‹ Photographie au charbonChapitre 1 sur 27 · Photographie au charbon · texte numérisé non relu

Photographie au charbon

Depuis que l'art photographique, grâce à de nombreux perfectionnements, est parvenu à produire de si remarquables dessins de toute sorte, on a senti l'indispensable nécessité de donner à ces images les mômes facultés de conservation que possèdent les épreuves typographiques, et, en un mot, toutes les impressions obtenues avec de Toncre grasse à base de charbon ou de toute autre matière indélébile, comme la sépia, la sanguine, les émaux, etc.

Les procédés de tirage des positifs à Faide du chlorure d'argent, procédés très-généralement usités encore, ne pouvaient, ne peuvent en effet être considérés que comme des moyens opératoires de

transition, puisqu'ils ne produisent aucun résultat

durable; quel que soit le soin apporté au fixage de ces épreuves à base métallique, elles sont fatalement destinées à s'altérer graduellement et à disparaître. Nul n'en doute, cette altérabilité fâcheuse des images photographiques actuelles est la cause de leur bannissement absolu de toutes les collections sérieuses.

Les reproductions photographiques n'auront de valeur véritable que le jour où l'on sera assuré de leur parfaite stabilité, non-seulement alors on les verra figurer à côté des plus belles estampes dans les musées, dans les cabinets d'amateurs, mais encore il aura été fait un progrès immense au point de vue de la vulgarisation des plus beaux chefsd'œuvre de l'art.

Nous ne pourrions, sans nous lancer dans des redites, sans abuser du lieu commun, indiquer toutes les raisons qui exigent impérieusement la stabilité des images tirées des clichés photographiques. C'est une de ces vérités démontrées à priori et qu'il suffit d'énoncer simplement, parce qu'elles portent leur preuve en elles-mêmes. Ce qui mieux est, c'est de nous occuper de la réalisation pratique de cette vérité acceptée universellement en principe, mais encore trop oubhée en fait.

Tous les efforts des savants et praticiens photogra-

Page 1