‹ Phonétique annamite (dialecte du Haut-Annam)Chapitre 72 sur 79 · TROISIÈME PARTIE. — MODIFICATIONS DES ACCENTS · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE. — MODIFICATIONS DES ACCENTS

Je représente les deux tons interrogatifs , le hôi et le ngâ, par le même signe : une ligne ondulée, qui commence à peu près au même niveau que le ton élevé, et qui monte, mais, tout à coup, au milieu de son trajet, se brise, pour continuer sa marche ascendante. Je veux rendre ainsi cet effort guttural d'une nature particulière, qui coupe le mot en deux pour ainsi dire, le dédouble, de façon que l'on croit entendre prononcer deux fois la même voyelle, alors que ce n'est que le même son, la même émission de voix interrompue un instant, légèrement infléchie. Que de fois n'entend-on pas des débutants dans l'étude de la langue annamite se récrier, disant que la langue n'est pas monosyllabique, et citant comme exemple des mots affectés du hôi ou du ngâ, oi!i ils croient reconnaître deux voyelles, et par là même deux syllabes. C'est l'erreur d'une oreille non exercée; la syllabe est unique, mais elle parait divisée par l'effet de ce coup de gosier qui constitue les deux accents interrogatifs.

Ces deux accents se prononcent de la même façon dans le dialecte du Haut-Annam; c'est du moins ce que l'on dit habituellement. Mais je crois que cette prononciation n'est pas générale ou que, du moins, elle souffre des exceptions. J'entendais un jour un vieux missionnaire , qui a la réputation bien méritée de posséder parfaitement l'annamite, dire au domestique d'apporter le réchaud, et il prononçait, d'une façon que je transcrirais ainsi d'après mon système graphique :

Bem ké hoà U.

de façon que sa voix, achevant le mot hoà, remontait à un degré légèrement supérieur à celui où il commençait le mot suivant là.

Gomme je tâchais de m'instruire sur la bonne prononciation des

accents, je lui demandai : crMais pourquoi prononcez-vous ainsi? Pourquoi ne dites-vous pas (je transcris graphiquement) :

i&em fce Aod lo,

c'est-à-dire en faisant remonter la voix, pour prononcer le mot W, un peu plus haut que le point où elle avait achevé le mot hoàii. Et le Père me dit : cr S'il y avait un ngâ sur le mot hoà, je dirais comme vous faites, mais il y a un hôi, et il faut prononcer comme je fais^.

Ce fait me confirma dans mon opinion que le hôi et le ngâ diffèrent au moins dans certains cas. L'Annamite qui m'aidait au commencement de mon étude de la langue annamite mettait certainement une différence entre les deux accents; il est vrai que sa famille était originaire du Quàng Nam, où cette différence est très sensible, et qu'il avait pu garder un reste d'accent provincial.

Quoi qu'il en soit, qu'on mette une différence entre les deux accents ou qu'on n'en mette pas, on est toujours compris dans le Thù'a Thièn et dans le Quâng Tri. Il n'en est pas de même au Quâng Binh, où le ngâ se change en n^ng: si le contexte n'aide pas, bien souvent un ngâ prononcé comme un hôi n'est pas compris, ou est compris comme si c'était vraiment un hôi.

En tenant compte de cette remarque, je devrais modifier légèrement le tableau graphique que j'ai donné plus haut, et faire monter la seconde courbe du hôi un peu plus haut que celle du ngâ, à hauteur du point où commence le huyën, presque à hauteur du recto tano.

^^zr~Lzziriz:^±

plain; sac; n$ng; huyèo; h6i; nga.

De même, si je voulais me conformer à la prononciation du

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