ACIDE ACÉTIQUE CRISTALLISABLE (C'H^O^HO
(Équivalent 750,0 — 300, + ir* 50, + 0'^ 400. )
§ 60. — Cet acide se prépare avec l'acide acétique impur du commerce que l'on tire de la distillation du bois, et qui porte le nom d'acide pyroligneux.
On réduit ce dernier en acétate de soude, en le saturant d'abord de craie, puis en décomposant l'acétate de chaux formé par du sulfate de soude.
On obtient de l'acétate de soude et du sulfate de chaux insoluble. On filtre, puis on évapore la dissolution à sec, et on fait éprouver au sel formé la fusion ignée, ce qui détruit les matières étrangères à Tacétate sans l'altérer. On distille ensuite une partie de cet acétate de soude et trois d'acide sulfurique; on jette le premier tiers du liquide qui distille ; les deux autres tiers, qui sont de l'acide acétique concentré,
sont distillés de nouveau avec de l'acétate de soude, afin de les dépouiller de l'acide sulfurique qui a été entraîné.
Pour concentrer davantage cet acide acétique, on le fait descendre à une basse température en mettant les vases qui le contiennent dans un mélange réfrigérant. La partie la plus concentrée de l'acide se prend en cristaux abondants, que l'on sépare de Tacide faible liquide.
En faisant plusieurs fois fondre par la chaleur et recristalliser par le froid cet acide et décantant pour le dépouiller de l'acide aqueux, on l'obtient de plus en plus concentré.
On emploie l'acide acétique en photographie pour l'unir à la dissolution d'azotate d'argent, afin d'aider la décomposition de l'iodure de potassium , et aussi afin de mieux faire pénétrer les compositions dans le corps du papier. Une feuille de papier ioduré, posée sur l'acéto-azotate d'argent, donne lieu à la réaction suivante : l'iodure est décomposé par l'azotate d'argent sous Faction active de l'acide acétique, l'argent s'unit à l'iode dans le papier pour former de l'iodure d'argent insoluble, qui entraîne un peu d'acétate d'argent, et la potasse de l'iodure forme de l'azotate de potasse en solution dans l'eau mère. Une dissolution d'acéto-azotate d'argent trèsvieille, même sans avoir servi, est beaucoup plus sensible qu'une nouvelle, parce que l'acide acétique enlève un peu d'oxygène à l'azotate d'argent , tout
en donnant lieu à la formation d'argent métallique, qui reste déposé, et d'acide carbonique, qui s'évapore.
L'acide acétique sert aussi à enlever les taches des épreuves négatives formées par des dépôts d'oxyde d'argent.
§ 61. — Il y a des expériences à faire avec l'acétate d'argent absolu , que l'on prépare en dissolvant du carbonate d'argent dans l'acide acétique. Il y a effervescence produite par Tacide carbonique qui se dégage. Le liquide évaporé dépose des cristaux d'acétate d'argent.
Pour préparer du papier avec ce produit, il faut le tremper d'abord dans une solution de carbonate de soude, laisser sécher, puis le poser sur une solution d'azotate d'argent : il y a formation de carbonate d'argent dans le papier. En mettant ensuite ce papier sur un bain d'acide acétique étendu d'eau, le carbonate d'argent est converti en acétate d'argent avec dégagement d'acide carbonique. Seulement il ne faudrait laisser sur le bain d^argent que très-peu de temps, afin de ne pas donner le temps à l'acétate d'argent de se dissoudre. Ce papier, exposé à la chambre noire, peut donner une épreuve, l'acide gallique la développe.
ACÉTATE D'AMMONIAQUE (AzH%HO. C^H*0^).
(Équivalent 962.50 = Az 475,0 + 87,50 + 300 + 0^ 500.)
§ 62. — On obtient ce sel en ajoutant directement de l'ammoniaque liquide à de l'acide acétique jusqu'à saturation. La liqueur s'échauffe avec effervescence. Après avoir attendu le refroidissement, on ajoute une ou deux gouttes d'acide afin de s'assurer que la liqueur n'est plus alcaline; ce qui a lieu s'il ne se produit plus d'effervescence.
Ce corps a été indiqué par M. Humbert de Molard pour accélérer le développement de l'épreuve négative sur l'acide gallique. Son action est de continuer la réduction commencée par la lumière, mais malheureusement cette réduction atteint souvent toute la masse de l'épreuve et du liquide; ce qui produit des précipités noirs qui maculent tout. Cependant, avec de la réserve et de la prudence, on
peut obtenir de bons résultats avec ce corps, et il peut être d'un emploi avantageux dans certains cas où Ton voudrait développer rapidement une image, surtout avec la préparation du papier négatif à rhydriodate d'ammoniaque (§ 67).
Quoique cette méthode d'accélération soit employée par plusieurs opérateurs, et qu'elle leur donne des résultats assez satisfaisants, je n'en suis pas moins d'un avis tout différent du leur à ce sujet.
Je crois qu'il ne faut employer les moyens d'une accélération puissante dans le développement de l'image à l'acide gallique que le plus rarement possible.
L'image sortira toujours plus belle, plus harmonieuse et avec des blancs mieux réservés lorsque l'effet aura été produit très-lentement. Il en est pour cela absolument de même que pour l'argenture ou la dorure galvanique; plus la puissance de la pile est faible, plus le résultat est régulier, solide et constant.
C'est pour cette raison que je conseille plutôt de ne pas amener le bain d'acide gallique jusqu'à saturation.
ACÉTATE DE CHAUX (CaO. C/H^O^HO + ^HO).
(Équivalent 1437,50 = Ga 250,0 H- 0« 800 + BP 87.50 + 300.)
§ 63. — Ce sel s'obtient à son plus grand étal de pureté en traitant la chaux par l'acide acétique. La dissolution obtenue est filtrée et évaporée à sec; il faut éviter la fusion ignée qui décomposerait le sel.
On remploie uni à l'acide gallique pour développer l'image très-rapidement. Cette addition permet de dissoudre une quantité d'acide gallique beaucoup plus considérable dans un volume d'eau donné, ainsi que l'a indiqué M. Delaborde.
Son action est de s'emparer d'une partie de l'oxygène du protoxyde d'argent qui est dans l'épreuve négative, et de décomposer Tiodure d'argent. Il se forme de l'acétate d'argent, de Fiodure de chaux, et une partie d'acide acétique est brûlée par Toxygène qu'abandonne l'oxyde d'argent pour don-
ner de l'eau et de l'acide carbonique qui se combine avec la chaux ; l'argent réduit se précipite en noir par Tacide gallique. Cette action a surtout lieu dans > les parties qui ont été impressionnées par la lumière ; ce corps facilite donc le développement de l'image. Si on unissait une trop grande quantité d'acétate de chaux à l'acide gallique, la décomposition serait trop énergique, et toute l'épreuve noircirait à la réaction de l'acide gallique.
Je ferai pour ce corps les mêmes observations que j'ai faites à la fm du § 62.
ACÉTATE DE PLOMB (PbO. C E' 0' + 'HO).
(Équivalent 2369,5 ==Pb 1294,5 H- 0" 700 + 300 +H6 75,0.)
§ 64. — Ce sel s'obtient en traitant la litharge par l'acide acétique avec excès d'acide; on évapore lentement et on laisse cristalliser. Les cristaux lavés et séchés sont parfaitement purs.
La dissolution de ce sel avec l'acide gallique se comporte à peu près de la même façon que l'acétate de chaux (§63); seulement il se forme de l'iodure et du carbonate de plomb, et il est plus sujet à tacher toute l'épreuve.
L'épreuve négative obtenue par ce moyen devient extrêmement corsée et a un caractère métallique tout particulier, qui est d'un bon effet pour une épreuve qui a posé trop peu de temps.
L'acétate de plomb additionné à l'hyposulfite de
soude produit un assez bon résultat pour le fixage des épreuves positives.
En en variant les proportions depuis 5 gr. jusqu'à 25 gr. par 100 gr. d'hyposulfite de soude, on obtient des tons rouges , violets ou noirs très-chauds et puissants.
lODURE DE POTASSIUM (Jo. K).
(hydriodate de potasse.)
(Équivalent 2068,2 ^Jo 1578,2 + K 490. )
§ 65. — L'iodare de potassium se retire en grande partie des eaux mères des varechs. On l'obtient aussi par une dissolution de lïode dans la potasse que l'on évapore et que l'on calcine dans un creuset de platine pour en séparer l'iodate de potasse qui se décompose. Le résidu est Fiodure de potassium que l'on redissout dans l'eau et qu'on fait cristalliser. On obtient encore ce sel par double décomposition en versant dans du sirop d'iodure de fer (§67) bouillant une dissolution de sous-carbonate de potasse, et en ayant soin de ne pas mettre un excès d'alcalis; le fer est précipité, et l'iode s'unit à la potasse pour former de l'iodate que l'on transforme en iodure par la calcination.
L'iodure de potassium est solide et cristallise en cristaux cubiques et blancs. Cependant, s'il était légèrement teinté en violet extrêmement pâle, il n'en serait pas moins bon.
L'iodure de potassium est en photographie un des principaux agents chimiques. Il sert à former l'iodure d'argent (AgO. Jo), qui est la principale couche sensible où se forme l'image. L'oxygène du protoxyde d'argent qui le compose a son affinité pour l'argent presque neutralisée par l'iode, et l'abandonne à l'action peu prolongée de la lumière.
§ 66. — L'iodure d'argent est insoluble dans l'eau ; l'acide azotique et l'ammoniaque en dissolvent trèspeu ; l'acide chlorhydrique le transforme en chlorure d'argent. Son véritable dissolvant est l'hyposulfite de soude (§ 84) : aussi est-ce le seul sel que l'on doive employer pour fixer les épreuves négatives. Cependant l'iodure de potassium le dissout aussi; il pourrait donc aussi servir à fixer les épreuves dans certains cas.
On s'est servi de cette propriété de l'iodure de potassium de dissoudre l'iodure d'argent en l'y ajoutant en excès, pour déposer sur le papier une couche d'iodure d'argent par une seule opération : voici le moyen le plus simple de préparer ce papier. On verse 20 gr. d'eau sur 13 gr. d'azotate d'argent; la solution étant faite, on verse dedans goutte à goutte une solution saturée d'iodure de potassium jusqu'à ce que le précipité jaune qui s'était formé
soit redissous. On imprègne alors une des surfaces du papier avec cette solution , puis on laisse sécher en le suspendant par un angle. On le reprend ensuite pour le laver à plusieurs eaux et le laisser ainsi baigner quelque temps. On l'en retire enfin pour le sécher définitivement.
Le papier est alors d'un beau jaune citron; il faut l'exposer dans cet état une heure ou deux au soleil, il pâlit un peu et perd de son oxygène. Ainsi préparé, il peut se conserver indéfiniment et être employé comme les autres papiers en le soumettant d'abord à l'action de l'acéto- azotate d'argent (§ 8) et en continuant la suite des opérations indiquées.
HYDRIODATE D'AMMONIAQUE ou lODURE d'ammoniaque. (HJo, Az )
(Équivalent 4791 ,70 =: H Jo 1579,20 + Az 175,0 + 37,50.)
§ 67. — L'hydriodate d'ammoniaque peut se préparer en mettant dans un ballon de verre deux parties d'iode avec dix parties d'eau distillée; on ajoute graduellement par très-petites quantités une partie de limaille de fer pure ; la combinaison ne tarde pas à se faire; l'iode se dissout avec production de chaleur pour former un iodure de fer qui reste en dissolution dans Teau. On chauffe légèrement à la ïambe à esprit-de-vin jusqu'à ce que la combinaison soit terminée, ce que l'on reconnaît quand la liqueur ne rougit plus le papier blanc. On porte la solution filtrée jusqu'à l'ébullition; puis on précipite le fer par une dissolution de carbonate d'ammoniaque; on filtre, puis on évapore le liquide pour le faire cristalliser. Ce sel est très-peu stable, parce qu'il
abandonne constamment l'ammoniaque; pour le conserver il faut toujours tenir suspendu dans le flacon qui le contient un petit sachet de carbonate d'ammoniaque.
Les papiers préparés simplement dans une dissolution d'hydriodate d'ammoniaque, puis dans l'acétoazotate d'argent, donnent une image très-rapide qui est développée très-énergiquement par l'acide gallique, additionné d'acétate d'ammoniaque, comme l'a indiqué M. Humbert de Molard.
La rapidité de la production de l'image vient de la présence de l'hydrogène, qui, étant mis à nu par l'action de la lumière, contribue à réduire l'oxyde d'argent à un degré voisin de l'état métallique.
Le rôle accélérateur de l'hydrogène tient à la propriété qu'a ce gaz de réduire les oxydes à l'état métallique.
La préparation du papier ne doit pas se faire longtemps avant son emploi , parce qu'alors il perdrait sa sensibilité par l'évaporation d'une partie de son ammoniaque qui se dégage continuellement.
BROMURE DE POTASSIUM (Br K).
(Équivalent 4468,3 =:Br 978,3 + K 490.)
§ 68. — On prépare ce sel en versant une solution aqueuse de potasse caustique dans une solution de brome par l'éther jusqu'à ce que l'éther soit décoloré.
On laisse reposer un instant, l'éther surnage, on le décante alors de la solution aqueuse qui contient du bromure et du bromate de potassium. On évapore cette solution à siccité, puis on chauffe jusqu'au rouge. Le bromate de potasse perd son oxygène et se trouve transformé en bromure de potassium. On le dissout dans Teau distillée, et on fait cristalliser par évaporation. Les cristaux sont blancs, de forme cubique ou en prismes quadrangulaires.
Le bromure de potassium sert à former le bronuire d'argent (Ag Br), précipité blanc jaune qui est
très-sensible à la lumière, maïs moins cependant que l'iodure d'argent. Il est insoluble dans Peau, l'alcool et l'acide azotique, mais l'ammoniaque et les hyposulfites alcalins le dissolvent parfaitement.
Le bromure d'argent se comporte à la lumière et sous l'acide gallique à peu près de la même façon que l'iodure d'argent , seulement les noirs obtenus sont moins bruns et tournent plus au noir bleu, et les blancs ou parties non altérées par la lumière se conservent parfaitement purs.
§ 69. — En mélangeant le bromure de potassium au chlorure de sodium pour la préparation du papier positif, on obtient des épreuves d'un noir gris assez doux d'effet.
La formule à employer est celle-ci : Eau distillée, dix parties; bromure de potassium, une partie; chlorure de sodium, une partie. La solution d'azotate d'argent est la même que celle indiquée au § 20, et le reste de l'opération est également le même.
§ 70. — On s'est servi et l'on se sert encore malheureusement du bromure de potassium pour fixer les épreuves négatives. C'est un très-mauvais fixage, qui laisse toutes les matières impressionnables dans répreuve, qui ne peut résister au tirage de plusieurs positifs sans noircir à la lumière.
Examinons en effet ce qui se passe : nous prenons une épreuve négative sortant de l'acide gallique et lavée à l'eau; elle contient dans les parties impressionnées par la lumière du suboxyde d'argent
changé en gallate , et dans les clairs ou parties non impressionnées du cyano-fluoro-iodure d'argent tenant un peu d'acide gallique en suspension , et par conséquent elle est extrêmement impressionnable à la lumière. En plongeant cette épreuve dans une solution de bromure de potassium, nous n'enlevons rien, seulement les oxydes d'argent reprennent quelques équivalents de bromure qui , se trouvant en excès, forme une base assez forte par son affinité pour les oxydes d argent pour contre-balancer l'action de la lumière tendant à enlever l'oxygène. Aussi , si la première fois que l'on fait une épreuve positive avec un négatif ainsi fixé, l'épreuve ne paraît pas changer, c'est que l'action de la lumière est d'abord lente sur cette préparation; mais elle n'en existe pas moins. En répétant plusieurs fois ce tirage, on se trouve tout étonné de voir combien le négatif a perdu; il s'est couvert d'une teinte noire générale qui gagne alors en intensité avec une rapidité croissante.
Toutes les fois que l'on voudra conserver un négatif pour plus de deux ou trois épreuves, il faudra bien se garder d'employer ce moyen de fixage, mais bien recourir à Thyposulfile de soude.
En tout cas, ce ne serait pas du bromure de potassium, mais bien du bromate de potasse (Br. KO) qu'il faudrait employer.
BROMURE D'AMMONIAQUE (Az Br).
Équivalent 1190,8 = Br 978,3 -+-Az 175,0 + 37.50.)
§ 71 . — On obtient le bromure d'ammoniaque en versant de l'ammoniaque dans une grande capsule plate et en mettant à côté un flacon de brome débouché, puis en recouvrant le tout d'une cloche de verre. L'ammoniaque absorbe les vapeurs du brome ; après quelque temps on enlève le liquide de la capsule , et par Tévaporation on obtient des cristaux de bromure d'ammoniaque.
La solution de ce sel dans Teau (1 00 grammes de bromure d'ammoniaque pour 100 grammes d'eau distillée) peut former un excellent fixage pour les épreuves positives. Il suffit de les laisser pendant un quart d'heure ou une demi-heure dans ce bain et de les laver ensuite à plusieurs eaux pour qu'elles soient fixées.
Cette qualité tient à la propriété qu'a l'animoniaque de dissoudre le chlorure d'argent.
On peut aussi employer ce sel pour la préparation des papiers négatifs et positifs. La formule qui m'a le mieux réussi est celle-ci :
Eau
1,000 gr.
lodure de potassium
Bromure d'ammoniaque. . . .
Sucre de lait
CYANURE DE POTASSIUM (C^ Az. K.).
(Équivalent 815,0 t=C2 450, + Az 175 o + K 490/^.)
§ 72. — Le cyanure de potassium est le cyanure double de potassium et de fer décomposé par la chaleur, qui le dépouille d'un carbure de fer que Ton sépare par la dissolution dans Feau et la filtration. Le carbure de fer reste dans le filtre, et la dissolution évaporée à sec donne pour produit le cyanure de potassium, qui est l'union de l'acide cyanhydrique (acide prussique) (H. Az) avec le potassium. Le cyanure d'argent qu'il produit par son union avec l'azotate d'argent est très-sensible à la lumière; mais uni à l'iodure et au fluorure de potassium, il forme alors un sel triple beaucoup plus sensible. Je ferai encore remarquer ici qu'il n'entre également pas d'oxygène dans la composition de l'acide cyanhydrique, mais bien de l'hydrogène dont l'action est encore de tendre à réduire l'oxyde d'argent. Ce cyanure d'argent (Ag, 0, Az) est insoluble dans Teau
et dans l'acide azolique étendu. Il est décomposé par l'acide chlorhydrique et transformé en chlorure d'argent. L'ammoniaque liquide le dissout, ainsi que les cyanures alcalins, et surtout l'hyposulfite de soude.
Le cyanure de potassium dissout les iodure, chlolure et bromure d'argent, ainsi que presque tous les autres sels de ce métal lorsqu'on l'y ajoute en excès.
Il dissout aussi les protoxydeset suboxydes de ce métal précipités en noir par l'acide gallique. Aussi sa solution légèrement concentrée est-elle excellente pour enlever, à l'aide d'un pinceau, les taches noires qui gâteraient des épreuves. Seulement il faut avoir soin d'arrêter promplement son effet, qui effacerait rapidement l'épreuve plus qu'on ne pourrait le vouloir. Pour cela, il faut tremper rapidement l'épreuve dans l'eau , puis dans un bain acidulé par l'acide chlorhydrique qui décompose le cyanure, et ensuite laver à plusieurs eaux.
§ 73. — Le cyanure double de potassium et de fer ou prussiate de fer jaune peut aussi servir aux mêmes usages. Ce sel uni au citrate de fer ammoniacal laisse développer une image reçue par un simple lavage à l'eau.
On emploie aussi le cyanure de potassium pour enlever les taches d'azotate d'argent sur la peau. Il faut être très-prudent dans son emploi, et l'éviter si l'on avait des coupures ou des écorchures aux doigts, ce produit étant un poison très-énergique.