COLLODION BROMURE
Avant d'indiquer les formules du collodion bromure, nous ' . devons insister sur la nécessité absolue de faire des pesées justes. On doit se servir d'une balance ou d'un trébuchet accusant facilement le centigramme.
Le procédé par émulsions ne peut donner des résultats certains et constants qu'à cette condition.
Les différentes réactions qui concourent à la production de l'élément sensible sont basées sur l'appréciation exacte des équivalents chimiques .
Nous avons joint un contrôle indispensable, afin de corriger les écarts qui pourraient se produire entre la théorie et la pratique.
Formules du collodion bromure.
Alcool à 4o°. ...... 2Oor0
Bromure double Cgr
Bromure de zinc 6"r
Coton re'sistant 66r
Éther sulfurique à 620 4°°' r
Alcool à 4o° 20otc
Bromure double 6gr
Bromure de zinc 6B''
Coton pulvérulent if\iv
Éther sulfurique à 620 4°°,r
Dans chacune de ces formules, on peut remplacer les 6gr de chaque bromure par i2gr de bromure composé.
Pour préparer les collodions, on fera dissoudre les i2gr de bromure dans les 2oo0C d'alcool et, sans filtrer, on ajoutera le coton, puis enfin les 4oocc d'éther.
Nous recommandons de ne pas filtrer l'alcool bromure, parce que le liquide absorbé par le filtre, ainsi que l'évaporation, modifierait les proportions.
Si l'on a suivi exactement nos indications pour la préparation des bromures, la solution sera d'une limpidité parfaite.
Il a été dit que les émulsions étaient difficiles, sinon impossibles, si le collodion n'était pas anciennement préparé, mais on n'a pas défini les motifs sur lesquels on s'appuyait.
Il a été conseillé par plusieurs praticiens d'exposer le collodion bromure à une vive lumière pendant un certain temps. Nous avons fait des essais comparatifs en suivant cette indication et nous n'avons pu constater aucune différence avec une partie du même collodion conservé dans l'obscurité. Quant à l'ancienneté de la préparation, cela ne nous laisse aucun doute. Il y a deux conditions nécessaires sans lesquelles l'émulsion ne réussira pas : la première est une limpidité absolue du collodion, limpidité qu'on obtiendra par un long repos.
On trouve bien rarement un pyroxyle donnant immédiatement un mélange parfaitement clair; il y a toujours, même avec les cptons précipités, quelques parties insolubles qui, par leur division, produisent un voile très-appréciable. Ce trouble, qui a moins d'importance dans les procédés humides, joue un très-grand rôle dans le procédé aux émulsions.
Nous avons constaté qu'au moment de la sensibilisation du collodion bromure il se formait un composé argentique, qui se révélait au développement et se traduisait par un voile général. En aucune manière, le lavage de l'émulsion n'a pu éliminer ces parties insolubles, parce qu'elles sont pour ainsi dire emprisonnées par la précipitation de cette même émulsion.
La seconde condition, qu'on n'obtient aussi que par le temps, a une importance infiniment plus grande, et nous y retrouvons la preuve de la dilatation de la cellulose.
Pour qu'une émulsion (c'est-à-dire la transformation des bromures en bromure d'argent à l'état de division infinie et tenu en suspension dans le collodion) soit complète, il faut que l'action s'opère dans les parties les plus intimes du pyroxyle et non en dehors ou à l'extérieur des fibres.
Comment cette action pourra-t-elle avoir lieu si ces fibres elles-mêmes ne sont pas pénétrées préalablement par les bromures? Or c'est précisément ce qui arrive avec des collodions nouveaux. L'action est extérieure et se traduit par des agglomérations du précipité, qui, il est vrai, ne sont souvent appréciables qu'à la loupe, mais qui n'en existent pas moins.
En somme, nous dirons, pour nous faire plus aisément comprendre, qu'il faut que la cellulose elle-même soit bro-
murée. Or nous croyons que les bromures ne peuvent s'incorporer dans les fibres que lorsque celles-ci sont suffisamment dilatées pour ne plus s'opposer à leur pénétration. L'expérience nous démontre que le temps seul peut amener cette dilatation, cette extension ou cette division.