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DE LA GÉLATINE

1“ Nature de la gélatine.

Les différentes sortes de colle ou de gélatine livrées par le commerce sont extraites de peaux, de cartilages, de tendons, de cornes et d’os d’animaux.

Au point de vue chimique, les colles fortes et les gélatines ont les mêmes caractères et constituent un composé identique. On comprend généralement par colles fortes les produits employés dans les arts ou dans l’industrie, et par gélatines les produits qui servent plus particulièrement à l’alimentation. Les premières se fabriquent avec un mélange de matières plus ou moins hétérogènes, tandis qu’on emploie de préférence et presque exclusivement pour les secondes des os frais de bœuf.

Sans entrer dans les détails que ne comporte pas le cadre que nous nous sommes tracé, nous dirons seulement quelques mots sur la fabrication de ces produits.

Lorsqu’on a réuni les matières premières, on les laisse séjourner quelque temps dans un lait de chaux très faible, afin de prévenir leur fermentation et aussi pour les faire gonfler ; puis on les rince et on les expose à l’air pour transformer en

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carbonate la chaux qu’elles pourraient encore contenir. Sans cette opération la colle pourrait être altérée au moment de son extraction. Les matières ainsi préparées sont mises dans une chaudière et sur un fourneau disposé de telle sorte que la flamme ne se trouve pas en contact avec le récipient. On ajoute une certaine quantité d’eau et l’on porte vivement à l’ébullition. Après quelque temps on prélève une petite partie de la solution qui s’est produite. Si cette solution se prend en gelée ferme, cette première opération est terminée. On soutire ensuite dans une autre chaudière toute la partie liquide, en ayant soin de la maintenir à une haute température pendant quelques heures. La colle s’éclaircit et laisse dé- ])oser les matières étrangères qu’elle contient. Le plus souvent, après celte première opération, on additionne d’eau les matières restant dans la chaudière, mais les produits qu’on en retire, quoique ayant une belle apparence, sont cependant de c[ualité inférieure.

La colle purifiée est versée dans des moules en sapin de forme rectangulaire, puis abandonnée à une basse température, de sorte qu’elle soit prise au bout de douze à dix-huit heures. La gélatine, retirée des moules, est coupée au moyen d’un fil de cuivre tendu sur un cadre et préparé de telle sorte que les feuilles aient la même épaisseur. Ces feuilles sont disposées à leur tour sur des châssis garnis de filets soumis à une libre circulation d’air. Les feuilles, devenues plus résistantes, sont mises dans des étuves afin de compléter la dessiccation.

Pour extraire la colle des os, on leur fait subir une première préparation c[ui a pour but de séparer la matière animale qui fournit la colle des phosphates et du carbonate de chaux. La solubilité de ces sels dans l’acide chlorhydrique

permet cette séparation. Après que les os ont été dégraissés par un passage dans l’eau bouillante, on les fait macérer dans l’acide chlorhydrique, pour les ramollir et détruire la partie minérale; puis, après un lavage complet, ils sont laissés pendant quelques jours dans une solution faible de carbonate de soude; cela fait, on en extrait la colle parles procédés ordinaires.

Ce procédé de préparation des os n’est pas le seul ; il y en a un autre qui consiste à réunir les os concassés dans un cylindre en fonte et à y faire entrer de la vapeur. Par une disposition de l’appareil, la graisse est expulsée; le tissu cellulaire fournit la gélatine, qui se dissout dans la vapeur condensée et vient se réunir à la partie inférieure du cylindre, où elle est recueillie.

Il y a encore d’autres procédés d’extraction de la gélatine, mais plusieurs d’entre eux constituent des secrets de fabrique et nous n’avons pas à nous en occuper.

Avant d’indiquer le choix qu’il faut faire parmi les différentes espèces de gélatine, nous dirons quelques mots sur une autre sorte désignée sous le nom à' ichthyocolle ou colle de poisson.

La colle de poisson est tirée de la vessie natatoire de tous les acipensers, et particulièrement du grand esturgeon. On en sépare la membrane externe débarrassée du sang qui peut la recouvrir, puis on la pétrit pour la ramollir; elle est ensuite séchée à basse température et finalement blanchie à l’aide du gaz acide sulfureux. On la trouve dans le commerce sous la forme de parchemin racorni et ayant, la meilleure qualité, des reflets nacrés et irisés. Dans cet état, la colle de poisson est longue à se gonfler dans l’eau froide, et ce n’est qu’en la

maintenant longtemps à une assez haute température qu’on parvient à la dissoudre.

Sa dissolution n’est pas complète ; elle est mélangée de fibres et de membranes dont il faut la séparer. La colle de poisson se prend par le refroidissement en une gelée semitransparente.

Nous trouvons dans le commerce, sous forme de feuilles de gélatine, la colle de poisson complètement soluble (elle est presque soluble dans l’eau à i8°). Cette gélatine, dissoute une première fois, perd en partie la propriété de se reprendre en gelée; aussi son mélange avec les gélatines dures est-il avantageux pour donner à ces dernières une perméabilité plus grande. Il est utile de dire que, à la suite d’un séjour prolongé et renouvelé dans l’eau chaude, toutes les gélatines perdent plus ou moins cette faculté de fournir une gelée par le refroidissement.

2“ Du choix de la gélatine.

Pour le procédé des émulsions par la gélatine, de même cjue pour le procédé de l’émulsion par le collodion, nous considérons que gélatine et collodion devraient être des milieux inertes, servant à faciliter et à maintenir la division du sel sensible, ces véhicules ne devant en aucune façon intervenir dans les réactions.

Nous accordons tout au plus à la matière organique une action de présence qui, suivant sa nature, fiicilite ou retarde la sensibilité du sel d’argent. Nous avons dit que, selon nous, la grande sensibilité de l’émulsion par la gélatine tenait à l’extrême division du bromure d’argent ; nos expériences semblent donner à notre opinion une certitude absolue.

On comprend alors que la matière organique ne doit renfermer aucun élément nuisible : de là, le choix nécessaire de la gélatine à employer. Ce choix doit se porter sur la constitution physique, car au point de vue chimique les gélatines pures ont peu de différence entre elles. Indiquer les qualités que l’on devra rechercher, c’est en même temps désigner les défauts qu’il faut éviter.

La gélatine doit avoir trois qualités principales : la pureté, la perméabilité, la ténacité.

1° Pour être pure, la gélatine doit être neutre, c’est-à-dire ni alcaline ni acide. L’alcalinité se rencontre rarement; l’acidité, au contraire, se trouve clans plusieurs sortes de produits. Dans certains cas, l’acidité très faible n’aura pas d’effet nuisible, elle ne fera que retarder la formation du bromure d’argent. Le papier tournesol en contact avec une dissolution de gélatine indiquera facilement l’un ou l’autre état. La gélatine alcaline produirades voiles dans le développement de l’image photographique, et l’acidité retardera sensiblement l’impression lumineuse.

2° La gélatine doit être perméable, c’est-à-dire facilement et promptement pénétrée par les solutions aqueuses qui concourent à la révélation de l’image latente, et cela sans éprouver ni contraction ni dilatation.

3° 11 faut enfin c[u’elle soit tenace, c’est-à-dire qu’elle adhère fortement au support qu’elle recouvre.

La perméabilité et la ténacité se rencontrent rarement dans une même gélatine. Il est souvent nécessaire et même avantageux de faire un mélange; c’est à l’opérateur à apprécier dans quelle proportion il devra être fait.

On ne peut recommander, pour l’émulsion, telle ou telle

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