisse étonner. On voit par la manière si différente dont sont prononcés les accenf.3 en Cochinchine, dans le Haut-

Annam et au Tonkin, que si la différenciation des accents entre eux est une partie essentielle de la langue, par contre il n'y a aucune manière de prononcer le même accent qui soit essentielle. Il suffît pour se faire comprendre de prononcer Faccent comme le prononcent les gens au milieu desquels on vit.

Je représente le ton descendant, ou accent huyén, par un trait oblique; on pourrait tout aussi bien le figurer par un trait vertical : ce que je veux indiquer, c'est que la voix, en prononçant les mots affectés de ce signe, descend doucement, lentement, naturellement, sans effort guttural; elle commence sa période descendante en un point plus bas que l'accent recto Umo et se termine avant d'arriver au point occupé par le n^ng. Prononcer les trois mots suivants :

Con bo mft

crie bœuf solitaire 19.

La voix, en prononçant un mot affecté du sâc, commence à peu près à l'endroit où elle vient de descendre en prononçant un mot affecté de l'accent descendant, peut-être même un peu plus bas.

Kê bàn toân

ff l'abaque 1).

A comparer encore l'accent sâc suivi de l'accent huyén : la voix monte sur le premier à un degré plus élevé que celui où elle commence à descendre en prononçant le second.

Con cà rào

rie poisson d'eau douce '^.

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