‹ Photographie au charbonChapitre 13 sur 27 · TIRAGES SUR LA GRAVURE, ETC · texte numérisé non relu

TIRAGES SUR LA GRAVURE, ETC

demi-teintes continues, d'une grande douceur, il est urgent de procéder de la manière indiquée et pratiquée par M* Woodbury. Cet inventeur obtient, en effet, des images aussi modelées que possible sans le moindre trait et sans l'intervention d'aucun grain ; ce sont des images absolument analogues à celles que fournissent jles procédés de tirage avec action directe de la lumière ; M. Woodbury ne fait agir qu'une fois la lumière , toujours sûr de la gélatine bichromatée, pour obtenir une épreuve avec des creux et des reliefs dans lesquels il moule une contre-épreuve en métal malléable et susceptible de former ainsi une véritable planche, propre au tirage typographique.

Seulement, et c'est en ceci que le procédé Woodbury l'emporte sur les autres procédés d'héliogravure, tandis que les planches formées sur cuivre ou sur tout autre métal, ne donnent des demiteintes qu'à la condition de recevoir un grain spécial, dans le procédé Woodbury, les divers degrés d'intensité de l'image s'obtiennent par des épaisseurs plus ou moins grandes de la couche de gélatine colorée qui constitue l'image. En un mot, la profondeur des creux de la contre-épreuve, correspondant aux noirs plus ou moins intenses, se répercute sur le papier destiné à supporter l'é-

preuve, par des couches plus ou moins épaisses, déposées à sa surface, de gélatine convenablement colorée. De là, la possibilité d'obtenir la teinte la plus légère avec l'unité d'épaisseur de couche, et d'arriver à des tons très-foncés, en multipliant ces unités d'épaisseur, soit la profondeur de la couche colorée.

Ce procédé seul est dans le vrai. On peut bien, avec les ingénieux procédés d'héliogravure de MM. Placet, Armand Durand, Garnier, Baldus, Nègre et autres, obtenir des applications spéciales, mais aucune de ces méthodes, quelque ingénieuse qu'elle soit, ne répond aux besoins divers de l'art photographique en général comme le mode de gravure héliographique de M. Woodbury, le plus convenable surtout à l'obtention des demi-teintes et par suite à la reproduction des portraits photographiques.

Il y a, même en ce qui concerne le procédé Woodbury, encore beaucoup à faire pour que la gravure héliographique ait dit son dernier mot. On ne saurait donc attacher trop d'importance à la moindre des améliorations faite en vue de son progrès. En ce qui nous concerne, nous avons la conviction qu'elle est un des plus sérieux désiderata de l'art photographique, mais elle n ac-

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