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PREMIER MÉMOIRE

( Présenté à l'Académie des sciences le 25 octobre 1 847.)

Quoique ce travail ne soit qu’ébauché, je le publie tel qu'il est, ne doutant pas des rapides progrès qu'il fera dans des mains plus exercées que les miennes, et par des personnes qui opéreront dans de meilleures conditions qu'il ne m’a été permis de le faire.

Je vais indiquer les moyens que j’ai employés, et qui m’ont donné des résultats satisfaisants, sans être parfaits; comme tout

dépend de la préparation de la plaque, je crois devoir donner la meilleure manière de préparer l'empois.

Je prends 5 grammes d’amidon, que je délaie avec 5 grammes d’eau, puis j’y ajoute encore 95 grammes d’eau, après quoi j’y mêle 35 centigrammes d’iodure de potassium étendus dans 5 grammes d’eau; je mets sur le feu. Lorsque l’amidon est cuit, je le laisse refroidir, puis je le passe dans un linge, et c’est alors que je le coule sur les plaques de verre, ayant l'attention d’en couvrir toute la surface le pluségalement possible. Après les avoir essuyées en dessous, je les pose sur un plan parfaitement horizontal, afin de les sécher assez rapidement au soleil ou à l'étuve pour obtenir un enduit qui ne soit pas fendillé, c’est-à-dire pour que le verre ne se couvre pas de cercles où l’enduit, est moins épais qu’ailleurs (effet produit, selon moi, par l’iodure de potassium). Je préviens que l’amidon doit toujours être préparé dans un vase de porcelaine, et que la quantité de 5 grammes queje viens d’indiquer est suffisante pour enduire une dizaine de plaques dites d’un quart. On voit par là qu’il est facile de préparer un grand nombre de plaques à la fois. Il importe encore de ne pas y laisser de bulles d’air, qui feraient autant de petits trous dans les épreuves.

La plaque étant préparée de cette manière, il suffira, lorsqu'on voudra opérer, d'y appliquer de Vacétonürato au moyen d’un papier trempé à plusieurs reprises dans cette composition ; on prendra ensuite un second papier imprégné d’eau distillée, que l’on passera sur la plaque. Un second moyen consiste à imprégner préalablement la couche d'empois d’eau distillée avant de mettre l’acétonitrate ;dans ce dernier cas, l'image est bien plus noire, mais l’exposition à la lumière doit être un peu plus longue que par le premier moyen que j’ai indiqué.

On expose ensuite la plaque dans la chambre obscure, et on l'y tient un peu plus de temps peut-être que s'il s’agissait d'un papier préparé par le procédé de M. Blanquart. Cependant j’ai obtenu des épreuves très noires en vingt ou vingt-cinq secondes au soleil, et en une minute à l’ombre. L'opération est conduite ensuite comme s’il s’agissait de papier,' c’est-à-dire que l’on se sert de l'acido gallique pour faire parattre le dessin et du bromure de potassium pour le fixer.

Tel est le premier procédé dont je me suis servi; mais ayant en l'idée d’employer l’albumine (blanc d’œuf), j’ai obtenu des pro- 5* édit. — III. 23

duils bien supérieurs sous tous les rapports, et je crois que c'ost à celte dernière substance qu’il faudra donner la préférence.

Voici la manière dont j'ai préparé mes plaques. J’ai pris dans le blanc d'œuf la partie la plus claire (cette espèce d’eau albumineuse), dans laquelle j'ai mis de l’iodure de potassium ; puis, après l’avoir coulé sur les plaques, je les ai laissées sécher à la température ordinaire (si elle était trop élevée, la couche d'albumine se gercerait). Lorsqu'on veut opérer, on applique lacétonitrate en le versant sur la plaque de manière à en couvrir toute la surface à la fois, mais il serait préférable de la plonger dans cette composition pour obtenir un enduit bien uni.

Lacétonitrate rend l’albumine insoluble dans l’eau, et lui donne une grande adhérence au verre. Avec l’albumine, il faut exposer un peu plus longtemps à l’action de la lumière que quand on opère avec l’amidon ; l’action de l’acide gallique est également plus longue; mais, en compensation, on obtient une pureté et une finesse de traits remarquables, qui, je crois, pourront un jour atteindre à la perfection d’une image sur la plaque d’argent.

J’ai essayé les gélatines : elles donnent aussi des dessins d’une grande pureté (surtout si l’on a la précaution de les filtrer, ce qu’il est essentiel de faire pour toutes les substances, excepté l’albumine); mais elles se dissolvent trop facilement dans l’eau. Si l’on veut employer l’amidon, il faudra choisir le plus fin ; pour moi, qui n’ai employé que celui du commerce, le meilleur que j’ai trouvé est celui de la maison Groult.

C’est en employant les moyens que je viens d’indiquer que j’ai obtenudes épreuves négatives. Quantaux épreuves positives, n'en ayant pas fait, je n'en parlerai pas; mais je présume que l’on peut opérer comme pour le papier, ou bien en mettant les substances dans l'amidon, mais non dans l'albumine, qu'il ne faudra même pas passer dans la solution de sel marin. Il faudra, pour l’albumine, plonger la plaque dans le bain d'argent, et si la solution de sel marin est indispensable, on pourra mettre du chlorure de sodium dans l'albumine avant de la couler sur la plaque

Si l’on préfère continuer à se servir de papier, j’engagerai à l’enduire d’une ou dp deux couches d’empois ou d’albumine, et l'on aura alors la même pureté de dessin que pour les épreuves que j'ai faites avec l'iode ; mais je crois que cela ne vaudra jamais un corps dur et poli, recouvert d’une couche sensible.

J'ajouterai que l 'on pourrj obtenir de très jolies épreuves positives sur verre opale.

No peut-on pas espérer que, par ce moyen , on parvienne à tirer des épreuves de la pierre lithographique, ne serait-ce qu’en crayonnant le dessin reproduit, si l’on ne peut pas l'encrer autrement? J'ai obtenu de très belles épreuves sur un schtsle (pierre à rasoir) enduit d'une couche d’albumine. A l aide de ce moyen, les graveurs sur cuivre et sur bois pourront obtenir des images qu'il leur sera très facile de reproduire.

Tous les procédés de photographie sur papier peuvent s'employer sur une couche d’empois ou d'albumine.

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