PROCÈDE D'IMPRESSION MÉCAHIQUE A L'AIDE DE CLICHÉS TRAMES
Depuis quelques années on produit de nombreuses applications de la Phototypographie à grain ou tramée aux impressions polychromes.
De récents et très sérieux progrès accomplis dans cette voie, en divers pays et plus spécialement aux États-Unis d'Amérique, nous font un devoir d'appeler plus particulièrement sur cette méthode Tattention des industriels désireux de produire bien, vite et à bon marché.
Les résultats obtenus déjà sont assez encourageants pour qu'on cherche à les imiter sinon à les dépasser.
Nous n'avons pas à reprendre ici l'ensemble du procédé, depuis la formation des clichés jusqu'au tirage des images polychromes, mais nous devons partir du moment où, l'analyse photographique étant faite et reconnue bonne, il y a lieu d'en obtenir des planches de Phototypogravure.
Pour cela faire, on tire de chacun des monochromes négatifs une bonne épreuve positive sui' papier mat, non virée; chacun de ces positifs reçoit, s'il y a lieu, telle retouche au pinceau que l'on croit nécessaire pour améliorer le rendu définitif.
Mais, étant doiiné qu'il convient de réaliser trois positifs de dimensions absolument identiques, en vue du repérage ultérieur, nous conseillons de coUodionner le dos des papiers sensibles sur lesquels ils seront imprimés, et préalablement à l'insolation, avec du collodion normal assez épais, soit à 2 pour 100 de pyroxyline. On coUodionne deux fois en contrariant la deuxième fois le sens d'écoulement de la première. On laisse bien sécher et on insole. Le papier ainsi bridé par le collodion inextensible qui est au dos ne se distend pas, et les trois images seront, après' les opérations des tirage, fixage et lavage, absolument identiques quant à leurs dimensions.
Une fois retouchées, elles sont tendues sur une même planchette à l'aide de bandelettes de papier qui en maintiennent les bords. Sur cette planchette on les dispose l'une à côté de l'autre, se touchant presque.
La planchette ainsi garnie est placée sur un chevalet bien verticalement, puis l'appareil photographique est monté avec la crémaillère du pied jusqu'à ce que l'axe de l'objectif corresponde avec
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Taxe de limage supérieure; on reproduit cette image, puis on descend Tappareil jusqu'à ce que la deuxième image, celle du milieu, pnMine, sur la plaque dépolie, la place de la première très exactement, et enfin, après reproduction, on airit de même à l'égard de la troisième.
Les images, déjà égales entre elles, n'ont pu perdre rien de cette identité, puisque l'appareil a toujours conservé la même place par rapport à chacune d'elles séparément.
On pourrait prendre un moyen analogue mais inverse en laissant l'appareil immobile et en imprimant le mouvement de déplacement nécessaire à l'objet porté sur un chevalet ou sur un pied susceptible de se mouvoir de bas en haut ou de haut en bas, avec un mouvement de crémaillère.
On peut encore, et c'est plus sûr quand il s'agit de dimensions normales, tirer par contact des diapositifs et les reproduire ensuite par lumière transmise. Les épreuves sur verre ne peuvent changer de dimension et, au point de vue du repérage, ce moyen est le plus absolument certain, pourvu, bien entendu, que l'objectif lui-même soit toujours dans une situation identique par rapport à chacun des monochromes.
Bref, c'est à l'idée d'ensemble qu'il faut s'attacher sans vouloir suivre à la lettre telle indication qui n'a rien d'absolu et qui nous permet seulement d'expliquer comment peut être atteint le
but, soit ridentité des dimensions respectives des trois monochromes.
La reproduction des monochromes s'opère à travers des réseaux. Un réseau simple, soit formé d'une seule ligne, suffit pour les trois monochromes si l'on dispose d'un châssis spécial où le réseau puisse accomplir un mouvement de rotation sur lui-même de 180^
La première image est obtenue, le réseau étant à environ 2""* de distance de la plaque sensible au collodion sec ou humide, et dans une position telle qu'on puisse, lors de l'épreuve suivante, faire varier cette place pour que la ligne déplacée forme avec sa première position un angle de 60°.
On fait poser de nouveau, l'appareil ayant été descendu plus bas, ainsi qu'il a été dit, puis un nouveau mouvement de rotation est imprimé au réseau dont la ligne est amenée à former encore un angle de 60** avec sa deuxième position.
Quand on dispose d'un grand réseau, on peut, en plaçant les positifs de telle façon que leurs lignes médianes forment entre elles un triangle équilatéral, obtenir l'impression négative sur une même plaque et d'un seul coup. Cette idée, que nous a suggérée M. Geissler, l'habile photograveur des Châtelles, ne peut s'appliquer évidemment qu'à de petits sujets. ,
Les trois négatifs sont donc tramés, mais inégalement, puisque, ces négatifs étant superposés
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l'un à i'aulre, les trois réseaux ne se superposcnl pas, chacune dos lignes coupant l'autre sur un angle de 60°.
NoHS devons, pour compléter ces indications, ajouter que l'emploi d'un diaphragme elliptique {/ig. 9) donne de meilleurs résultats ; il faut seule-
Fig. 9.
Diaphragme elliptique.
ment que cette ellipse allongée soit dirigée, chaque fois, dans le sens de la ligne du réseau.
On fait avec du papier noir trois diaphragmes égaux, sauf la direction de l'ellipse inclinée à 60' chaque fois, et placée toujours dans le sens de la ligne lors de chaque mouvement tournant.
Les plaques à la gélatine pourraient peut-être s'adapter à ce genre d'opérations, mais, jusqu'à nouvel ordre, il est absolument vrai que le coUodion vaut mieux; il donne, dans les blancs, des surfaces plus vitreuses, il s'accommode mieux du renforçagc sans voile et les photograveurs sérieux
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La sélection trlaiit is^is i'rîirllriiies o:i.i::::us, puisqu'elle nous a LLDi^tré- dscis le ciircrji^s...Vi»e. une image Traie, nous en arons tire, ainsi qu'il vient d'être dit, les tr«:ds images positives sur papier ou sur verre i>ar contact.
Les retouches, à peine nécessaires, ont ètè f;ùtOî^ sur les positifs.
Il est facile, en les comparant enli\3 oux^ Oo V. î
7i CHAPITRE IX.
constater quels sont les facteurs communs à chacun d'eux et quelles sont les dissemblances qui les caractérisent.
Leur reproduction tramée a été faite d'après les règles indiquées plus haut, elle a donné les trois positifs modifiés que Ton voit PL III, IV et Y.
Enfin, le tirage repéré des trois monochromes avec leurs couleurs a fourni la polychromie du frontispice {PL /).
Il est certain que si, au lieu d'une méthode de Phototypographie à demi-teinte, on eût fait appel à un procédé de CoUographie à teinte continue ou de Photogravure en creux donnant également des teintes continues, le résultat serait bien autrement complet. Mais on ne doit pas oublier qu'il s'agit ici d'un procédé industriel susceplible de fournir de nombreux tirages polychromes, à un prix de revient aussi peu élevé que possible.
Les méthodes qui donneraient mieux ne pourraient rivaliser avec celle-là, ni pour la rapidité d'exécution, ni pour le bas prix, et c'est pourquoi, vu leur supériorité quant au rendu, elles doivent être réservées aux œuvres de luxe, ou tout au moins pour lesquelles il est possible d'élever sensiblement le chiffre des frais, et aussi pour les publications dont le tirage est restreint.
Jamais, avons-nous dit, aucune de ces méthodes ne conduira, avec trois couleurs seulement, à la vérité absolue ; on ne peut donc compter que
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sur une approximation plus ou moins complète.
Si l'on veut être plus exact, l'adjonction d'une ou deux couleurs s'impose. Suivant les cas, ce peut être un autre bleu ou un autre gris, ou bien un vert.
C'est pourquoi, en prévision de cette éventualité, convrent-il souvent de reproduire l'original une quatrième fois, mais en s'en tenant à une reproduction qui donne seulement les valeurs relatives de l'image copiée ; à moins qu'on ait de prime abord établi son plan assez nettement pour être sûr de ce qu'il faut comme complément.
La pratique rend maître, et le chromiste appelé à venir en aide au photographe saura bien indiquer quels sont ses desiderata, étant donné le sujet à copier.
On ajoute souvent un tirage de noir aux trois couleurs ; ce tirage n'est nécessaire que dans le cas de sujets où l'original, d'exécution manuelle, présente des traits et surfaces noirs que les trois couleurs primaires superposées ne rendraient que très difficilement.
Quand il s'agit de reproductions d'après nature, le noir est inutile,' les trois pigments, superposés à leur intensité maxima, donnent une valeur assez sombre pour dispenser de faire appel au noir absolu.
Le châssis à trames, pouvant également servir pourles écrans colorés en lames de verre ou à cuves,
(l l'i>|in^w'iil^ piir le dessin ci-dessus (fig. 10}.
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Ce châssis, construit avec soin, sur nos indications, par M. Mackenstein,peut s'adapter h toutes les chambres noires ; il permet d'introduire des trames à une seule ligne tournantes, des écrans colorés solides ou liquides, etc.
Seulement, pour les réseaux tournants, il faut s'attendre à une grande perte de surface et ne compter que sur la moitié environ de la surface des plaques que reçoit le châssis.
Par exemple, pour un format 9 x 12, il faudra faire évoluer une trame 13 x 18 qui, dans quel sens que ce soit, inscrira toujours le 9 x 12.
L'intervalle des lignes devra être plus ou moins serré, suivant les dimensions de l'épreuve. Il est pourtant difficile d'user, pour les couleurs, de réseaux aussi serrés que pour les impressions monochromes, et les résultats sont plus nets, plus tranchés, avec des réseaux à espaces moyens, soit d'environ 50 à 60 lignes au centimètre.
• La nouvelle ligne de Max Lévy, de New- York, semble convenir très bien à ce genre de tirage, au moins pour un des monochromes, celui du bleu.
11 n'y a rien de précis à cet égard, en ce sens que des essais peuvent être tentés de bien des façons, mais il est démontré que les lignes ne doiveiit pas se superposer.
Si, par exemple, on exécutait le tirage des trois monochromes ayant le même réseau dans la même
orientation, on ne réussirait qu'à l'obtention d'une œuvre défectueuse, des effets de moirage se produiraient infailliblement, ou bien on aurait une monochromie brune, c'est-à-dire la suppression de toute couleur, si les lignes, par suite d'un repérage absolument parfait, tombaient les unes sur les autres. Car il faut se rappeler qu'on agit ici avec de la couleur toujours à son maximum de saturation, ce qui donne un brun foncé dès que se produisent les trois superpositions.
Quant aux marques de repérage ou aux repères, il est facile de les établir sur les positifs avant la reproduction tramée.
On trouve toujours sur une image deux places nettement indiquées où peut être posée la pointe d'un compas. De ces deux points on décrit deux circonférences se coupant sur le bord de l'image, et dont l'intersection donne les points de repère.
Ces points d'intersection, sur deux des côtés opposés àrimage, doivent être rendus bien visibles dans les négatifs tramés, pour pouvoir les retrouver sur la photogravure.
On peut également poser sur les clichés une lame mince de mica ou de gélatine où Ton a tracé, par voie de décalque, quelques lignes essentielles du sujet; on dispose sur le premier cliché les deux croix de repère, puis on reporte facilement ces croix sur les autres négatifs en y appliquant le décalque transparent.
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Le plus souvent les photograveurs se préoccupent peu des points de repère quand ils procèdent à Fexécution de leurs clichés, et ils les établissent, lors du tirage, de façon à les avoir en dehors des marges du papier. Les deux points dont il vient d'être question leur donneront encore plus de facilité pour la création des repères au moment de Timpression.
Les mêmes négatifs tramés peuvent servir soit pour des tirages repérés sur planches coUographiques, soit pour des impressions de planches de photogravure en creux.
Quel avantage, nous dira-t7on, trouver à des tirages collographiques tramés, alors que ce procédé d'impression donne si bien Timage à modelé continu.
A cela nous répondrons que les impressions en couleurs, lorsque Ton a recours à une intensité raaxîma de chacune des couleurs, donneront sur gélatine des résultats charmants : l'œuvre de la lumière n'étant altérée en rien sur la gélatine, tandis que la gravure, à la surface du métal, peut assez fréquemment se détériorer un peu.
D'autre part, le voile dont il était question plus haut se produira d'autant moins qu'on peut laver à fond, vu l'emploi de la couleur au maximum, et sans craindre, par suite, de nuire aux demiteintes.
Enfin, le transport sur pierre d'une image col-
lographique à Tencre de report est tout ce qu'il y a de plus simple, et Ton peut ainsi opérer les trois transferts sur pierre et procéder ensuite par voie d'impression lithographique.
La rétouche des images sur pierre est très facile, et un artiste chromiste, ayant les trois monochromes tramés sur pierre pourra y apporter telles modifications artiRiques qu'il ne réaliserait sur métal qu'avec une bien plus grande difficulté..
La CoUographie vient donc en aide à la Photographie tramée et aux impressions en couleurs qu'on peut, de la sorte, rendre encore plus complètes.
Si, au lieu d'un négatif tramé, on se sert d'un positif pour l'impression de la planche, on obtiendra sur métal, cuivre ou zinc, Teffet inverse, c'est-à-dire que la couleur sera donnée par les creux au lieu de l'être par les reliefs.
Celte sorte d'impression donnera des images plus veloutées, plus fines encore que la Typogravure, mais le coût du tirage est trop élevé; aussi ne doit-on recourir à cet le méthode inverse quQ pour des éditions de luxe.
Le creux nécessaire à l'impression pouvant être imperceptible, il est inutile de pousser la morsure à une profondeur plus grande qu'il ne faut, les couleurs, à leur point de superposition, autrement dit de croisement, n'en auront que plus de transparence.
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Un creux trop profond chargerait trop l'image en couleur et elle présenterait un aspect sourd, éteint.
Les pigments employés doivent elre aussi transparents que possible ; il convient donc de ne rien faire qui nuise, si peu que ce soit, à leur transparence.
une intensité supérieure à celle qu'il doit présenter, le résultat normal sera forcément modifié ; il en sera de même si l'intensité est moindre qu'il ne le faut.
L'impression des diapositifs donne donc lieu à des essais, faciles en vérité, mais dont il est difficile de se passer, à moins d'arriver au succès du premier coup, ce qui est une bonne chancesur laquelle on ne peut compter que rarement.
Voici comment nous pensons qu'il convient de procéder :
Après avoir apporté aux trois négatifs certaines corrections de détail qu'un premier examen semble rendre nécessaires, on tire de chacun d'eux une épreuve positive par contact sur plaque Ilford au gélatinochlorure d'argent (*)■
La lumière d'un bec de gaz papillon, réglée à une intensité de flamme déterminée, et mieux encore d'un bec à incandescence Auer, qui donnera toujours une intensité d'éclairage plus régulière, permettra d'obtenir l'impression dans une durée d'exposition variable, suivant la nature des négatifs, et pouvant varier entre trente secondes et trois minutes, à une distance toujours la même de 25<^" de la source lumineuse.
C) Les impressions à Talbumine donnent des valeurs plus parfaites, mais remploi de cette méthode ne laisse pas que d'être délicat, et mieux vaut faire usage d'un procédé plus simple et à la portée de tous.
tibactE des DL\.poi^rrtFs. §0
Le tout (Lût être blea organisé, de façon que Ton puisse procéder toujours daus les mêmes rondîtions.
Quand un négatif a été exposé de façon à fournir une épreuve iju'on juge bonne de prime abords on doit manjuer au crayon sur un angle la durée de rerposition.
On agit de même pour les trois diapositifs que Ton a S4>in de bien centrer sur les plaques, ce qui rendra pins tard Lien plus facile leur montage dans les châssis dn chromoscope.
Après l'impression, le développement avec le révélateur indiqué dans les boites Ilford, le lixage et le lavage, on termine par une immersion des plaques dans' un bain d'alun filtré à 2 pour 100, et après nouveau rinçage on laisse sécher.
Les trois diapositifs sont alors placés à leur couleur respective dans le chromoscope et repérés à l'aide des miroirs. On juge alors de leur qualité. Si le rendu est bon, on s'en tient là ; si, au contraire, il laisse à désirer, on recherche la cause de l'erreur.
Elle peut provenir d'un ou des négatifs , elle peut n'être due qu'à l'imperfection de l'impression positive.
L'habitude rend maître et l'on a bientôt fait de savoir à quoi s'en tenir.
Si ce sont les négatifs qu^l faut retoucher, bien entendu pour des erreurs de peu d'impor-
Sli CîlAPITUE X.
lance, on s'en occupe et l'on procède à un nouveau tirage de diapositifs; si ce sont au contraire les diaposilifs ou bien un ou deux d'entre eux qui pèchent par excès ou manque d'intensité, on recommence l'impression en tenant compte de la durée de pose des premiers essais. Cette deuxième durée est notée. Une nouvelle vérification dans le chromoscope a lieu ensuite, et l'on arrive ainsi à savoir comment doivent être les diapositifs, de telle sorte que si l'on avait à tirer un certain nombre d'exemplaires du même sujet, il suffirait de maintenir les bases reconnues bonnes, et d'ailleurs on peut prendre pour modèle les épreuves tirées à point et arrêter lo développïement au moment où l'épreuve en cours d'exécution est "semblable au modèle.
On opère avec un verre jaune à la lanterne du laboratoire et la comparaison est facile au sein d'une lumière très claire.
Les plaques Uford ne descendent pas au fixage. Aussi peut-on arrêter le développement à un moment donné avec toute certitude de conserver l'image avec sa valeur lors de l'immersion dans l'eau, au sortir du bain révélateur.
Si, après un essai chromoscopique, on reconnaît que les diapositifs manquent d'intensité, il est facile de les renforcer. On les blanchit alors dans une solution de bichlorure de mercure et, après lavage abondant, on les immerge dans un bain
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d'eau ammoniacale où ils prennent rapidement une intensité bien plus grande.
Le voile à la surface des diapositifs doit être évité à tout prix parce qu'il devra forcément modifier la synthèse des couleurs. Aussi faut-il toujours arrêter le développement au moment où il semble que le voile peut se produire et renforcer ensuite pour gagner l'intensité nécessaire.
En opérant ainsi, le renforcement n'agira pas sur un voile qui n'existe pas et les parties trans* lucides resteront bien claires tandis que montera l'intensité des parties de l'image où se trouve une plus ou moins grande quantité de chlorure d'argent.
En règle générale, les teintes monotones ne donnent rien de bon; il faut que les contrastes soient nettement accusés, que les effets d'ombre et de lumière soient bien ceux de l'original. Une série d'images giises pourra montrer une polychromie rappelant en tons efifacés ceux de Toriginal; mais, pour en avoir toute la valeur vraie, toute la vivacité de coloris, il faut que les négatifs soient complets au sens de ce mot en fait de clichés photographiques, et que les diapositifs soient aussi éclatants que possible. Le jeu, la reconstitution des couleurs seront alors admirables.
Nous avons dit que le chromoscope était un guide puissant pour le chromiste et pour Timpriineur des sujets en couleurs; c'est en môme temps
un moyen de s'instruire à fond sui* les effets produits soit par la combinaison entre elles des trois couleurs au même degré de saturation, soit par leur combinaison à des degrés divers.
On acquiert ainsi la preuve absolue, par exemple, que chacune des trois couleurs composantes existe partout, qu'il doit y avoir sur tous les points du sujet, sauf dans les blancs des impressions pigmentaires et dans les couleurs franches non modelées, du bleu, du jaune et du rouge. Ne serait-ce que par ce fait que les ombres sont le résultat du rabattement, à l'aide de gris plus ou moins intenses, des couleurs de l'original. Or le gris n'est autre chose que du rouge, du jaune et du bleu superposés avec une égale intensité, le gris étant plus ou moins foncé suivant que varie l'intensité respective des trois couleurs.
Aussi un chromiste habitué à faire usage du chromoscope arrivera-t-il plus aisément à obtenir une polychromie en trois couleurs qu'il n'y arrivait antérieurement à l'emploi de cet instrument.
Étant donné que, jusqu'à nouvel ordre, des polychromies directes ne sauraient être facilement obtenues avec le concours de la Photographie, il faut considérer le chromoscope comme étant un des meilleurs moyens d'attente d'un procédé direct immédiat de reproduction des couleurs.
Il n'est plus possible d'écrire, de parler sur les procédés de Photographie des couleurs ou en cou
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leurs sans insister beaucoup sur ce moyen de synthèse si utile et si curieux et auquel on devra certainement beaucoup quant aux progrès que l'on réalisera sans cesse par l'invention de méthodes de plus en plus parfaites de reproduction des couleurs.