I. INTRODUCTION GÉNÉRALE
1. Depuis un certain nombre d'années le courant des recherches linguistiques s’est tout particulièrement porté du côté des études dialectales, surtout dans le domaine des langues romanes. On a compris qu’il y avait là une mine à exploiter, fertile encore bien que menacée d’une ruine prochaine. La Suisse romande n’est pas restée étrangère à ce courant d'idées. Bon nombre de ses patois ont fait l’objet d’études aussi consciencieuses que compétentes. M. Haefelin a étudié successivement les patois romands des cantons de Neuchâtel! et de Fribourg? M.J. Cornu a publié une Phonologie d’un des patois parlés dans le Val de Bagnes', ainsi que quelques études de détail se rapportant à des patois Fribourgeois. M. Ayer s’est plus spécialement voué à l'étude du gruyérint. M. Eugène Ritter a préparé la voie à ceux qui voudraient s’occuper du patois genevois5. Plus récemment enfin M. Gilliéron a livré une étude sur le patois de Vionnazt.
Seuls les patois du canton de Vaud sont restés jusqu’à présent en dehors de ces recherches multiples. Ce n’est pas qu’on s'occupe dans ce canton moins qu'ailleurs de tout ce qui touche aux patois. Mais jusqu'ici les études dont il a été l’objet ont revêtu un caractère essentiellement pratique et littéraire. Tel est le cas des morceaux en patois publiés dans le Conteur vaudois, ainsi que les diverses publications de M. Alfred Ceresole, pour ne citer que les noms les plus connus. Il a été fait il est vrai, il y a quelques années, une tentative pour grouper les forces intellectuelles du pays en vue d’une étude plus complète et sérieuse de ses patois. Le programme
Die Neuenburger Mundarten. Berlin 1874.
Les patois romans du canton de Fribourg. Leipzig 1870. Phonologie du Bagnard. Paris 1870.
Introduction à l'étude des dialectes du pays romand. Neuchâtel 1878. Recherches sur le patois de Genève. Genève 1875.
Bibliothèque de l’école des Hautes Etudes. 40° fascicule. Paris 1880.