ACTINOMÈTRE DE M. ARTHUR TAYLOR
par exemple, sous le diaphragme à douze orifices il faudrait, pour produire la même teinte, le double du temps sous le diaphragme à six orifices et le triple sous celui à quatre. En un mot que, pour produire la même teinte sous chaque cellule^ le temps d'exposition nécessaire multiplié par le nombre d'orifices de la cellule serait une somme constante.
L'expérience démontre que les indications données par l'instrument sont sensiblement conformes à ces prévisions; mais avant de préciser la nature de ces essais de contrôle, il convient de compléter la description de l'appareil par celle de quelques accessoires dont il est muni.
Une des applications principales del'actinomètre devant être l'indication des expositions nécessaires pour le tirage des épreuves au charbon, et ce tirage pouvant se faire à la lumière directe du soleil, il était essentiel de mettre l'instrument en état de fonctionner dans ces conditions. Or, dans l'état oii le montre la description qui précède, il ne pourrait servir, car chaque cellule étant en réalité une petite chambre noire, si l'instrument était tourné vers le soleil, chaque orifice des diaphragmes projetterait sur le papier sensible une image de Tastre ou de tout autre corps lumineux vers lequel serait
dirigé l'appareil. Par conséquent, ce papier, au lieu d'être impressionné d'une teinte uniforme dans chaque cellule, présenterait une série d'images plus ou moins confuses des objets extérieurs. Cet inconvénient est complètement détruit en plaçant devant et en contact avec les diaphragmes une plaque de verre mince et parallèle très-finement dépolie , ou doiicie sur les deux faces. Avec cette addition, les teintes sont uniformes dans toute leur étendue.
Pour mesurer l'intensité de la coloration, il est nécessaire de la comparer soit avec une échelle de teintes graduées, soit avec une teinte unique et constante à laquelle toutes les observations seraient reportées. C'est cette dernière méthode qui a été adoptée comme étant de beaucoup préférable à plusieurs points de vue. Elle peut très -commodément s'appliquer de la manière suivante : une petite feuille de papier de la dimension de l'épreuve est colorée de façon à présenter, dans toute son étendue, une des teintes par lesquelles passe le papier sensible sous l'influence de la lumière, et que nous pouvons qualifier de teinte normale. Ce papier est percé d'une série d'ouvertures circulaires de 8 millimètres de diamètre, dont la position correspond aux axes
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des cellules. Cet écran étant superposé à Tépreuve, les ouvertures se juxtaposent aux cercles colorés, et il est alors facile de déterminer^ au premier coup d'œil, la teinte qui, vue à travers les ouvertures de l'écran^ correspond le plus exactement à la teinte de ce dernier, c'est-à-dire à la teinte normale.
Cette comparaison des teintes se fait encore plus commodément à travers un verre jaune, d'abord parce que cela permet de lire l'indication en plein jour, et aussi parce que les teintes étant vues à travers le verre jaune, les petites différences de nuance qui peuvent exister entre la teinte normale et celle de l'épreuve disparaissent, le verre jaune remplaçant ici la lampe mono-chromatique employée par Roscoe dans un but analogue. Le verre employé doit être d'un jaune clair. L'écran teint est appliqué sur sa surface extérieure, ou, ce qui est peut-être mieux, la teinte normale est peinte sur le verso du verre jaune.
Une planchette à charnières ferme les ouvertures des cellules; c'est entre cette planchette et le corps de l'instrument que se place le papier sensible. Ce dernier est fixé à la planchette par deux points en cire molle.
Dans le but de déterminer si les espaces de temps
nécessaires pour obtenir la teinte normale étaient bien, dans une lumière constante, en raison inverse du nombre d'orifices dans les diaphragmes correspondants, un certain nombre d'expériences ont été faites en exposant Factinomètre à la lumière directe du soleil au mois de juillet, à midi, par un temps parfaitement clair et exempt de nuages. Dans ces conditions, chaque série d'observations ne durant pas plus de dix ou de quinze minutes, la lumière peut être considérée comme constante, et les indications de l'instrument ont présenté une concordance presque absolue avec la loi ci-dessus énoncée. Des expériences faites à la lumière diffuse ont donné des résultats semblables. Toutefois l'auteur se propose de construire un nouvel instrument du même système, mais plus complet, et fait avec plus de perfection que celui qui est décrit ci-dessus, afin de déterminer, par une suite d'expériences plus étendues, le degré d'exactitude dont ce moyen de mesurer l'action chimique de la lumière est susceptible.
On pourrait sans doute substituer aux diaphragmes à orifices égaux en nombre différents des diaphragmes à orifice unique et de diamètres variant suivant une certaine progression. Mais le premier mode de construction paraît préférable