‹ Photographie rationnelle. Traité complet théorique et pratique. Applications diverses. Précédé de l'histoire de la photographie et suivi d'éléments de chimie appliquée à cet artChapitre 1 sur 83 · CHEZ L'AUTEUR, RUE DE LANCRY · texte numérisé non relu

CHEZ L'AUTEUR, RUE DE LANCRY

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ASTOR, L6NOX AND TILDtN FOUrt DATIONS.

Le Prix courant des appareils et des produits chimiques est avant la table des matières.— S'assurer s'il n'en a point été détaché.

t II en est, de la photographie comme de la plupart des sciences naturelles, dont le développement pro^àsïf eët £ ?api<Jç e,l si sbifteuti depuis un demi-siècle, qu'en 'Quelques années : ûl Traité, parfaitement h hauteur des connaissances acquises au moment dô'fca: publication, peut être déjà vieux et insuffisant. C'est à la fois l'inconvénient et la g4cïrô A% ce» $çfeit6es qui ont le privilège de pa^kmaér l'espoir, humain, soit par les jouissances intimes qu'il en peut recevoir, soit par les résultats qu'il en obtient. Or, la photographie est identiquement dans les mômes conditions. L'éclat de son passé, la splendeur à laquelle elle est parvenue ne sont peut-être que l'aube de sa gloire future, et l'esprit qui veut en suivre tous les développements doit toujours être en haleine, et se tenir au courant de toutes ses évolutions. » {Compendium, préface.)

Après sept publications successives, consacrées à l'enseignement théorique et pratique de la photographie, nous croyons être en mesure de faire une expo-

sition plus complète du plan que nous avons adopté, de la méthode que nous avons suivie et des obligations que nous nous sommes imposées.

Nous ne nous préoccupons pas plus du blâme des censeurs que des louanges de nos partisans; mais nous tenons à répondre par avance à la critique, qui pourrait nous être faite au sujet du silence que nous avons cru devoir garder à l'égard de certains procédés, qui sont autant d'erreurs, et dont l'exposition et la réfutation viendraient inutilement grossir un ouvrage assez volumineux, et assez compliqué par la nature même de son objet. . . .

Nou^nvO^.I^Sôns Vft;*dQVt)tr de mentionner, et même de faire valorp.feos î^îMêcléa sérieux, les innovations salutaires, m£té .tfdiis.ÏQ Voulons pas nous faire l'écho des aberrat'tbijè: e t 'des "^ècès d'utopies photographiques, qui n'ont déjà que trop de prôneurs, plus ou moins intéressés.

S'il est de la plus haute importance de faire connaître et de favoriser les progrès réels de la science, il n'est pas moins important de ne pas se faire, pour ainsi dire, le complice des erreurs les plus dangereuses, en leur prêtant l'appui de sa publicité.

Que d'illusions, que de rêveries n'ont eu quelque consistance qu au moyen d'un journal sans compétence

ou sans équité, ou à l'aide d'un patronage imprudemment accordé!

Une vérité laissée dans l'ombre est une grande perte, sans doute, mais une erreur mise en lumière est une véritable calamité.

Depuis la découverte de la photographie, les journaux spéciaux ont été d'une grande utilité, sans cor-

tredit, par la masse de bonnes idées qu'ils ont mises en circulation; pourquoi faut-il que nous ajoutions qu'ils ont, en quelque sorte, neutralisé ce grand service en répandant des erreurs qui, à force de se répéter, finissent par avoir force de chose jugée, et causent les plus grands préjudices à la science et aux opérateur^!...

Ce que nous venons de dire des journaux spéciaux est encore bien plus applicable à ces livres, qui, sous le nom de méthodes, ne font que ressasser les lieux communs, la routine, et souvent les erreurs les plus déplorables. Ces sortes de compilations, qui se copient réciproquement, sont faites, en général, par des hommes complètement étrangers à ce que nous avons énergiquement-appelé le Cuisine photographique, c'est-à-dire la véritable expérience. Que leur importe à ces écrivains sans titre spécial, sans compétence réelle, de prôner tel procédé plutôt que tel autre, d'entasser des

citations prises presqu'au hasard?... La grande affaire, c'est de multiplier les pages et de tirer au volume. Tant pi3 pour les opérateurs qui ont la naïveté de prendre ces fatras au sérieux l

Nous sommes peut-être le premier (il faut bien que nous ayons le courage de le dire) qui nous soyons fait un cas de conscience de ne faire connaître que des procédés usuels, en les simplifiant et en les complétant, mais surtout après les avoir personnellement vérifiés par notre expérience, et qui nous soyons imposé le devoir de garder le plus profond silence sur les mille recettes empiriques, qui ont découragé tant d'opérateurs à leurs débuts.

Qu'on veuille donc bien ne pas considérer comme une lacune involontaire ou comme un parti pris, notre intention bien arrêtée et bien calculée d'éliminer de cette exposition complète et consciencieuse, tous les procédés qui nous paraissent dangereux ou sans nulle valeur.

Les grands travaux d'éruditions approchent quelquefois du degré de perfection que leur auteur avait d'abord rêvé pour eux, mais ils n'arrivent à cette perfection relative qu'en passant par une série de transformations successives, et chacune de ces transformations* a été constatée par une édition réellement nouvelle. Si

AVANT-PROPOS ,s

vous avez la patience de comparer dans les détails, les diverses éditions d'un même ouvrage, quand cet ouvrage est dû à un esprit consciencieux, vous pourrez en constater peu à peu tous les progrès. La première édition n'était guère, comparée à la dernière, qu'un plan, une esquisse, un jet mrrente calamo, pour s'assurer de ses idées fondamentales; la seconde, un peu trop luxuriante, et riche jusqu'à l'excès de tous les développements nouveaux qu'on a voulu y faire entrer, est, par conséquent, plus complète, mais pleine encore de désordre et de confusion; enfin, à la troisième, un véritable fiât lux brille sur ce chaos; les détails inutiles, les développements superflus sont strictement éliminés; chaque chose est à sa place et dans sa juste mesure; c'est la dernière et la plus haute expression de la pensée de l'auteur. Voilà pourquoi, n'en déplaise aux bibliomanes, les dernières éditions sont les meilleures, à moins, comme il arrive trop souvent de nos jours, que les diverses éditions ne se distinguent que par un tirage de librairie.

C'est ainsi que nous nous sommes modifié d'année en année, et que le travail que nous publions aujourd'hui peut être considéré comme la huitième édition d'un seul et même ouvrage, ayant paru sous des titres différents, et qui reçoit sous la forme actuelle, tout le

ti AVANT-PROPOS

perfectionnement que nous avons pu obtenir d'un labeur assidu et persévérant.

La photographie est devenue une science attrayante, et, grâce à la simplicité de ses procédés, elle tend, de jour en jour, à devenir une science populaire qui, après avoir fait les délices du château, ne tardera pas à devenir la consolation de la chaumière.

Nous sommes trop complètement dévoué au perfectionnement de cet art nouveau, qui sera une des gloires de notre époque, pour rester en arrière de ses progrès. Depuis 1853, nous avons chaque année soumis au public une mélhode, ou plutôt, une édition nouvelle, ayant pour but d'étudier comparativement tous les procédés d'exécution, et de faciliter l'enseignement et la pratique de la photographie, par la publication de nus propres études et de nos . découvertes personnelles. Ces diverses éditions ont obtenu un succès qui nous est le plus sûr garant de leur utilité.

Le lecteur attentif, et surtout le praticien, a pu se * convaincre, en y puisant de bonnes leçons et de bons conseils, que nos écrits étaient dictés par une longue expérience, et que nous n'avons jamais indiqué un procédé qui ne fût parfaitement et facilement praticable, comme nous n'avons jamais recommandé aucune subs-

tance avant d'en avoir reconnu Feflicacilé, par les plus heureux résultats.

De même que la médecine a ses empiriques et ses panacées, la photographie a déjà ses recettes de bonnes femmes, cent fois plus coûteuses que les meilleurs produits, et qui font le désespoir, sinon la ruine, de ceux qui sont assez crédules pour en attendre quelque succès. Nous le répétons, car nous sommes fier de pouvoir le déclarer, sans craindre un démenti, nous n'avons jamais eu la faiblesse, non pas de prôner, mais même de mentionner ces produits fabuleux. Que sont devenus, pour citer quelques exemples, l'encre photographique de Disdéri, Foxy-ethylate d'argent, le papier collodionnésec, etc.?.. Hélas, et Dieu merci! ils ont vécu, ce que vivent les rêves... le temps d'ouvrir les yeux!

Nos premiers travaux en photographie datent déjà d'un peu loin. Le public a su, tout d'abord, les apprécier; il a compris qu'il ne s'agissait pas là d'un ouvrage. purement littéraire, où l'élégance de lu forme aurait pour but de dissimuler la stérilité du fond. Le seul mérite que nous ambitionnons, en effet, sous le rapport du style, c'est une clarté qui préserve nos lecteurs et nos élèves de toute méprise et de toute confusion. Notre but, c'est de leur abréger le temps si pénible des premiers tâtonnements, en mettant à leur

service notre vieille expérience d'observateur. Puissions-nous ainsi, les pousser rapidement dans la voie d'une pratique sûre et rationnelle, et les préserver à tout jamais des pièges du charlatanisme et des illusions des fausses théories!

Si nous avons conservé , dans ce nouveau Traité , quelques anciennes formules, c'est qu'il nous est bien démontré qu'elles sont encore les meilleures. Toute formule rationnelle et éprouvée doit, d'ailleurs, trouver sa place dans un Traité complet. Un pareil titre oblige. Si nous avons donné un grand développement aux parties théoriques et opératoires qui semblent, de prime abord, les moins intéressantes, c'est que nous avons reconnu qu'elles n'étaient pas moins importantes que les considérations générales dans la connaissance complète et intégrale de la photographie.

Nous avons évité soigneusement les digressions, toujours inutiles et souvent pernicieuses dans un ouvrage purement didactique. Les digressions détournent l'attention du lecteur, qui a besoin de la concentrer exclusivement sur les préceptes de renseignement; elles rompent, en quelque sorte, la trame et la chaîne des leçons , et font perdre de vue ces transitions progressives, par lesquelles le professeur arrive naturellement et sûrement au but qu'il veut atteindre.

Au moment de terminer cet avant-propos, il nous vient comme un remords de tenir nos lecteurs si longtemps dans l'antichambre, pour ainsi dire, de ce nouveau Traité. Ce n'est pourtant pas faute d'avoir le désir de l'introduire le plus promptement possible dans le fond même de notre pensée. Nous savons , d'ailleurs, qu'en général on lit peu les préfaces, que l'on considère volontiers comme un hors-d'œuvre. Et cependant., c'est bien souvent dans la préface d'un ouvrage que l'auteur a déposé la plus intime expression de sa volonté; c'est là qu'il parle plus directement, plus personnellement à ses lecteurs, et que, comme dans certains post-scriptum, on peut mieux connaître ses véritables intentions. Il faut bien, du reste, qu'avant d'entrer tout à fait en matière, nous répondions à certaines attaques qui, pour être énoncées d'une manière vague et générale, ne doivent pourtant pas rester sans réplique. Si , à propos de nos formules L , nous avons parlé de nos travaux photographiques; si, à propos de substances garanties, nous avons recommandé notre propre maison, nous avons pu le faire en toute conscience, et dire, avec plus de raison qu'on ne l'avait dit de l'ancienne charte, que notre programme est une vérité. Il serait donc souverainement injuste de nous appliquer ces paroles sévères d'un traducteur émi-

IU AVANT-PKOPOS

nent, à propos des Traités de photographie publiés jusqu'à ce jour (1857) :

« Ces Traités, dit-il, ont été écrits seulement au point de vue de la spéculation , sans aucun souci du progrés de l'art; les uns ont pour but évident de servir d'annonces, de prospectus et de réclame à telle ou telle maison recommandée... etc., etc. »

Nous repoussons également , en ce qui nous concerne , et tout en reconnaissant la justesse de cette critiqué par rapport à certains faiseurs , nous protestons, pour notre compte, contre la noie suivante :

t Les publicistes, ajoute le même auteur, qui écrivent à ce point de vue, manquent, du reste, complètement leur but. Le lecteur se tient naturellement en garde contre celui qui lui recommande invariablement, à toutes les pages, la même maison, qu'il s'agisse d'appareils optiques, de produits chimiques, ou des autres accessoires de la photographie, comme si l'on pouvait être habile opticien, fabricant de produits chimiques, de plaques, de glaces, de papiers, etc..

> D'un autre côté, les auteurs consciencieux, dans la crainte de passer pour des prôneurs complaisants, hésitent à prononcer aucun nom dans leurs ouvrages. II en résulte que des maisons, véritablement recommandâmes, perdent le bénéfice de la publicité conscien-

cieuse à laquelle elles auraient droit, et le pauvre photographe reste livré à tous les hasards d'une spéculation peu scrupuleuse. >

Cela est fort bien dit, mais heureusement pour le pauvre pfiotographe que l'auteur de cette philippique n'a pas poussé son rigorisme jusqu'à se priver de recommander lui-même une maison d'optique, trèsrecommandable d'ailleurs.

« Le fabricateur souverain, a bien dit la^Fontaine, nous créa besaciers tous de même manière. »

De plus, notre auteur n'a pas l'air de se douter, qu'avec la meilleure intention du monde, il peut avoir commis une très-grande injustice, au double détriment de telle maison, qui ne mérite nullement son anathème, et du pauvre photographe, dont il prend si haut les intérêts, tout en le jetant dans la plus pénible incertitude.

Et pourquoi, je vous le demande, nous bornerionsnous à recommander une maison exclusivement, pour un seul produit, si une maison, d'ailleurs recommandable, a fait de l'ensemble même de toutes les fournitures nécessaires à l'art photographique, une véritable et nouvelle spécialité? Et si le chef de cette maison, habile photographe avant tout, veut consacrer son expérience à essayer les objectifs et les produits chimiques pour en faciliter l'emploi, et cela en dehors de

tout intérêt personnel, où sera Pinçon vénient? Ne serait-ce pas rendre un véritable service à tous les opérateurs que de faire en sorte qu'aucun produit, comme aucun instrument , n'arrive entre leurs mains avant devoir été préalablement essayé, et, partant, garanti?

Messieurs tels et tels sont des opticiens du plus grand mérite, nous le voulons bien; mais ces messieurs ne fabriquent pas eux-mêmes leurs objectifs, ils les font faire; et, les feraient-ils eux-mêmes, qu'il arriverait toujours que sur vingt objectifs, un seul peut-être posséderait toutes les qualités qu'il doit avoir, et que ne manqueraient pourtant pas, de leur attribuer, leurs auteurs ou leurs simples propriétaires. Le commerce ne connaît qu'une seule chose : l'écoulement des produits en magasin. Nous ne savons que trop ce qui arrive en pareil cas. Les objectifs sont cotés et vendus, non pas en raison de leur valeur réelle et de leur supériorité relative, qui reste à l'état de problème, mais tout simplement, suivant le diamètre de leur lentille. Quant à l'acquéreur, au pauvre photographe , qui donc s'en occupe? Ou il a acquis son objectif par l'entremise d'un commissionnaire, qui, lui-mê r Jie, l'a pris en aveugle, ou il l'a acheté directement et de première main. S'il l'a d'abord essayé avant de conclure le marché, à la bonne heure, il ne pourra s'en

AVANT-PROPOS i;i

prendre qu'à lui-même s'il ne possède pas toutes les qualités requises; mais s'il a dû, comme cela arrive presque toujours, Tacheter de confiance, comment peutil savoir à priori que son objectif ne lui ménage pas les plus amères déceptions?

Or, la plupart des maisons de Paris refusent formellement l'épreuve de l'essai préalable, et elles ont peutêtre raison : un bon objectif est, du reste, un peu plus le fait du hasard que de l'expérience ou de l'habileté; le plus savant constructeur n'est souvent pas plus heureux que le plus humble lunetier, et les objectifs de ce dernier ont au moins cet avantage sur ceux des maisons les plus recommandables , que, comme il est plus modeste, il ne trouve pas mauvais qu'on ne les accepte que sous bénéfice d'inventaire. Les objectifs une fois reconnus bons, qu'importe, je vous prie, eur plus ou moins glorieuse paternité?... On trouverait aujourd'hui, dans les laboratoires, plus d'un objectif sans nom qu'avoueraient bien volontiers les plus célèbres opticiens. En définitive, chaque opticien a sa clientèle, et ses prôneurs, qui ne jurent que par lui, et il serait assez curieux de pouvoir mettre en regard de ces thuriféraires les noms des clients qui ont les meilleures raisons du monde pour être d'un avis contraire.

I i AVANT-PROPOS

Avons-nous besoin d'indiquer que tout ce que nous venons de dire à propos d'optique n'est pas moins vrai des produits et des divers instruments employés dans l'art photographique? Est-ce que Pébéniste qui façonne un instrument est compétent pour juger de la longueur voulue du foyer de l'objectif qui doit être adapté à la chambre, de la disposition des châssis?... Est-ce que le chimiste a essayé le coton soluble, le collodion ou le nitrate d'argent?... Il est facile de pressentir la conclusion de ce raisonnement : c'est que nul marchand ou fabricant, s'il n'est lui-même opérateur habile, ne peut fournir à un autre opérateur les substances qui lui sont nécessaires, sans s'exposer, et de la meilleure foi du monde, à faire subir au pauvre photographe les plus fâcheuses mésaventures et les plus cruels désappointements.

En suivant ainsi pas à pas notre trop scrupuleux auteur, nous arriverions à un étrange résultat.Voyez-vous ce pauvre photographe qui, pour ne plus être livré à tous les hasards d'une spéculation peu scrupuleuse, prend la résolution de s'adresser dorénavant à une spécialité, comme on dit dans le commerce, pour chacun des objets dont il peut avoir besoin? Ce serait bien le cas de dire que le remède serait pire que le mal, car la spéculation peu scrnptdeuse, qu'il aurait voulu éviter, se

trouverait multipliée par le nombre même des spécialités auxquelles il aurait eu recours. Celle-ci lui fournirait des glaces trop grandes pour ses châssis, celle-là lui enverrait une chambre noire trop courte pour le foyer de son objectif; Tune lui expédierait des passepartout sans rapport avec la dimension de ses cadres, tandis que l'autre, ayant la spécialité des objectifs garantis, l'obligerait à en changer dix fois peut-être avant de se résigner, de guerre lasse, à en garder un qui ne vaudrait pas mieux que les précédents, tout en ayant coûté le double de son prix vénal par les frais indéfinis d'envois et de renvois. Ajoutez à tous ces agréments, les nombreuses lettres de réclamation qu'il lui faudra écrire, le temps perdu à attendre le bon vouloir des fournisseurs, la dilliculié excessive de se procurer les plus utiles renseignements, et ditesnous s'il n'eût pas mieux valu pour lui s'adresser, tout d'abord, à cette maison recommandée invariablement à toutes les pages, qu'il s'agisse d'appareils optiques, de produits chimiques, ou d'accessoires de photographie ?..

Et, si cette maison est dirigée par un homme qui, sans être opticien, connaît parfaitement la valeur des lentilles; qui, sans être chimiste ex-professo, sait préparer les produits et juger les substances, en

même temps qu'il peut monter, agencer et ajuster, répondre à toutes les questions et aplanir toutes les difficultés, cette maison n'est-elle pas dans les meilleures conditions possibles pour rendre les plus grands services au monde photographique?..

Nous l'avons dit, et nous le répétons : nul ne peut répondre pleinement aux besoins d'un photographe, qu'à la condition expresse qu'il sera photographe luimôme, et assez expérimenté pour pouvoir signaler les écueils et aplanir la route. Ce qui a empêché jusqu'ici de comprendre cette idée si simple, c'est qu'on ne se représente nullement les qualités nécessaires au photographe. Pour la plupart des personnes étrangères à notre art, la photographie se borne à manœuvrer quelques appareils, et à faire usage des produits chimiques tels que le commerce les livre. Or, ces personnes-là, il faut bien le dire, se trompent grandement. La photographie exige, de la part de ceux qui veulent s'y livrer dans toute son étendue, un sens droit, un grand esprit d'observation, et une somme de connaissances scientifiques relativement assez considérable. Agir empiriquement, passivement, sans se rendre compte de ses opérations , sans avoir , pour ainsi dire, conscience de ses actes, c'est se condamner à rouler sans fin dans un cercle vicieux, et à n'aboutir

qu'aux plus tristes résultats. Il n'est presque pas de science à laquelle le photographe ne soit obligé d'emprunter des lumières et de précieuses indications. Or, si, dans les premiers temps surtout, il n'a pas sous la main un livre spécial, un guide sévère, qui lui indique tous les écueils; si, même dans ces jours néfastes où rien ne semble pouvoir réussir, sans qu'on puisse constater la cause de cette mauvaise fortune, il ne peut s'adresser à cet homme à la fois spécial, consciencieux et complet dans sa compétence, comme dans son expérience, qui lui rende pleine et entière raison de cet insuccès, et sache remédier à tous les inconvénients, ce sera bien en vain que ce pauvre photographe, comme un malade qui change d'oreiller, changera ses fournisseurs, eût-il fait choix, d'ailleurs, des maisons les plus spéciales et les plus recommandables.

Il ne suffit pas d'être chimiste pour se faire une idée nette des conditions particulières dans lesquelles doivent être produites et maintenues les substances deslinôesà la photographie. Le pharmacien qui prend ses produits chimiques, chez le droguiste ou chez le fabricant spécial de ces divers produits, s'inquiète assez peu de savoir si la même balance et le même papier ont servi à peser, tour k tour, du cyanure, de l'azotate d'argent, de l'hyposulfite et de l'acide pyrogal-

lique, etc., etc.; mais si ce même pharmacien veut faire des expériences photographiques, il comprend bien vite que ces substances réclament une propreté toute particulière, et entre dix maisons qui lui offrent le même genre de marchandises, d'ailleurs parfait, il choisira celle où les employés eux-mêmes étant des photographes, ont préparé les produits nécessaires à leur art, avec tout le soin, toute la propreté désirable, comme le peuvent faire seuls de vrais praticiens.

Nous espérons qu'on nous a bien compris. Nous en avons trop dit peut-être, mais il était de notre devoir de faire justice de ces insinuations, d'autant plus dangereuses, pour ne pas dire perfides, qu'elles se produisent sous la forme d'une satire faite en vue de l'intérêt général des photographes. Cette critique, si anodine en apparence, et qui ne semble que le conseil du plus simple bon sens, ne tend pourtant à rien moins qu'à déconsidérer des hommes qui, depuis dix ans, travaillent sans relâche à développer et à perfectionner le grand art de la photographie, et à les faire déchoir du rang qu'ils occupent si légitimement dans le monde des opérateurs.

Qu'il nous soit permis en terminant ce trop long avant-propos* qui a presque pris les proportions d'une

AVANT- PROPOS \<i

défense, qu'il nous soit permis d'interpeller nos lecteurs et de leur dire :

« Voulez-vous profiter de ces études, et que notre livre vous soit fructueux ? ayez, avec la volonté ferme de réussir, avec l'amour du travail et toute la patience * nécessaire, ayez confiance dans l'auteur, et croyez à son dévouement comme à son expérience. » Cette confiance que nous ambitionnons, nous savons qu'il ne suffit pas de la mériter pour l'obtenir, et qu'une fois obtenue, pour conserver celte précieuse conquête, il faut encore savoir lutter!

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DE

La photographie est l'art de fixer, au moyen de In lumière (phos, graphein), le dessin tracé par l'objectif dans la chambre noire. J.-B. Porta est considéré généralement comme l'auteur de cet appareil; c'est à lui, du moins, que l'on doit de connaître la formation des images dans la chambre noire, en excluant toute lumière, ù l'exception des quelques rayons directs pénétrant par une très-petite ouverture, et venant former une image vive a une certaine distance du point d'en-

trée. En 1765, Scheele découvrit que la lune d'argent cornée des anciens alchimistes, le chlorure d'argent des chimistes modernes, avait la propriété de noircir à la lumière. Cette découverte contenait en germe toute la photographie. Dans ses recherches sur la source de cette admirable découverte, François Arago pense que c'est à Fabrius, célèbre médecin du xvi e siècle, qu'il faut attribuer la découverte, en 1566,. de la propriété photographique des sels d'argent.

Toutefois, la photographie ne date guère que de la fin du xvni e siècle, alors que Charles, célèbre expérimentateur, s'avisa, dans les salles du Conservatoire de Paris, de produire des silhouettes sur du papier lavé au nitrate d'argent, en l'exposant à la lumière dans les conditions voulues pour qu'il s'y produisît des images.

En 1802, l'illustre Davy publia, en commun avec M. Wedgewood, la note si curieuse qui a pour titre : Description d'un procédé pour copier des peintures sur verre et pour faire des silhouettes, par l'action de la lumière sur le nitrate d'argent; note où l'on rencontre ce passage mémorable : « On a essayé aussi de copier des paysages avec la lumière de la chambre obscure..., elle est trop faible; mais on peut, à l'aide du microscope, faire copier sans difficulté, sur du papier préparé, Iôs images des objets. •

d by GoéQie

En J 803, le docteur Thomas Young faisait des expériences de photographie, lorsqu'il étudiait et déterminait la position et la largeur des bandes ou des «agneaux d'interférence des rayons invisibles, comme l'ont fait, cinquante ans plus tard, M. E. Becquerel, M. Crokes, Stockes, etc.

Malgré tous ces essais, la photographie ne commença à vivre réellement et à prendre corps qu'an 4827 (4),

(1) M. Lejnaître, le premier collaborateur de l'illustre Niepce , bien connu de nos lecteurs par son habileté comme graveur, a bien voulu nous communiquer et mettre à notre disposition, une note trèsintéressante sur les premiers temps de l'héliographie ; nous l'ayons isolëc'à dessein, nos lecteurs nous en sauront gré.

^es premiers travaux de Joseph- Ni céphore Niepce sur la gravure héliographique remontent à Tannée 1813.

En 1822, Niepce obtenait déjà sur l'étain poli ou sur le verre, des copies fidèles de gravures, à l'aide d'un vernis bitumineux fait avec du bitume de Judée dissous dans l'essence de lavande et appliqué /sur une plaque, au moyen d'un tampon de peau. La plaque ainsi préparée était soumise aux impressions du fluide lumineux ; mais, môme après y avoir été exposée assez de temps pour que l'effet eût lieu^ rien n'indiquait qu'il existât réellement unje image sur la plaque, car l'empreinte était invisible, et pour la faire paraître il fallait la dégager. Niepce y parvenait au moyen d'un dissolvant composé d'une partie en volume d'huile essentielle de lavande sur dix parties d'huile de pétrole. Ce dissolvant servait à enlever les parties du vernis qui n'avaient d&s été influencées par la lumière, c'est-à-dire celles qui correspondaient au noir de la gravure, tout en respectant les points salariés.

En 1824, Niepce parvint définitivement à fixer sur des écrans préparés, les images de la chambre noire , quoiqu'il lui fallût alors

lorsque Joseph- iNicéphore Niepce parvint définitivement à développer, sur des écrans métalliques, préparés au bitume de Judée, les images de la chambre noire, « que l'essence de lavande faisait apparaître et fixait. Le

traité, signé le 14 décembre 1829 entre Niepce et Da-

des journées entières de pose , le problème iTeu était pas moins résolu.

Les dessins qu'il obtenait sur métal lui parurent propres à servir d'esquisse aux graveurs. Il voulut en faire lui-même l'expérience, et, bien qu'il ignorât les procédas de la gravure, les résultats qu'il obtint lui semblèrent assez satisfaisants pour qu'il se décidât à consulter un graveur sur le parti qu'on en pouvait tirer. Ce fut alors qu'il entra en correspondance avec M. Lemaitre. La première des lettres qu'il lui adressa porte la date du 17 janvier 1827, la dernière est du 25 octobre 1829.

Comme Niepce confiait à M. Lemaitre, en échange des conseils qu'il en avait reçus, les résultats des travaux qu'il ne cessait de continuer, on peut suivre dans sa correspondance la marche progressive de sa découverte.

On le voit quittant l'étain pour le cuivre, puis revenant au premier métal, dont la blancheur lui semblait plus convenable, puis, enfin, il se décide à employer le doublé d'argent *, dont on se sert encore aujourd'hui.

En février 1827, il chargea M. Lemaitre de faire tirer quelques épreuves d'une planche d'étain gravée par son procédé héliographique, d'après une gravure de Briot, qui représente le portrait de Georges d'Amboise; M. LemalLrc possède encore une épreuve de cette gravure.

Dans le ffost-scriptum d'une des premières lettres de Niepce, se trouve indiquée l'origine de ses relations avec Daguerre.

* L'emploi du doublé d'argent fut suggéré à Niepce par M. Lemaitre.

HISïOlKfc: DE LA PHOTOGRAPHIE i5

guerre, qui dit expressément que leur association a pour but le perfectionnement de la découverte faite par Niepce, est formulé en ces termes : * Fixer par un moyen nouveau, sans avoir recours au dessinateur, les vues qu'offre la nature ; ce nouveau moyen consiste dans la reproduction spontanée des images reçues dans la chambre noire : de nombreux essais constatent la découverte. » Ce même traité prouve jusqu'à l'évidence qu'à cette époque, Daguerre ne possédait et ne donnait à la société que le principe

<« Connaissez-vous, dit-il à M. Lemattre, un des inventeurs du Diorama, M. Daguerre ? Voici pourquoi je vous fais cette question. Ce monsieur ayant été informé, je ne sais comment, de l'objet de mes recherches, m'écrivit l'an passé (1826), dans le courant de janvier, pour me faire savoir qu'il s'occupait du même objet, et pour me demander si j'avais été plus heureux que lui dans mes résultats. Cependant, à l'en croire, il en aurait obtenu d'étonnants, et, malgré cela, il me priait de lui dire d'abord si je croyais la chose possible. Je ne voua dissimulerai pas. Monsieur, qu'une pareille incohérence d'idées eut lieu de me surprendre, pour ne rien dire de plus. J'en fus d'autant plus discret et réservé dans mes expressions, et toutefois je lui répondis d'une manière assez honnête pour provoquer de sa part une réponse. Je ne la reçois qu'aujourd'hui, c'est-à-dire après un intervalle de plus d'un an, et il ne l'adresse uniquement pour savoir où j'en suis et pour me prier de lui envoyer une épreuve.

Un traité fut passé entre Niepce et Daguerre le la décembre

Ce fut seulement le 7 janvier 1839 que Daguerre présenta à l'Académie sou procédé, qui consiste à fixer sur plaqué d'argent les images qui se forment au foyer d'une chambre noire.

sur lequel repose le perfectionnement qu'il a apporté à la ôhambre noire.

h$ photographie eut enfin sa réalisation complète Je 1 er décembre 1837, quand Daguerre eut résolu Je magnifique problème de la fixation des images formées au foyer des leattyles(i), et arraché à Niepce fils ce cri d'admiration : « Quelle fiiffêreRce enfre le procédé que vous employez et celui avec lequel je travaille; tandis <p'i| me fallait presque une jourpée pour foire xwç épreuve, il vous faut quatre minutes! quel avantage énormel » Aussi cette admirable découverte de l'emploi de l'iode et de l'influence qu'excercent les vapeurs du mercure pour faire apparaître l'image latente, découverte qui constitue le procédé complet, amena U cause'du nouveau traité signé entre M. Daguerre et M. Niepce fils : « Le procédé inventé par JoseplirNiaéphore Niepce... et perfectionné par M Louis-Jacques Mandé- Daguerre portera le nom seul de Daguerre t* Le pionde entier a cru ainsi (jue Daguerre avait le premier reproduit spontanément, par l'action de la

(1) Une des premières épreuves obtenues fut déposée aux archives de l'Institut, afin de constater ta priorité de la France dans une invention que l'Angleterre essayait de lui disputer, lorsque ses procédés étaient encore un secret pour tout le monde.

lumière avec les dégradations de ton qui vont du blanc au noir, les images de la chambre noire.

Niepce avait créé la photographie proprement dite ;

Daguerre venait d'en découvrir une application.

Première Branche

MGUERRÉOTYPIE

ou

Peu de découvertes ont produit une aussi vive sensation que ceile de la daguerréotypie. A aucune époque les amis de la science et du merveilleux ne manifestèrent une aussi vive curiosité qu'à l'occasion de ces étonnantes révélations. Les brillants rapports faits devant les deux Chambres par Arago et Gay-Lussac n'étaient pas de nature à refroidir ces vifs sentiments d'enthousiasme et de curiosité : aussi, le palais de l'Institut fut-il envahi par une foule immense, le 19

août 1839, jour où les procédés de Daguerre furent enfin divulgués.

Sur la demande du savant secrétaire de l'Académie, une pension annuelle et viagère de 6,000 francs fut accordée à Daguerre.

Nxéphore Niepce était mort avant la publication de la belle découverte à laquelle Daguerre venait de donner son nom. Sur les mêmes conclusions du rapporteur, une pension annuelle et viagère de 4,000 fr. fut accordée à Niepce fils pour la cession du procédé servant à fixer les images de la chambre noire.

Si la découverte de la photographie appartient incontestablement à Nicéphore Niepce, si l'histoire a gravé son nom sur ses teWes éternelles, le nom de Daguerre a mérité aussi sa place à côté de celui de ce grand homme, et aura sa part de gloire et d'immortalité.

Par un sentiment de reconnaissance eflVere Daguerre, ses contemporains ont donné le nom de daguerréotypie à l'ensemble des moyens employés pottr obtenir) sur du plaqué, un dessin par la lumière; c'est une justice qu'ôn lui a rendue.

Niepce avait employé les plaques d'étaitt ou d'argent, le bitume de Judée, l'essence de tevande : Daguerre remplaça par l'iode la substance bitumi-

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nétise, et employa le mercure comme agent révélateur.

Il résolut ainsi le problème de la formation des images dans un temps relativement très-court; il découvrit seul et mit en pratique, le premier, cette série d'opérations si remarquables qui constituent le procédé auquel on a donné son nom.

Tombé dans le domaine public, le procédé de Da* guerre devait faire de rapides progrès, et bientôt se succédèrent sans relâche, les motifications de tous genres apportées aux appareils, à la partie optique, à la partie chimique et aux manipulations de la daguerréotypie. M. le baron Séguier et M. Buron furent les premiers à modifier l'appareil et à le rendre plus transportable» MM. Soleil, Buron* etc., proposèrent la glace parallèle pour redresser les images de la chambre noire. M. Cauche apporta sou ingénieux prisme achromatique pour atteindre le même but avec Une moindre perte de lumière. Enûn, MM. Breton* Girard, Seguier, Foucault, Daguerre, etc., modifièrent si vite et si ingénieusement les appareils et les manipula* tions, que la daguerréotypie devint bientôt accessible à tout le monde.

L'année de la découverte était fermée et, malgré les nombreux perfectionnements qu'il avait subis depuis sa naissance, le procédé de Daguérre était encore bien

incomplet. C'est à M. H. Fizeau qu'appartient la gloire d'avoir apporté à cet art naissant le complément indispensable.

Le 13 mars 1840, cet habile physicien présenta à l'Académie des sciences les premières images photographiques fixées et rehaussées de ton : le 10 août 1840, il fit connaître son procédé si ingénieux, qui consiste dans l'emploi à chaud du chlorure d'or. Placer les images daguerricnnes, si fugitives, sous l'égide brillante du plus inoxydable des métaux, c'était un pas immense.

Le 1 er mars 1841, M. Fizeau montra encore une contre-épreuve en cuivre, d'une image daguerrienne obtenue par la galvanoplastie. Le 24 mai suivant, il produisait une épreuve métallique du moule formé par l'image sur plaque.

Ces expériences tenaient du prodige.

Le 7 juin 1841, M. Claudet découvrit la première en date de toutes les substances accélératrices ; il obtint par ce moyen des portraits en quinze ou vingt secondes. C'était, ayee le fixage au chlorure d'or, le complément de la découverte de Daguerre.

Le 21 janvier 1842, M. Fizeau proposa, comme agent accélérateur, une dissolution très-étendue de brome dans l'eau, ou /Va?/ brôrnée titrée. La durée de la pose,

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avec la chambre obscure de Daguerre, fut ainsi réduite à un quart de minute. On vit paraître ensuite tour à tour la liqueur accélératrice de Reizer, la liqueur hongroise, etc.; enfin, en 1845, le bromure de chaux de M. Bingham, le double iodage de M. Laborde, improprement qualifié de procédé américain, le chlorobromure de chaux de M. le baron Gros, etc. M. Donné publia, le 15 juin 1840, le premier procédé de gravure des images photographiques sur métal ; quelques mois plus tard, M. Fizeau donna une solution meilleure, mais imparfaite encore, de ce difficile problème, poursuivi aussi par MM. Berres et Grove.

Le 7 février 1848, M. Ed. Becquerel obtint la première image photographique colorée du spectre solaire. Le 30 septembre 1850, M Niepce de Saint- Victor perfectionna les procédés de M. Ed. Becquerel et produisit des images colorées, de gravures d'abord, de poupées plus tard. Un Américain, M. Hill, annonça avec fracas, en 1851, qu'il avait découvert le moyen de fixer avec leurs couleurs naturelles toutes les images de la nature ; malheureusement, cette grande découverte n'a abouti qu'à un immense canard.

L'optique pendant ce temps n'était pas restée en arrière, et tandis que les chimistes et les opérateurs entraient plus avant dans la voie du progrès, les physi-

ciens dotaient la photographie d'excellentes lentilles et ne contribuaient pas peu à ses progrès. En 4841 , M. Ettingshausen, professeur de physique à Vienne (Autriche), avec le concours du professeur Petzval, trouvait une formule pour la construction des lentilles accouplées, dites à portrait qui, exécutées par l'opticien Voigtlander, répondirent parfaitement aux prévisions théoriques des deux savants. En France, MM. Lerehours, Buron et d'autres marchaient dans la même voie, et bientôt la daguerréotypie se trouva en possession d'appareils optiques permettant d'obtenir le portrait sans déformations et sans difficultés.

La daguerréotypie, comme les autres branches de la photographie, est basée sur Timpressionnabilité bien connue des iodures d'argent;

Avec cette différence cependant que, dans la photographie sur plaque, l'iodure est avec excès d'iode, tandis que, dans les trois autres modes de photographie, l'iodure est en présence d'un excès de sels d'argent.

Deuxième Branche

TALBOT YPIE

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