DES INSUCCÈS
1“ Colorations anomales et voiles.
Parmi les insuccès les plus fréquents dans le procédé d’émulsion par la gélatine, nous devons placer en première ligne les teintes ou voiles rouges qui se manifestent après le fixage du cliché. Définir les causes, c’est indiquer le remède à apporter. Les voiles rouges peuvent provenir : i° d’un excès d’argent dans la sensibilisation de l’émulsion; 2° d’une combinaison entière ou partielle de la matière organique avec le sel d’argent ; 3° de l’emploi d’acide pyrogallique de mauvaise qualité ou trop anciennement préparé ; 4° enfin d’un séjour trop prolongé dans le révélateur.
Nous avons prouvé que l’excès d’argent était nuisible, et nous avons démontré que. dans la pratique tout le monde est d’accord sur ce point. Il faut donc se rapprocher le plus possible des équivalents théoriques et conserver dans la formation du bromure d’argent un léger excès de bromure. Il est presque impossible de faire disparaître les teintes rouges quand elles sont produites par un excès d’argent.
Nous disons, en second lieu, qu’il peut y avoir une combi-
naison partielle de la matière organique avec le sel d’argent. Cela peut se produire dans deux cas différents. i° Si, au lieu de verser la dissolution d’azotate d’argent dans la gélatine bronmrée, on procède d’une manière inverse, la gélatine, surtout si elle est versée par parties, se trouvera, dans cette période de la préparation, en contact avec une quantité relativement considérable de sel d’argent qui se combinera avec elle, ce qu’on doit avant tout éviter. 2° Cette combinaison argentique peut se produire encore avec certaines sortes de gélatine qui ont plus d’affinité pour le sel d’argent que le bromure lui-même. Dans ce cas, la formation du bromure a lieu après la combinaison organico-argentique. Cet accident est heureusement fort rare.
Les teintes rouges se manifestent encore par l’usage d’acide pyrogallique de mauvaise qualité. Ce fait est facile à constater. Nous avons indiqué les caractères apparents que l’on doit rechercher. Si le mélange de l’acide pyrogallique et de l’ammoniaque ne se colore que lentement pendant le développement du cliché, on peut considérer le produit comme de bonne qualité. Si, au contraire, la coloration a lieu immédiatement, l’acide pyrogallique est mauvais et doit être rejeté. On n’obtiendra jamais rien de bon avec ce révélateur.
Enfin le séjour trop prolongé dans le révélateur peut produire les mêmes effets, quand même on aurait le soin de le changer si la coloration s’accentuait.
Ce qu’il y a de remarquable dans l’effet produit, c’est que les teintes ne sont pas toujours rouges; elles affectent des nuances différentes, tantôt brunes, tantôt vertes, ou même bleues par réflexion et jaunes par transparence. Il y a là évidemment une combinaison qui s’établit entre la gélatine
et l’acide pyrogallique. C’est en quelque sorte une teinture.
En appelant l’attention sur les teintes rouges, nous devons signaler qu’elles peuvent être produites, comme dans tous les procédés secs, par un excès de pose. Elles sont alors souvent accompagnées de voiles.
2° Dilatation des couches impressionnées.
La dilatation de la gélatine est un insuccès assez fréquent. Plusieurs causes aussi peuvent la déterminer : i" emploi de gélatines molles, trop tendres et absorbant facilement une grande quantité d’eau; 2° s’il y a, dans l’émulsion, une forte proportion de gélatine ou que la couche sensible soit beaucoup trop épaisse.
La dilatation dont nous parlons est presque toujours accompagnée d’ampoules et de soulèvements partiels. Cela provient d’une adhérence plus forte de certaines parties de la couche.
Pour remédier à ce défaut, nous indiquons un moyen qui réussit bien, surtout quand le défaut n’est pas exagéré. Avant de procéder au développement, il suffit de laisser séjourner la glace dans de l’alcool, puis, après quelques instants, de laisser la couche se gonfler dans de l’eau alcoolisée. Le développement terminé, faire un court lavage et baigner le cliché dans de l’alun à 5 pour 100; laver, puis fixer. Ainsi que nous le disons, ce moyen permet de tirer parti de glaces qui sans cela seraient perdues.
Les soulèvements peuvent aussi se produire avec des révélateurs trop alcalins ou, au moment du fixage, par de l'hyposulfite trop concentré. Il va sans dire qu’il faut, tout en se
servant des moyens indiqués ci-dessus, diminuer l’alcalinité du révélateur et la concentration de l’hyposulfite.
On rencontre fréquemment des sortes de gélatine avec lesquelles il est très difficile d’obtenir des couches régulières. Ces couches sont souvent remplies de petits cercles, desquels l’émulsion se retire plus ou moins. Ce défaut très grave peut provenir quelquefois d’une trop grande différence de température entre l’émulsion et la glace qu’elle doit recouvrir. Si la glace est trop chaude, l’émulsion se liquéfie inégalement et se retire par places en formant des huiles qui ne disparaissent jamais complètement. La même chose arrive si l’émulsion est trop chaude. Il est absolument nécessaire que la solution soit à peu près à la même température que la glace, sans dépasser 3o°. Mais nous ne croyons pas que ce soit là la cause principale. Nous croyons plutôt à la présence de matières grasses dans la gélatine. Nous avons été à même de constater le fait. Il est difficile de désigner ces gélatines, car telle fabrication, qui aujourd’hui a ce défaut, sera demain irréprochable. Nous dirons seulement que le plus simple est de faire des essais préalables et de rejeter les gélatines grasses. On a bien indiqué plusieurs moyens de purification, entre autres, l’emploi de l’albumine-, mais, outre que cette opération est longue , nous ne croyons pas qu’elle atteigne le but.
Quand les matières grasses ne sont pas en trop grandes proportions, on peut les faire disparaitre en maintenant l’émulsion, pendant une heure ou deux, à une aussi haute température que possible; puis on la laissera refroidir. Quand l’émulsion sera prise, on en coupera sur le dessus environ cinq millimètres d’épaisseur que l’on mettra aux résidus.
puis on se servira du reste. Une grande partie des matières grasses auront été ainsi enlevées.
Bien d’autres insuccès peuvent se présenter, mais nous les attribuons, pour la plupart, au manque de pratique que l’on a encore du procédé à l’émulsion par la gélatine. Avec l’habitude et le soin nécessaire à tout procédé photographique, on parviendra à s’en rendre maître, et les insuccès deviendront de plus en plus faciles à éviter.
3° Clichés trop développés.
Quelques mots, en terminant, sur le moyen de ramener à leur valeur des clichés qui auraient été trop développés. Il est important tout d’abord que ces clichés soient complets, c’est-à-dire que la pose ait été suffisante et que les détails soient entièrement venus.
On peut adoucir les clichés, soit après le fixage, soit après en avoir tiré une positive qui en fera connaître la valeur. Dans ce dernier cas, il est indispensable de laisser le cliché quelque temps dans l’eau pour rendre à la gélatine sa perméabilité.
Deux procédés peuvent être employés. Le premier consiste dans l’emploi d’un bain de
Eau ioo'°
Perchlorure de fer o®", 5o à 2®“’
Le cliché est immergé dans cette solution et surveillé avec attention, pour le laver quand on aura jugé son action suffisante.
Bien que ce procédé donne de bons résultats, nous lui préférons le suivant :
Eau 1 00“
Cyanure de potassium o®'', 20 à o'C3o
Avec ces proportions le cliché baisse légèrement, sans que les demi-teintes faibles subissent d’altération.
Nous recommandons des lavages soignés après l’usage de ces solutions.