ÉPREUVES NÉGATIVES SUR COLLODION
§ 26. — Le collodion est une substance employée depuis plusieurs années en médecine pour fermer les plaies fraîchement faites. C'est une dissolution de coton-poudre dans l'éther sulfurique additionné d'alcool, qui présente un aspect mucilagineux comme une dissolution de gomme arabique, et laisse, après l'évaporation de l'éther alcoolisé , une pellicule trèstransparente et assez tenace, qui ressemble à une feuille de papier-glace. Je fus le premier à appliquer le collodion à la photographie. Mes premières expériences datent de 1 849. Je me servais alors principalement de cette substance pour donner au papier plus de finesse et d'égalité. J'employais à cet effet une solution d'iodure de potassium dans l'alcool à 40 degrés, saturé de collodion.
En continuant ces études, je fus conduit à appliquer ce corps sur glace pour obtenir plus de finesse,
et je fus bientôt en possession d'un procédé extrêmement rapide que je consignai à la fin de la brochure que je publiai en 1850, et qui fut traduite en Angleterre à la même époque.
J'indiquai déjà à ce moment le proto-sulfate de fer pour développer 1 image , l'ammoniaque et les fluorures, comme agents accélérateurs, et j'annonçais, le premier ^ avoir obtenu par ce moyen des portraits *en 5 secondes à l'ombre.
On se sert généralement maintenant de Tacide pyro-gallique à la place du sulfate de fer que j'avais indiqué; mais c'est à tort, ce dernier sel formant rimage beaucoup plus rapidement et mieux, en permettant de laisser moins de temps à la pose de la chambre noire.
Je crois donc être en droit de revendiquer pour mon pays et moi l'invention du procédé soi-disant anglais , comme ayant été le premier à indiquer le collodion et à donner la méthode la plus sensible qui ait été trouvée jusqu'à ce jour.
Depuis la publication de mon procédé jusqu'à mon retour du voyage que j'ai fait pour le ministère, je me suis peu occupé de le pratiquer, mes travaux sur papier sec ayant pris tout mon temps. On a fait de cela une arme contre moi, pour dire que les premiers essais f avant de marcher, avaient été sûrement infructueux, puisqu'ils n'avaient eu aucun retentissement.
Cependant j'ai livré ma découverte complète à la publicité, et si je l'ai peu pratiquée , laissant à d'au-
très le soin de la faire grandir , ce n'a été que pour m'occuper d'autres travaux dont le public a encore profité. Il est donc d'autant moins généreux de vouloir me dépouiller du mérite de son invention.
Je vais donner ici un exposé pratique du procédé et des perfectionnements que j'y ai apportés , tant dans les manipulations que dans les dosages.