‹ Photographie par émulsion sensibleChapitre 7 sur 8 · PRODUCTION DU CLICHÉ · texte numérisé non relu

PRODUCTION DU CLICHÉ

1° Nettoyage des glaces.

La méthode suivie pour le nettoyage des glaces est indifférente à condition que le but soit atteint. Il est tout aussi nécessaire d’avoir des glaces exemptes de corps gras et d’oxydes métalliques pour le procédé à la gélatine que pour tout autre procédé. Voici le moyen que nous avons toujours employé et qui offre la plus complète sécurité. Les glaces neuves ou ayant servi sont mises pendant quelques heures dans une solution étendue de potasse caustique, puis lavées avec soin et plongées dans de l’eau acidulée. Elles peuvent y séjourner un temps indéterminé sans crainte d’altération. Les glaces sont de nouveau lavées, égouttées et essuyées. H suffit alors d’y passer un peu d’alcool. Nous terminons par le polissage au talc, qui a pour but de rendre la surface des glaces homogène. Bien que le talc facilite le décollement des clichés pelliculaires, il ne détruit pas l’adhérenee de la gélatine.

2° Préparation des glaces.

Avant de procéder à la préparation des glaces, il faut disposer dans le laboratoire et à portée de la main tous les objets nécessaires.

Ce sont : i°Une sorte de boîte à eau chaude, semblable à celles qu’on emploie pour les chaufferettes, avec cette modification, qu’au lieu d’être bombée sur une des parois elle doit présenter une surface plane. Cet appareil sert k chauffer les glaces avant la préparation.

2° Un bain-marie placé sur des charbons brûlant sans flamme, afin d’éviter la lumière qui pourrait venir de ce côté. Ce bain-marie est destiné à conserver l’émulsion fluide. Il ne faut pas que la température soit trop élevée. C’est à l’opérateur à apprécier. Sil’émulsion était trop chaude, elle coulerait trop facilement sur les glaces et l’on aurait des couches trop minces; de plus elle pourrait se retirer par places en formant des cercles ou des ondulations. Si l’émulsion était trop froide, elle s’égaliserait mal et aurait un commencement de pi’ise avant qu’on ait eu le temps de régulariser la couche. Il faut, pour obtenir un bon résultat, que l’émulsion soit de U ou 3° plus chaude que la glace qui doit être préparée.

3° Un vase semblable aune cafetière ou une théière dont le bec devra être un peu allongé et rétréci à son ouverture jiar un petit tube en verre fixé dans un bouchon, de sorte que l’écoulement se fasse par filet. Ce vase devra être aussi maintenu sur un bain-marie.

4° Une glace épaisse encadrée dans un châssis en bois,

muni de trois vis calantes, pour y déposer les glaces après leur préparation, afin que la prise de l’émulsion ait lieu sur une surface parfaitement de niveau.

Tout étant disposé, on commencera par faire dissoudre lémulsion, puis on la filtrera dans le vase qui doit contenir la provision. C’est dans ce vase que l’on reversera, en le filtrant sur une touffe de laine, l’excès de la solution versée sur les glaces. La petite cafetière doit contenir la quantité nécessaire à la préparation de plusieurs glaces. Cela fait, on placera sur la boîte à eau chaude une des glaces à préparer, et, quand elle aura atteint le degré de chaleur suffisant, on la remplacera par une autre, de sorte que, lorsque la première sera terminée, la seconde se trouvera prête, ainsi de la troisième et des autres.

La quantité d’émulsion à verser sur chaque glace doit être telle qu’il n’y en ait pas un trop grand excès. En s’aidant d’un pinceau, on arrive à couvrir les surfaces avec peu de liquide. Il est cependant nécessaire qu’il en reste assez, afin de pouvoir, par un mouvement de la main, l’égaliser avant de la placer sur. la glace où elle doit faire prise.

Dans un milieu dont la température ne dépasse pas i5” à i8°, l’émulsion est devenue assez ferme en vingt minutes pour que, en plaçant les glaces verticalement, on n’ait pas à craindre l’écoulement de la gélatine.

3° Séchage des glaces.

Le séchage est peut-être un des points qui demandent le plus d’attention. Nous avons dit que l’emploi de la chaleur pouvait être la source d’accidents ; nous préférons de beaucoup

la circulation de l’air ; quand l’installation est bien comprise, le séchage se fait assez promptement. Voici la disposition que nous avons adoptée et qui nous réussit bien.

Dans une armoire d’une hauteur d’au moins un mètre nous disposons deux séries de râteliers, fixés en sens contraires.

Fig. 5.

Ceux qui se trouvent perpendiculaires au fond de l’armoire servent à séparer les glaces, les autres leur servent de support. Dans un espace assez restreint on peut mettre un grand nombre de glaces ; il suffit de faire deux ou trois étages de râteliers, et dans ce cas l’armoire doit être plus liante. Avec cette disposition, représentée par la fig. 5, la libre circulation de l’air peut facilement s’établir. Il suffit de faire un appel par un

tuyau fixé sur le dessus de l’armoire et aboutissant dans une cheminée. A l’aide d’ouvertures pratiquées dans le bas du séchoir, le tirage s’établira d’une manière constante et régulière. Il va de soi que la lumière ne doit pénétrer par aucune des ouvertures.

Ce mode de séchage ne peut s’ effectuer en voyage et ce serait compliquer le bagage que d’y ajouter cet appareil. Aussi nous conseillons, dans ce cas, de recourir aux dispositions spéciales proposées par MM. Jonte, Audouin, etc.

Comme le procédé d’émulsion par la gélatine peut rendre de grands services dans les laboratoires, nous avons pensé qu’il serait utile de faire connaître tous les moyens pratiques de le mettre en œuvre. C’est afin de remplir ce but que nous allons indiquer une manière d’opérer pour obtenir des préparations régulières. Le matériel diffère de celui que nous venons de décrire.

B est une boîte dont le dessus est formé par une plaque de fonte parfaitement dressée, de cinq à six millimètres d’épaisseur. Les côtés qui la supportent, et qui doivent fermer la boîte hermétiquement, sont en tôle ou en bois. Sur le devant sont disposées deux portes ; l’une d’elles a une

Chardon. — Émulsion sensible. 3

ouverture, C, à laquelle on adapte un carreau orangé. Dans l’intérieur de la boîte, deux tubes rectangulaires sont munis de petits becs de gaz. Un seul robinet règle la hauteur de la flamme et se trouve placé en dehors de l’appareil. On peut donc, en examinant par le carreau et sans ouvrir les portes, augmenter ou diminuer l’arrivée du gaz.

Sur le dessus de la boite on dispose un feutre ou des papiers buvards, destinés à égaliser, en la modérant, la chaleur de la plaque. A côté de cette plaque chaude nous plaçons, juste à la même hauteur, une glace mise de niveau à l’aide de vis calantes. Celle-ci est maintenue par un châssis dont le cadre doit l’affleurer, afin que les glaces préparées conservent dans leur déplacement exactement le même niveau.

Cet appareil, très facile à installer dans un laboratoire, pourra, en dehors de la préparation des glaces à la gélatine, être souvent utilisé, par exemple pour sécher des clichés au collodion, pour vernir, pour cirer des papiers, etc. Si l’on n’a pas le gaz à sa disposition, on peut le remplacer par des lampes ou des charbons.

Après avoir chauffé la plaque, on attendra quelques instants pour que le feutre ou les buvards qui la recouvrent aient perdu leur humidité et repris leur planimétrie. A l’aide des vis calantes on établira un niveau parfait; puis on disposera sur le feutre une ou plusieurs glaces, en ayant soin de commencer la préparation par celle qui se trouvera le plus près de la plaque à refroidir. Dans ce mode de préparation, nous ne A^ersons sur les glaces que la quantité de solution nécessaire aies recouvrir sans excès. Pour arrivera ce résultat, on fera bien de préparer à l’avance différentes mesures en rapport avec les suifaces, en prenant comme évaluation qu’il faut

environ trois ou quatre centimètres cubes d’émulsion par décimètre carré. La solution sera versée sur la glace de manière à laisser peu d’espace non recouvert; puis, à l’aide d’une règle dentelée que l’on promènera dans tous les sens, on égalisera la couche. Quand l’émulsion offrira une surface régulière, la préparation sera terminée, il n’y aura plus qu’à glisser doucement la glace ainsi préparée sur la plaque froide et à procéder de même pour les suivantes. Aussitôt que la gélatine aura fait prise, les glaces seront mises au séchoir. S’il n’y a pas d’interruption dans l’opération, on peut en très peu de temps préparer un assez grand nombre de glaces sensibles.

Le mode de préparation que nous indiquons, permet à l’opérateur de modifier à son gré l’épaisseur des couches sensibles. Avec la formule indiquée, on obtiendra facilement des couches moyennes ou plus fortes. Cependant, comme il peut être avantageux et surtout économique de faire des préparations minces, nous ferons observer que, pour arriver à ce résultat, il est nécessaire de diluer l’émulsion en y ajoutant son volume d’eau. Dans ce cas, le séchage^doit se faire horizontalement.

4“ Émulsion sur papier.

Le procédé que nous décrivons peut s’appliquer sur papier aussi bien que sur verre. Les clichés obtenus ont seulement un peu moins de finesse.

Le papier servant de support à l’émulsion doit avoir deux qualités principales ; un encollage très-résistant et une grande finesse de grain. Le papier de Rives premier choix remplit bien ces conditions.

Pour étendre l’émulsion, nous employons le même procédé que pour la préparation du papier au charbon. La fig. 7 indique la disposition que nous avons adoptée. Sur une glace encadrée par un châssis muni de vis calantes nous appliquons le papier, pi'éalablement mouillé ; on recouvre cette feuille de papier buvard ; puis, à l’aide d’un rouleau ou d’une raclette, on enlève l’excès d’eau tout en chassant les bulles

Fig. 7.

qui se seraient interposées entre le papier et la glace. On peut, avec plusieurs châssis se nivelant les uns sur les autres, préparer plusieurs feuilles. Pour déterminer la quantité d’émulsion à laisser sur le papier, nous nous servons d’une règle en verre dont l’arête est arrondie et qui est maintenue par une tringle en fer servant à la manœuvrer. A chaque extrémité de cette règle sont fixées deux bandes de caoutchouc qui limitent exactement l’épaisseur de la couche de gélatine. Avant de procéder à la préparation, il faudra déterminer la quantité de liquide qui devra couvrir la feuille, et cela sans excès.

Tout étant disposé, la feuille de papier bien tendue et l’émulsion amenée à la température voulue, on versera la solution par petit filet en décrivant des lignes parallèles aussi rapprochées que possible les unes des autres. Le liquide doit être versé derrière la règle, c’est-à-dire entre cette règle et la tringle qui la maintient, de sorte que par un mouvement simultané on puisse égaliser la couche au fur et à mesure de l’écoulement du liquide. Les surfaces ainsi obtenues sont d’une régularité parfaite. On recouvrira successivement toutes les feuilles préparées. La gélatine est prise en un quart d’heure ou plus, suivant la température du milieu dans lequel on opère. Quand on juge la prise suffisante, on enlève les feuilles avec précaution, puis on les suspend pour les laisser sécher naturellement.

Il va sans dire que le temps exigé pour le séchage dépend en grande partie de l’épaisseur de la gélatine. Pour faciliter le détachement du papier préparé, nous avons l’habitude de réserver une bande qui déborde la glace et qui ne reçoit pas de préparation. Cette bande, repliée sur elle-même, sert à suspendre la feuille sans crainte d’altérer la couche.

Parla dessiccation, les feuilles se gondolent toujours un peu; pour leur rendre leur planimétrie, il suffit de les maintenir pendant quelques heures sur un rouleau de bois de moyen diamètre, puis de les conserver dans un châssis à reproduction, où la pression achèvera de les rendre très planes. Le procédé que nous indiquons permet de préparer des feuilles de grande dimension que l’on coupe ensuite suivant les besoins. Nous a’vons dit, au commencement de ce paragraphe, que le papier de Rives convenait bien pour ce procédé ; nous devons ajouter que nous employons avec succès ce papier.

-as-

soit avec une préparation première d’albumine coagulée, ou avec une solution de gélatine rendue insoluble. Ces supports évitent les décollements qui pourraient se produire ultérieurement.

5° De la pose.

Le procédé d’émulsion par la gélatine est, de l’avis général, le plus rapide des procédés secs. En effet, on peut, dans de bonnes conditions, obtenir facilement des instantanéités. Cependant, il convient de ne pas exagérer l’importance de cette sensibilité. Il faut se rappeler que la lumière agit de deux manières différentes sur les sels impressionnables. Elle agit par son intensité et par sa durée ; or, il se rencontre souvent des circonstances où ces deux conditions se trouvent opposées l’une à l’autre. Prenons un exemple qui fera mieux comprendre notre pensée. Si nous avons un paysage à reproduire, que le sujet renferme des parties blanches, telles que des maisons, des pierres etc., et qu’à côté nous ayons des verdures très fortement colorées ou ombrées, qu’arrivera-t-il? Évidemment les parties blanches impressionneront immédiatement la couche sensible et l’auront même solarisée avant que les ombres aient pu inscrire cjuelques détails. C’est précisément ce qui arrive avec les procédés qui ont une grande rapidité. Il faut donc, dans la pratique, calculer la pose et approprier le développement au sujet, de manière à éviter les duretés. Avec une sensibilité moindre, ce défaut s’évite facilement. Il y a toujours avantage à prolonger la pose, car on peut modérer le développement, mais on ne peut faire venir ce qu’il n’y a pas.

D’après ce qui précède, on comprend aisément que, pour établir des termes de comparaison entre différents procédés, les expériences doivent être comparativement faites à une faible lumière; autrement, on pourrait commettre des erreurs. Partant de ce principe, nous avons expérimenté trois procédés :

i” Le collodion humide ;

2° L’émulsion par le collodion ;

3° L’émulsion par la gélatine.

Voici quels ont été les résultats.

L’émulsion par la gélatine est de deux à trois fois plus sensible que le collodion humide, et ce dernier, lui-même, est une fois à une fois et demie plus sensible que l’émulsion par le collodion.

Nous voulons faire une rem.arque qui, nous l’espérons, ne sera pas sans utilité. Nous venons de dire que l’émulsion par le collodion était moitié moins sensible c|ue le collodion humide. Cette différence se fait sentir avec des poses relativement courtes, c’est-à-dire variant de une à dix minutes. Si, par suite du sujet à reproduire, la pose se prolonge un temps beaucoup plus long, c’est-à-dire de vingt minutes à une heure ou plus, c’est l’inverse que l’on observe : l’émulsion devient plus sensible, en ce sens que les détails se fouillent en s’accentuant. Il faut attribuer ce phénomène à la nature des sels employés.

Dans le collodion humide la couche sensible est formée, pour la plus grande partie, d’iodure d’argent, tandis que dans les émulsions il n’y a que du bromure d’argent. L’iodure d’argent s’impressionne immédiatement et l’action lumineuse diminue progressivement en un temps assez court. Plus le

collodion est sensible, plus l’effet se produit. Le bromure d’argent, au contraire, s’impressionne lentement, mais l’action de la lumière se continue tout le temps de la pose. L’observation de ces faits est très utile à connaître, surtout quand il s’agit de reproduction de tableaux.

Nous venons de constater une différence dans la sensibilité de l’iodure et du bromure d’argent. Il y a un autre point à examiner ; il a d’autant plus d’importance, que les effets qui le caractérisent, si la cause n’en était détruite, compromettraient souvent la réussite des clichés : nous voulons parler de la facilité avec laquelle le bromure d’argent est traversé par les rayons lumineux. L’iodure d’argent les arrête ou plutôt ne les laisse passer que faiblement. Il est essentiel pour la pureté de l’image, dans les procédés basés sur l’emploi du bromure d’argent, que la lumière n’agisse que sur la partie extérieure de la couche sensible. Pour arriver à ce résultat, le meilleur moyen à employer est de recouvrir le dos des glaces avec une couleur qui absorbe les rayons au lieu de les réfléchir. Plusieurs substances ont été proposées qui réussissent également bien. Nous employons avec succès la terre de Sienne préparée pour l’aquarelle, que nous délayons dans l’eau. Nous y ajoutons un peu de dextrine pour assurer l’adhérence et quelques centimètres cubes d’alcool pour bâter la dessiccation. Nous formons ainsi une couleur épaisse qui, à l’aide d’un pinceau plat, s’étend très facilement.

Nous ne saurions trop insister sur la nécessité de cette opération. C’est le seul moyen d’éviter les auréoles qui se forment autour des parties vivement éclairées et viennent envahir, au point de les faire disparaître, les détails environnants.

Revenant au temps de pose des plaques à la gélatine, nous dirons que, dans des conditions ordinaires d’éclairage et avec un diaphragme moyen, la pose peut varier entre cinq secondes et cinq minutes. La marge est large, mais on conçoit que la mesure dépend entièrement de la nature du sujet.

6° Révélateurs.

Depuis les premiers essais d’émulsion par la gélatine, nous avons vu paraître de nombreuses formules de révélateurs. Quelques-unes ont été abandonnées; d’autres, au contraire, sont entrées dans la pratique.

Les développements les plus rapides sont obtenus à l’aide de l’ammoniaque, de la potasse ou de la soude caustique mélangés à une certaine quantité d’acide pyrogallique. Les révélateurs aux carbonates d’ammoniaque, de soude ou de potasse purs, font apparaître l’image beaucoup plus lentement, sans pour cela donner des résultats supérieurs. Enfin les révélateurs aux sels de fer paraissent occuper la moyenne de rapidité et exigent un peu plus de pose que les précédents.

Nous décrirons rapidement ces divers modes de développement.

1° Révélateurs aux sels ferreux.

Eau loo'^'

Oxalate neutre de potasse (C^O'‘K^HO) 3o®''

Oxalate de fer (C^O^Fe^HO) 7®',5o

Bromure de potassium (KBr) o®’’, lo

Ce révélateur a une assez grande énergie. Il a l’avantage de servir pendant quelques jours, mais non pas, ainsi qu’on

Ta affirmé, sans perdre de ses qualités. Par l’usage il s’appauvrit et il acquiert, par le temps, une tendance à se peroxyder. Dans cet état, le développement se fait plus lentement, ce qui nécessite une pose plus longue pour obtenir des détails; il faut pour opérer avec sécurité le renouveler souvent; il serait même préférable de le préparer chaque jour. La coloration qu’il donne au cliché est agréable et favorable au tirage. Néanmoins nous lui préférons, comme étant supérieur, un révélateur dont nous avons publié la formule dans le Bulletin de la Société française de Photographie ; il est basé sur l’emploi du lactate de fer ;

Eau ioo'°

Oxalate neutre de potasse (C^O’K^IIO) 20^''

Lactate de protoxyde de fer [(C^H^O^)^Fe^HO]. lo^''

Bromure de potassium ( KBr) oS'',io

Ce bain se conserve bien pendant quelques jours, les clichés qu’il fournit ont beaucoup d’barmonie et se prêtent facilement aux tirages. La coloration est légèrement bleue.

Pour préparer Fun ou l’autre de ces bains de fer on procède de la manière suivante :

Il faut commencer par dissoudre à chaud l’oxalate de potasse; puis, quand la solution sera amenée par le refroidissement à la température d’environ 3o°, on ajoutera par petites pincées l’oxalate de fer, en ayant soin de remuer pour faciliter la dissolution. Le liquide tout à fait froid sera additionné du bromure de potassium.

Pour le révélateur au lactate de fer nous préférons faire dissoudre ce sel complètement à froid ; nous avons remarqué que, bien que l’opération soit un peu plus longue, le bain se conserve mieux et plus longtemps.

Si l’on désirait préparer l’oxalate de fer, voici comment il faudrait procéder.

Dans une solution saturée de protosulfate de fer, on ajoutera peu à peu une solution également saturée d’acide oxalique. L’oxalate de fer se précipite sous la forme d’une poudre jaunâtre. Il est nécessaire de laver ce précipité en l’agitant avec une certaine quantité d’eau qu’on renouvellera par décantation. Ce sel séché sera conservé pour l’usage.

L’oxalate neutre de potasse que l’on trouve dans le commerce est ordinairement bien préparé; la seule précaution à prendre est de s’assurer s’il n’est pas acide, parce c[ue cette acidité pourrait retarder le développement.

Le lactate de fer se prépare en faisant digérer delà limaille de fer dans l’acide lactique. On peut encore décomposer le lactate de baryte par le protosulfate de fer. Après avoir filtré, on verse de l’alcool dans la liqueur, et le lactate de fer cristallise.

Ces bains s’altérant en peu de jours, on a conseillé, pour éviter partiellement cette altération, d’ajouter un petit excès d’oxalate ferreux ; on a conseillé aussi de conserver quelques fils de fer dans le bain. Nous ne pensons pas que ces moyens aient atteint le but proposé. Nous croyons qu’il vaut mieux renouveler les bains dès qu’on peut constater un changement dans leur action.

Révélateur à V ammoniaque .

5üo“

^co

Eau

Ammoniaque concentrée

Bromure de potassium (KBr). .

Alcool ioo'“

Acide pyrogallique lo®''

Nous appelons l’attention sur le choix de l’acide pyrogallique. On doit le rejeter s’il n’est pas sublimé en aiguilles blanches et trè^ déliées. Sa dissolution alcoolique se conserve très longtemps, surtout si on a le soin de la tenir dans l’obscurité.

Le révélateur à l’ammoniaque est certainement celui qui agit avec le plus de rapidité; il permet, par conséquent, des poses plus courtes. Les détails sont très fouillés ; la coloration est bonne, à moins toutefois que certaines circonstances, signalées dans un des Chapitres suivants, ne viennent, par leur intervention, modifier la nuance que l’on doit obtenir normalement.

3° Révélateur au carbonate d’ammoniaque N“ 1.

Eau

Sesquicarbonate d’ammoniaque

Ammoniaque concentrée

Bromure de potassium

Alcool 1 oo"

Acide pyrogallique lo®''

Ce révélateur peut être employé avec avantage par les amateurs qui trouveraient trop de rapidité avec l’emploi de l’ammoniaque seule. H laisse plus de latitude et donne des clichés d’une grande limpidité.

ioo'°

jCC

4° Révélateurs au carbonate de soude, au carbonate de potasse.

Nous ne mentionnons ces deux révélateurs que pour achever de passer en revue les différents développements alcalins. Les résultats qu’ils fournissent laissent souvent à désirer. Si l’on se sert de produits chimiquement purs, ils agissent faiblement. Il faut, pour que l’action s’opère, qu’ils soient additionnés de quelques gouttes d’une solution de potasse ou de soude caustiques. Mais alors cette action est souvent trop énergique et les clichés ont une grande tendance à la dureté. Néanmoins, voici les formules qui nous ont paru donner les

meilleurs effets :

Eau loo'»

Carbonate de soude ou de potasse pur 5®''

Solution saturée de soude ou de potasse caustiques.

Bromure de potassium de o^%2o à o®‘‘,4o

Alcool 100"

Acide pyrogallique 10®^“'

En substituant dans la première formule les sous-carbonates aux carbonates, on supprimera l’addition de l’alcali caustique; mais alors, et comme nous le disions plus haut, le révélateur agira faiblement, donnera le plus souvent des clichés gris et ayant une grande tendance aux voiles. Ainsi, pour nous résumer, nous pensons que ces révélateurs ne doivent être employés que dans des circonstances particulières.

CAMERA CLUB LIBRARY

Cataiogued Indexed 1930 by Hal. D. Bernstein, Librarlan

7° Développement.

Pour procéder au développement des glaces impressionnées, nous commençons par les immerger pendant quelques minutes dans une cuvette contenant de l’eau ordinaire. Cette opération préliminaire, à laquelle on n’a généralement pas attaché une importance suffisante, a néanmoins une grande influence sur le développement et sur la qualité du cliché. En effet, si on la supprime, on s’expose à avoir de la dureté ; cela se conçoit aisément. La gélatine bromurée qui recouvre les glaces a besoin d’un certain séjour dans l’eau pour se gonfler et acquérir de la porosité. Si ce gonflement ne s’est pas produit, il arrive toujours que l’image se développe à la surface, et le révélateur, n’agissant pas immédiatement dans toute l’épaisseur de la couche, vient accentuer son action au détriment de l’harmonie. Si pour éviter la dureté on arrête trop tôt le développement, on est tout étonné de voir qu’après fixage le cliché a perdu de son intensité.

Si le séjour préliminaire dans l’eau était trop prolongé, l’effet contraire se produirait. L’eau absorbée en trop grande quantité par la gélatine viendrait diluer le révélateur au point de lui enlever toute son énergie. Les clichés ainsi développés seront gris et nécessiteront un renforcement ultérieur.

Donc, séjour dans l’eau, proportionné en quelque sorte à l’effet que l’on veut obtenir. En moyenne, cinq à six minutes suffisent.

Avec les révélateurs aux sels de fer, le développement se fait sans autre précaution que de plonger le cliché dans

une cuvette contenant le bain. L’image vient assez vite. Nous conseillons de ne pas abandonner le cliché, mais plutôt d’agiter constamment, afin que le contact de l’air puisse apporter sa part d’action.

Le révélateur peut servir plusieurs fois; cependant, comme il est évident qu’il a subi une modification, qui pour n’être pas apparente n’en est pas moins réelle, nous préférons le rejeter afin de nous trouver toujours dans les mêmes conditions.

Les révélateurs à l’acide pyrogallique doivent être préparés au moment de s’en servir, au moins pour ce qui concerne cet acide, la solution aqueuse ne conservant que peu de temps toutes ses qualités.

Avec les formules que nous avons indiquées, rien n’est plus facile. Comme la solution alcoolique d’acide pyrogallique est très peu altérable, il suffit de prendre lo®® (formule n° 2) de cette solution (ce qui représente d’acide pyrogallique) et de les additionner de i oo®® d’eau distillée pour avoir une solution aqueuse à i pour loo.

Tout étant disposé, on immergera, comme nous le disons plus haut, la glace dans l’eau pour l’y laisser de cinq à six minutes. Pendant ce temps, on versera dans une cuvette 3o à 4o centimètres cubes de la solution alcaline (n° i) qu’on aura choisie; puis, immédiatement avant de commencer le développement, on y ajoutera le même volume de la solution ac|ueuse d’acide pyrogallique. On plongera la glace dans ce mélange On fera courir le liquide sur la couche impressionnée et en peu d’instants l’image commencera à apparaître. Si les parties fortement éclairées s’accentuaient trop alors que les détails seraient à peine visibles, ce serait une indication de

manque de pose. Dans ce cas, il faut ajouter au révélateur quelques gouttes de la solution suivante :

Eau loo"

Ammoniaque concentrée 2"

Il est nécessaire, dans ce cas, de renouveler entièrement le bain dès qu’il se colorera.

Si l’image apparaissait trop vite et d’une manière uniforme, ce qui est l’indice d’un excès de pose, il faudrait immédiatement rejeter le révélateur et le remplacer parles proportions suivantes :

N° i du révélateur à l’ammoniaque (p. 43) 20"

Eau loo'”

1 Carbonate d’ammoniaque 5®*' \

Bromure de potassium oS‘',io > 20'°

Eau 100“ 1

Solution aqueuse d’acide pyrogallique à i pour 100 .. . So'”

Ona conseillé, pour les développements, de laisser séjourner la glace quelques instants dans la solution pyrogallique avant d’ajouter l’ammoniaque. Nous ne pouvons apprécier les raisons qui portent à opérer ainsi. Nos expériences ne nous ont donné aucune différence entre cette manière de faire et l’usage des solutions mélangées.

Nous pensons retrouver dans ce fait une question d’habitude, car l’acide pyrogallique n’agit sur le bromure d’argent que lorsque sa décomposition est provoquée par l’addition d’un alcali. Nous trouvons la raison d’opérer ainsi avec des glaces qui ne sont pas préparées par les émulsions, mais dont les bromures ont été transformés par immersion dans un bain d’argent. Dans ce cas, et malgré les lavages les plus soignés,

il peut rester des traces d’azotate d’argent. On comprend alors que l’acide pyrogallique puisse préparer le développement.

Dans l’émulsion par la gélatine, il ne peut y avoir de traces d’argent, puisque nous avons prouvé que, s’il y en avait, la combinaison qui se produirait les aurait complètement détruites.

Dans les émulsions, soit qu’on commence le développement par l’acide pyrogallique ou par l’ammoniaque, soit qu’il se fasse par le mélange des deux solutions, il n’y a pas de différence appréciable dans les résultats.

La pose et le développement des papiers émulsionnés se font exactement de la même manière et avec les mêmes formules que les clichés sur glaces. Il faut seulement tenir ' compte de l’opacité du papier et, à cet effet, modérer l’intensité du développement. Dans les sujets de paysage ou • dans les reproductions qui ne demandent pas des positives d’une finesse extrême, on peut se servir du cliché sur papier sans lui faire subir aucune modification. Le grain est à peine visible, et, loin d’être un défaut, il est souvent avantageux pour augmenter l’harmonie du sujet. Dans le cas où l’on voudrait avoir plus de transparence et diminuer le grain, il suffirait de cirer le cliché, ou de le laisser séjourner quelque temps dans un mélange d’alcool et d’huile de ricin ou dans du vernis au copal. Toutes ces substances ont l’inconvénient de jaunir plus ou moins avec le temps; aussi préférons-nous nous servir du cliché sans aucune préparation. Le tirage est un peu plus long, mais les positives ne perdent rien de leur valeur.

Chardon. — Emulsion sensible.

8“ Fixage.

Le fixage se fait dans les conditions ordinaires, avec un bain composé de :

Eau looo"

Hyposulfite de soude 200^''

Toutefois, nous devons indiquer quelques précautions à prendre pour éviter des détériorations ultérieures des clichés. Le développement terminé, nous lavons avec soin-, puis nous laissons le cliché séjourner quelque temps dans beau, l’enouvelée deux ou trois fois et à l’abri de la lumière. On reconnaîtra la nécessité de cette précaution en voyant la coloration que prend cette eau de lavage, coloration que l’iiyposulfite ne détruit pas entièrement. Après lavage, on plonge dans l’hyposulrite. Nous recommandons de ne pas abandonner le cliché afin de le retirer aussitôt que le fixage est terminé. Il se forme quelquefois à sa surface de petites bulles qui laissent des petits points non fixés; en promenant un pinceau doux, on les fait disparaître facilement.

Au sortir de l’hyposulfite, les clichés seront soigneusement lavés, puis plongés dans une solution de ;

Eau 5oo''‘'

Alun 20^''

où ils peuvent rester un temps indéterminé. Ce bain a un triple avantage : 1° il détruit les dernières traces d’hyposulfite qui auraient échappé au lavage; 2° il atténue sensiblement la coloration verte qu’ont les clichés faits avec certaines

sortes de gélatine; 3“ enfin il donne une grande dureté à la gélatine, qualité précieuse pour les tiragés.

Un dernier lavage termine les opérations; il ne reste plus qu’à laisser sécher à l’ombre et à l’abri de la poussière.

8" Transport des clichés.

Nous ne dirons que peu de mots sur le décollement des clichés à la gélatine. Cette question, que nous avons traitée depuis longtemps, est toujours à peu près la même. Elle se résume en ceci : isoler le cliché de son support, soit par une couche sous-jacente, soit par un enduit, soit enfin par des frictions à la cire ou au talc.

Pour les émulsions par le collodion, le polissage au talc remplit parfaitement les conditions; pour les émulsions par la gélatine, il est nécessaire, après ce polissage, de collodionner les glaces :

Alcool

Éther 5o”

Coton 2®'' à 3=''

Passer les glaces, au fur et à mesure de leur préparation, dans une cuvette d’eau, jusqu’à complète disparition de traces graisseuses, puis les laisser sécher et les conserver pour l’usage. Nous conseillons de vernir les bords des glaces, avant de collodionner, avec du caoutchouc dissous dans la benzine. Les glaces sont recouvertes d’émulsion à la manière ordinaire, en se servant d’un pinceau pour en faciliter l’extension sans rayer la couche de collodion. Il n’y a aucune précaution à prendre pour la suite des opérations. Le cliché.

terminé et séché, sera de nouveau recouvert de collodion additionné d’un peu de glycérine. Si cette couche de collodion était insuffisante pour obtenir l’épaisseur désirée, on pourrait la recouvrir d’une autre couche de gélatine :

Eau I oo'°

Gélatine 20=''

Glycérine 2'"“

.Mais il faut toujours terminer par une couche tle collodion.

Le tout étant parfaitement sec, on coupera les bords du cliché, cpii se détachera sans difficulté.

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