‹ Photographie par émulsion sensibleChapitre 2 sur 8 · CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

Iæs formules qui ont été publiées tant en France qu’à l’étranger, sur l’émulsion du bromure d’argent par la gélatine, sont nombreuses. En les examinant attentivement, nous trouvons que la plupart ont pour point de départ les principes et la méthode que nous avons publiés sur l’émulsion au collodion. Aux bromures acides indiqués dans nos formules, on a substitué des bromures neutres ou alcalins. D’autre part, la gélatine, par sa nature, permet de maintenir en suspension une plus grande quantité de bromure d’argent sans craindre une agglomération nuisible du sel sensible. C’est à cette propriété de la gélatine qu’on doit une partie de la grande sensibilité des couches impressionnables. Malgré cela, nous pouvons dire qu’il n’y a que le milieu dans lequel se produisent les réactions qui soit changé. La gélatine est substituée au collodion.

Cu.VRDON. — Emulsion sensible. I

CAMERA CLUB LIBRARY

Cataloguée! 8l Indexed 1930 by Hal. D. Bernstein, Librarian

Nous nous trouvons donc en présence de deux procédés également bons, mais présentant entre eux quelques différences dans la pratique.

L’emploi de la gélatine permet des poses plus courtes qu’avec le collodion; l’image est très fine et rappelle sensiblement celle que donne l’albumine. Cette qualité est précieuse pour les études micrographiques et pour les clichés destinés aux agrandissements.

Il semble donc, tout d’abord, qu’avec ces deux points importants, rapidité et finesse, le procédé à la gélatine soit appelé à remplacer le procédé humide et les émulsions au collodion. Il y a un engouement qui s’attache toujours à tout procédé nouveau, surtout quand il se trouve justifié par d’importants avantages. Cependant, en approfondissant cette question, on se pénétrera de l’idée qu’en Photographie, plus que partout ailleurs, l’exclusivisme doit être rejeté par tout opérateur intelligent. Malheureusement, il faut compter pour longtemps encore avec la routine. La grande pratique que l’on a, pour les portraits, du procédé au collodion humide le fera encore préférer pendant longtemps à tout autre.

L’émulsion à la gélatine donne, il est vrai, plus de rapidité dans la pose, mais les images qu’elle fournit sont souvent sèches, le modelé manque de cette douceur et de cette harmonie qui font le charme de nos bonnes photographies.

Peut-être, et nous l’espérons, quelques opérateurs hahiles parviendront-ils à amoindrir ces défauts; l’avenir nous le dira.

Ce qui, dans les procédés secs, doit nous préoccuper davantage, c’est l’emploi qu’on en fait en voyage, et surtout dans les travaux si intéressants des missions scientifiques.

Avec l’usage de la gélatine deux difficultés se présentent : premièrement, la préparation des glaces. Bien qu’il n’y ait aucune difficulté pour des mains exercées à étendre la gélatine bromurée sur des glaces de moyenne dimension, il n’en est pas de même quand il s’agit de grandes surfaces. On peut obtenir des couches régulières, dans le laboratoire, à l’aide de dispositions spéciales qui nécessitent un matériel qu’on ne peut emporter en voyage. Cette objection peut être levée de deux manières : en emportant des glaces préparées à l’avance ; mais leur poids peut être considérable et les chances d’avaries nombreuses. On peut encore se munir de pellicules préparées sur papier ; dans ce cas le poids est diminué, mais, sans nous prononcer d’une manière absolue, nous ne sommes pas certains d’une longue conservation des pellicules ainsi préparées.

La seconde difficulté que l’on aurait à vaincre en voyage est le séchage des couches de gélatine bromurée, qu’on fasse usage de glace ou de papier. La dessiccation est longue et ne peut se faire rapidement qu’avec un appareil spécial. Nous pouvons, il est vrai, la hâter en faisant usage d’alcool (nous reviendrons sur ce sujet), mais ce licjuide doit être employé en assez grande quantité.

Sans vouloir établir de comparaison avec le procédé au collodion bromuré, nous pensons que ce dernier offre en voyage quelques avantages.

La pose, il est vrai, est un peu plus longue, les clichés examinés avec un fort grossissement peuvent ne pas avoir autant de finesse, mais les images sont très harmonieuses et possèdent de plus grandes qualités artistiques.

Pour le voyage, le matériel de préparation est très simple ; un flacon d’émulsion, quelques glaces, du papier préparé

suivant l’excellente formule de M. Magny, et c’est tout. Séchage rapide : les glaces, préparées le soir, sont mises une heure après en boîte ou dans les châssis, pour être posées le lendemain ; développement facile, enlevage des clichés sur papier et préparation nouvelle des mêmes glaces.

Par ces observations préliminaires nous ne voulons pas influencer le touriste ou le missionnaire et lui faire préférer un procédé plutôt que l’autre : notre but est de prévenir contre l’exclusivisme que l’on rencontre souvent au début de l’étude d’une nouvelle méthode photographique.

Dans le travail qui va suivre, nous ferons tous nos efforts pour mettre ceux qui, par utilité ou par agrément, auront recours à la Photographie, à même de pratiquer d’une manière certaine le procédé d’émulsion au bromure d’argent par la gélatine.

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