POSITIFS
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Nous avons fait connaître, daus les quatre branches de la Photographie, publié en 1854, les expériences de M. Stéphane Geofîray, qui a fait une étude toute particulière du papier, et nous croyons qu'il n'est pas moins utile qu'alors d'attirer l'attention des opérateurs sur cette partie intéressante de notre travail.
Quand on emploiera moins de papier albuminé, on s'occupera sérieusement d'améliorer le papier du commerce qui, si parfaitement fabriqué qu'il soit, laisse encore beaucoup à désirer, au double point de vue de l'encollage, et de la finesse de la pâte.
Le mode de fabrication du papier, indique.suflisam-
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ment ce qui lui manque, pour rehiplir convenablement remploi auquel il est destiné dans la photographie. Son rôle, on le sait, est de la plus haute importance, v On a dit que de la fonte du verre dépendait le progrès de l'astronomie; on peut dire avec autant de vérité, que de la fabrication du papier, dépend le progrès de la photographie.
Les défauts des papiers peuvent résulter soit de leur constitution physique, soit de leur composition chimique. Il sont si variés et les moyens de correction sont si relatifs, que le photographe doit toujours, s'il veut opérer sûrement et sans des frais exagérés, se donner la tâche de remédier lui-même au mal qu'il a reconnu.
Le papier est un véritable feutre végétal, c'est une feuille composée de fibres plus ou moins ténues, enchevêtrées de manière à former une étoffe plus ou moins consistante et solide. Il est donc criblé d'interstices capillaires qui le rendent perméable aux liquides et aux gaz.
Si le feutrage n'est pas très-uniforme dans toutes ses parties, il n'y aura pas alors égalité de profondeur sur toute rétendue de la couche sensible; l'harmonie de l'image deviendra impossible; les valeurs des demiteintes seront faussées.
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Cette condition d'un bon papier, d'être très-également perméable et d'absorber les enduits sensibilisateurs uniformément dans toute sa masse, est difficile à obtenir; car, en supposant que les fabricants veuillent bien un jour employer pour le même papier des chiffons de même nature et de même condition, les machines pourront-elles jamais triturer ceux-ci d'une manière assez parfaite? la pâte sera-t-elle élendue par les rouleaux assez convenablement? le feutrage enfin pourrat-il être jamais assez serré et régulier pour dispenser le photographe de l'emploi de moyens améliorateurs?
Ces moyens ne doivent-ils pas consister d'abord en un encollage nouveau à base de composition chimique identique à celle du papier?
Cet encollage doit former sur la feuille préparée un second papier hérissé, pour ainsi dire, de pointes rentrantes pour tous les interstices de celle-ci.
Il doit encore augmenter la consistance de l'étoffe du papier, pour que celle-ci puisse supporter plus facilement l'action désagrégeante des bains.
Enfin, il doit glacer la feuille de telle sorte qu'elle puisse recevoir mne image d'une finesse satisfaisante.
Les fabricants et les marchands ont pris l'habitude bien fâcheuse pour nous, de faire passer sous des cylindres en fer les papiers, afin d'écraser leurs grains
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et de donner ainsi à des papiers peu fins une très-belle apparence. Il résulte de ce glaçage un étirage du papier et un aplatissement de ses grains, très-pernicieux à notre point de vue. L'agrégation naturelle de la texture est dérangée, d'une part; par suite, l'extension du papier dans les différents bains est fâcheusement irrégulière. D'un autre côté, les grains se trouvent tassés, comprimés de manière à ne pas offrir d'aspérités, il est vrai, mais à faire des papiers qui contractent des défauts plus sensibles, et que ne compensent pas toujours les qualités que lui donne le cylindre.
Les papiers ainsi traités ont surtout besoin d'un second encollage bien composé.
Le collage à la cuve ou dans les piles, qui se fait dans le plus grand nombre des fabriques aujourd'hui, a un inconvénient auquel un nouveau collage peut seul encore remédier.
Quand le papier est fabriqué, il est gratté, épeluché. etc., et à chaque place où cette opération est pratiquée, son pouvoir absorbant est augmenté, au point que les dessinateurs au lavis prennent toujours la précaution, quand ils ont acheté un papier, de l'encoller de nouveau avant de l'employer.
Le collage à la cuve a un autre inconvénient; il exige des colles compliquées de réactifs très-énergi-
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ques, et s'il a l'avantage de mêler à la pâte du papier dans toute sa masse la même composition, il a le désagrément d'y introduire des-corps souvent désastreux.
Dans le collage à la main, la colle ordinairement est simple, c'est de la gélatine faiblement alunée que des fabricants bien attentifs à nos besoins pourraient employer très-pure et très-belle. Après ce collage non plus, le papier ne boit par aucun de ses points (4) .
Le nombre des substances qui, en dehors de la cellulose, de l'amidon qui a une réaction presque identique, photographiquement parlant, de la gélatine dont la présence n'a rien de trop fâcheux, est très-grand, ainsi que celui des autres substances qui peuvent rester dans le papier par accidents ou faute de soins de la part du fabricant ou par nécessité de fabrication, voyons les moyens de les reconnaître pour ensuite les extraire ou les neutraliser, voir même les occuper avantageusement.
Les taches métalliques peuvent s'être introduites dans la pâte du papier pendant le triturage sous l'ac-
(1) Ce n'est pas sans raison qu'on a remarqué que les anciens papiers avaient des qualités supérieures à celles des papiers actuels. Les anciens papiers étaient le plus souvent collés après fabrication, et n'avaient pas subi la pression des cylindres à glacer.
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tien des clous des maillets ou des tranchants des cylindres, par suite de la malpropreté des cuves et des diverses boîtes employées à la manœuvre; elles peuvent s'être formées sur les toiles métalliques, sous les cylindres presseurs ou satineurs; elles peuvent avoir été produites par le dépôt de la poussière des ateliers, etc., etc.
On les reconnaîtra le plus souvent à leur éclat. Quelques-unes cependant sont si bien dissimulées par le glaçage qu'on ne peut pas les reconnaître à l'œil. En effet, elles ne forment pas seulement des points brillants ou de rouille, mais encore de véritables graissages. Il est donc toujours prudentde traiter les papiers, quels qu'ils soient, par un acide bien choisi; des sels se produiront qui pourront être lavés facilement. De plus, l'emploi d'un acide, en nécessitant le bain subséquent d'ammoniaque, permet d'épurer en même temps la feuille de tous les corps gras qui la souillent peutêtre, soit à l'intérieur, soit à la surface. La présence des corps gras dans le papier s'explique facilement par le toucher qu'il subit tant de fois et par le contact des machines (1).
(1) Les taches de fer sont désespérantes sur les positifs; elles constituent des points noirs, isolés, quelquefois aussi des étincelles noires,
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Ce qui précède sur la composition, la fabrication, le collage et les derniers apprêts des papiers du commerce, explique assez la nécessité d'enduire, par des préparations différentes et préalables, les papiers destinés aux travaux photographiques (1).
Nous donnons ci-dessous plusieurs formules normales, qui pourront être modiOées, soit dans la proportion, soit dans le nombre de leurs éléments, ou être
qu'on ne peut enlever sans détruire, soit ia teinte, soit la ligne, sur toute la place avoisinante.
Les taches de cuivre sont moins fâcheuses, parce que leur couleur est toujours plus faible ; on les dissout d'ailleurs plus facilement ; le bain de chlorure d'or acide les atténue souvent au point de les rendre supportables.
Le zinc ne fait pas tache par pointillé, il dérange seulement un peu la vigueur des noirs, et grise quelquefois l'épreuve par places.
Les corps gras dérangent la perméabilité du papier et empêchent l'homogénéité du second collage et l'uniformité de la couche sensible, ils peuvent même influencer chimiquement celle-ci à leur place.
(l) En effet, on comprend que si le papier, avant de recevoir la couche sensible, n'est pas complètement amélioré de manière à remplir toutes les conditions d'un papier photographiquement parfait, l'enduit sensibilisateur le pénétrant subira les conséquences de tous ses défauts : la capillarité de ses interstices, l'irrégularité de ses grains, l'influence des réactifs qu'il contiendra, la force de réduction qui lui est propre, etc., etc. D'une part, l'enduit moulera, en répétant sa forme, le papier, si l'on peut parler ainsi ; d'un autre côté, les substances sensibles seront en contact immédiat avec la matière môme de ce papier.