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FLUORURE DE POTASSIUM (FI. K

(Équivalent 729,8 = F1 239,8 + K 490.)

§ 74. — On obtient le fluorure de potassium en saturant l'acide fluorhydrique avec la potasse, puis en évaporant la solution dans une capsule d'argent. On calcine alors au rouge le résidu pour en chasser Texcès d'acide.

Le fluorure de potassium donne une grande sensibilité aux papiers préparés à l'iodure auquel on le joint.

Je serais assez porté à croire que cette sensibilité vient de la force répulsive qu'a contre Toxygène le gaz fluor, puisqu'on n'a pas encore pu parvenir à le combiner avec lui.

Cette répulsion du fluor pour l'oxygène vient encore d'être prouvée par le fluorure d'argent liquide, le fluorure d'argent donnant sur un papier qui en est préparé un précipité noir avec l'acide gaUique

avant même d'avoir été exposé à la lumière. Par la seule adjonction du fluor l'oxyde d'argent avait donc perdu son oxygène.

§ 75. — Le fluorure d'argent s'obtient en dissolvant le carbonate d'argent dans l'acide fluorhydrique étendu. L'acide carbonique se dégage avec effervescence, et il reste du fluorure d'argent liquide.

Ce produit peu étudié encore peut servir à faire des épreuves négatives; les réactifs pour développer l'image sont Tazotate d'argent , le chlorure d'or et le protosulfate de fer.

FLUORURE AMMONIAQUE.

HYDROFLUATE d' AMMONIAQUE (Fl. Az. H*).

(Équivalent 452,3 — Fl 239,8 + Az 475,o + 37,50. )

§ 76. — Pour obtenir ce sel pur, on mélange ensemble une partie d'hydrochlorate d'ammoniaque en poudre avec deux parties de fluorure de sodium; on met le tout dans un creuset d'argent, dont le couvercle est disposé de manière à contenir dans sa partie supérieure de l'eau froide que l'on renouvelle. On chauffe : les deux sels se décomposent, et l'on obtient du fluorure d'ammoniaque qui se sublime en cristaux prismatiques sous le couvercle froid du creuset et du chlorure de sodium qui reste dans le creuset.

L'hydrofluate d'ammoniaque (Az. H. Fl.) uni à riodure de potassium donne une grande accélération qui est due à Faction réduisante de l'hydrogène, qui

entre en grande quantité dans sa composition, et à celle du fluor, comme il est expliqué au § 74.

Cependant, quoiqu'il donne plus de célérité, je lui préfère le fluorure de potassium, ce dernier ayant plus de stabilité.

Il ne faut opérer avec ce corps que par des combinaisons employées à Vétat naissant, si Ton veut en faire ressortir tous les avantages et obtenir un peu de constance dans les résultats.

ACIDE GHLORHYDRIQUE (H. Cl.

(Équivalent 455,7 — H 1 2,5 -h Cl 443,2. )

§ 77. — Cet acide se prépare en grand dans les fabriques en décomposant le sel marin par l'acide sulfurique.

L'acide chlorhydrique étendu d'eau (20 grammes par litre d'eau) me sert à ramener des épreuves à un ton noir très-intense et à certains tons jaunes très-brillants en y trempant les épreuves après un séjour préliminaire dans l'hyposulfite de soude et le lavage à l'eau. Ce bain fait dégager de l'acide sulfureux qui se combine à l'oxyde d'argent de l'épreuve pour former un sulfure d'argent.

J'ai déjà indiqué ce moyen il y a un an dans ma précédente brochure, et le résultat est absolument le même que celui de l'acide nitrique indiqué dernièrement par M. Aubré. Par le premier moyen comme

par le second, il y a dégagement d'acide sulfureux et formation de sulfure d'argent.

Cet acide me sert aussi à former avec Tacide nitrique de l'eau régale à l'aide de laquelle je compose une solution d'or dont j'indiquerai la composition et l'usage au § 82.

CHLORURE DE SODIUM (N. cl.).

(Équivalent 730,4 =r N 287,2 + cl 443,2.)

§ 78. — Le chlorure de sodium se trouve en grande quantité dans les eaux de la mer, d'où lui est venu le nom de sel marin. On peut l'obtenir extrêmement pur en saturant du carbonate de soude par l'acide chlorhydrique. On fait évaporer, puis on laisse cristalliser par le refroidissement. Le sel obtenu ainsi est bien préférable au sel commun de cuisine, lequel attire l'humidité de l'air par la présence du chlorure de magnésie et contient aussi des sulfates ayant une action nuisible.

Il sert principalement en photographie à préparer sur le papier une couche de chlorure d'argent sur laquelle on fait les épreuves positives.

Cette couche de chlorure d'argent noircit rapidement à la lumière et est plus sensible que l'iodure

d'argent. Cependant ce chlorure, avant d'être expos^ à la lumière ayant probablement déjà mis en liberté du suboxyde d'argent, ne peut pas être employé pour les images négatives, la réaction de l'acide gallique le noircissant partout. Sans ce défaut il ferait seul un excellent papier négatif à sec pour la chambre noire.

D'un autre côté, le chlorure d'argent devient précieux pour obtenir les épreuves positives sans le secours d'aucun réactif pour développer l'image. Les parties qui sont frappées par les rayons lumineux sont rapidement portées à l'état de suboxyde, et même à celui métallique , si l'exposition est trop prolongée. Ces oxydes et l'argent métallique trèsdivisés étant noirs , on se trouve avoir réuni toutes les qualités que l'on pouvait désirer pour cette sorte de papier, puisqu'il devient inutile d'employer l'acide gallique pour avoir les noirs.

Il suffit seulement d'enlever les sels solubles pour arrêter l'effet de la lumière. Mêlé en petite proportion avec l'iodure et le bromure de potassium , le chlorure de sodium produit une excellente préparation pour le papier négatif.

Le chlorure d'argent est insoluble à l'eau et dans l'acide azotique. L'acide chlorhydrique étendu et les chlorures et cyanures alcalins le dissolvent assez bien. L'ammoniaque liquide et l'hyposulfite de soude le dissolvent presque entièrement. Ces substances peuvent donc toutes servir à fixer les images positives.

L'eau de Javelle peut aussi servir comme fixatif.

La couche de chlorure d'argent peut aussi s'obtenir par la combinaison de l'acide chlorhydrique , du chlorhydrate d'ammoniaque, du chlorure de strontiane, et généralement de tous les autres chlorures, avec l'azotate d'argent. Les effets sont à peu près les mêmes, et la couche de chlorure d'argent est également sensible.

Cependant, si je devais faire un choix entre tous, je préférerais le chlorhydrate d'ammoniaque, parce qu'il attire moins Thumidité de Tair, ce qui fait que le papier préparé se conserve plus longtemps.

CHLORHYDRATE D'AMMONIAQUE (Az H^ H Cl.).

(Équivalent 668,2 = Az I75,<>+ ir» uO + Cl 343,2.)

§ 79. — Le chlorhydrate d'ammoniaque du commerce (Az H\ H Cl. ) se fabrique par différents procédés au moyen desquels on le retire des matières animales. Dans les laboratoires on prépare ce sel en mêlant directement de Tacide chlorhydrique avec de l'ammoniaque en excès. On fait évaporer à une douce chaleur et on laisse cristalliser.

Ce sel est très-soluble dans l'alcool. On peut utiliser cette propriété pour préparer d'abord du papier à l'albumine simple ; puis l'albumine étant sèche, poser le môme côté sur un bain d'alcool à 3G° contenant 5 pour cent d'hydrochlorate d'ammoniaque. L'alcool coagule l'albumine, et on évite ainsi de passer le fer chaud pour cette opération.

Ce sel attire beaucoup moins d'humidité de l'air

que le chlorure de sodium; cette qualité fait que je le préfère beaucoup pour la préparation du papier positif.

Le chlorure d'argent qu'il fournit avec l'azotate d'argent jouit des mêmes propriétés que celui décrit au § 68.

CHLORURE DE BARIUM (Cl. Ba + ' HO).

(Équivalent 1526,2== Cl 443,2 + Ba 858,« 4-H2 25 4- O2 200.)

§ 80. — Ce chlorure se préparc en dissolvant le carbonate de baryte dans l'acide chlorhydrique ; on évapore la dissolution, qui donne des cristaux ayant la forme cubique lamelleuse.

On obtient d'assez jolis tons en préparant un chlorure d'argent à l'aide de ce sel pour les épreuves positives. On manipule de même et avec les mêmes dosages qu'avec le chlorure de sodium (§ 78).

Lorsque l'épreuve a été suffisamment exposée à la lumière , on la lave dans de l'eau contenant 1 0 pour cent de sulfate de fer, qui fournit dans le papier un précipité blanc insoluble qui donne à l'épreuve un aspect assez agréable. Après cinq minutes de séjour dans ce bain , on lave et continue à fixer avec l'hyposulfite de soude comme pour les autres préparations ; en remplaçant le sulfate de fer par du chromate de potasse , on obtient un précipité jaune doré très-chaud de ton.

CHLORURE DE STRONTIUM (SrCl+ 6H 0).

(Équivalent 1 666,2 — Sr 548,0 + Cl 443,2 + 75 + 0^ 600. )

§ 81 . — Ce sel se produit par la décomposition du carbonate ou dusulfate de strontium par l'acide clorhydrique ; il est très-déliquescent à l'air, ce qui fait que je n'en recommande pas Tusage pour la préparation des papiers positifs au chlorure d'argent.

Des opérateurs allemands et anglais ont cependant recommandé son emploi.

Il pourrait être utile dans le cas où l'on n'aurait pas d'autre chlorure à sa disposition. Je ne saurais trop recommander au photographiste de bien raisonner les opérations qu'il a à faire, de manière à pouvoir tirer parti de tout ce qu'il a sous la main, et à remplacer ainsi ce qui lui manque pour faire une opération dans sa marche régulière.

Une étude approfondie des agents chimiques et de la partie théorique des opérations mène à ce résultat.

CHLORURE D'OR (Au^ CP).

(Équivalent 3785,? = Au2 2455,6 + Cl^ 1329,6.)

§ 82. — Je prépare ce chlorure d or en dissolvant une partie d'or réduit en petits morceaux dans treize parties d'acide hydrochloroazotique (eau régale), formé d'une partie d'acide azotique pur à 36 degrés, et de quatre parties d'acide chlorliydrique pur à 22 degrés.

Je fais cette solution dans une capsule de porcelaine placée sur un bain de sable, en ayant soin de la recouvrir d'un entonnoir renversé qui forme un chapiteau venant empêcher la perte des parties qui peuvent s'échapper. Aussitôt tout l'or dissous, je recueille le liquide dans un flacon bouché, et Tétends d'autant de litres d'eau qu'il y a eu de demigrammes d'or métallique employés. On peut encore l'additionner de quelques gouttes d'acide azotique pour lui donner plus d'action.

La solution ainsi faite est par conséquent acide.

Cette solution me sert à produire une série trèsvariée de tons piquants sur les épreuves positives après leur séjour dans l'hyposulfite de soude et leur lavage à l'eau pendant une demi -heure au moins (§ 20).

Dans l'action de ce réactif, l'effet produit est celui-ci : For se précipite en noir sur les oxydes d'argent réduits qui sont eux-mêmes changés en sulfure par la décomposition opérée par l'hyposulfite de soude dans lequel on plonge ensuite l'épreuve. Cette action s'étend également sur les clairs qu'elle dépouille, tout en y précipitant un oxyde d'or d'un ton jaune chaud.

Si l'on veut se servir du chlorure d'or ordinaire qui se trouve dans le commerce, il suffit pour le rendre convenable d'ajouter à un gramme de chlorure d'or par litre d'eau distillée 25 grammes d'acide chlorhydrique.

Je recommande beaucoup cette méthode aux amateurs de belles épreuves.

Je recommande aussi l'emploi de ce réactif pour aviver les épreuves négatives qui seraient peu apparentes. Il leur donne immédiatement une teinte noire fort remarquable, tout en donnant au fond du papier une grande blancheur.

Les épreuves négatives doivent être ainsi traitées après le fixage à l'hyposulfite de soude.

Si, après le traitement au chlorure d'or acide, on

veut leur donner encore plus de vigueur, il suffit de les mettre dans un second bain d'hyposulfite double d'argent et de soude pendant une heure ou deux, de les laver, puis de les traiter de nouveau par le chlorure d'or et laver.

Ce moyen est précieux pour obtenir de belles épreuves positives par le procédé des négatives.

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