‹ Photomicrographie en cent tableaux pour projectionChapitre 2 sur 18 · I. — Notions préliminaires · texte numérisé non relu

I. — Notions préliminaires

Le microscope solaire était anciennement une des plus curieuses expériences de physique , il semblait faire faire pénétrer dans des mondes étranges inconnus à la science. Le microscope à gaz oxhydrique nous a également émerveillés par ses représentations des infiniment petits. 11 a été détrôné par le microscope photo-électrique qui atteint des grossissements bien supérieurs.

On projette avec ces instruments des préparations disposées sur verre, et introduites devant le très-petit objectif microscopique qui forme les images. 11 résulte du faible diamètre de ces lentilles et de l'opacité quelquefois très-forte du sujet, que la lumière le pénètre difficilement. L'éclairage étant notablement diminué , ta projection est limitée à un développement très-circonscrit.

En outre tous les objets ne sont pas susceptibles de donner de bonnes images, dans cette projection directe ; les objets non-transparents ou épais se laissent difficilement repré-

Fig. 2. — Lanterne pour les projections à la lumière oxhydrique, montée sur pied mobile et munie du sac à gaz oxygène,

senter. Il faut aassi faire entrer en ligne de compte les altérations inévitables causées par la chaleur que les préparations subissent au foyer des objectifs. Contenues dans des liquides, coilées au baume, ou très -déliquescentes par elles-mêmes, elles sont fatalement brûlées et perdues, si l'exposition dure quelque temps avec une lumière vive.

Ces obstacles sont facilement surmontables par la photomicrographie; l'agrandissement des vrais infiniment petits gagne ainsi énormément. Si pour les objets qui sont incapables de supporter un fort grossissement, on a quelquefois intérêt à les projeter directement, sans avoir recours à la photographie , il est plus prati que d'en

faire d'abord une épreuve destinée à la lanterne. La projection prend alors des dimensions beaucoup plus grandes, puisque l'amplification première est soumise à un second agrandissement. D'ailleurs, l'image que l'on place sous le regard des spectateurs est toujours d'une vérité incontestable, puisque la lumière qui l'a seule traduite ne saurait dénaturer les merveilles de délicatesse des charmantes conceptions et des délieâts travaux de la nalure.

Fig. 3. — Appareil pbotomicrograpbique monté dans un cabinet obscur servant de laboratoire.

On obtient la photographie des sujets infiniment petits en combinant la chambre noire avec le microscope. Cette combinaison se fait de différentes manières, mais la plus simple et la plus pratique est celle qui consiste à adapter un microscope ordinaire inclinant sur la tête d'une cham-

bre noire. On les place tous deux sur une table près d'une fenêtre qui reçoit le soleil pendant une partie notable de la journée. Les rayons solaires sont renvoyés par le miroir de l'instrument à travers l'objectif et la préparation du sujet à reproduire. Le reste des opérations photographiques se fait comme dans les procédés ordinaires. Il faut de toute nécessité choisir des sujets qui puissent faire atteindre^ par leur nature même, une grande perfection de détails, car la lumière ne peut accuser que ce qu'on lui présente; et elle est parfois même assez brutale. Les plus patites défectuosités sont grossies par le microscope et sont irrévocablement fixées sur l'épreuve.

Le négatif d'un objet microscopique agrandi sert à donner un positif sur verre pour la projection à la lanterne. 11 ne peut être lui-même d'aucun usage puisqu'il est le contraire de l'image : ce qui est noir apparaît blanc et ré-

J.ÛJfiARD

Fig. 4. — Microscope inclinant adapté à la chambre noire.

ciproquement ; de plus il est développé dans des conditions qui sont tout à fait impropres à produire la transparence nécessaire. Le positif et le négatif sont cependant intimement dépendants l'un de l'autre. On ne ferait pas un bon positif avec un mauvais négatif.

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Fig. 5. — Prinoipales catégories de préparations microscopiques à l'aide desquelles on obtient les épreuves positives sur verre.

La couche sensible dont on recouvre le verre du positif, destiné à être tiré, consiste en albumine, laquelle, quand elle est sèche, est appliquée deirière le négatif. Ce procédé^ qui exige une certaine habitude de manipulation, est celui qui donne la meilleure transparence. On doit éviter les noirs trop intenses qui empêcheraient la lumière de passer, et favoriser d'autre part les détails délicats qui réclament un fouillé prononcé. Une teinte douce dans l'effet général, avec un fond bistré, est préférable aux contours trop durs. On évite ainsi l'empâtement qui est un grand préjudice à la pureté des projections. Les fonds ont besoin d'être aussi translucides que le verre lui-même.

Quand le positif est terminé, on e recouvre d'un verre mince, protecteur de la couche qui contient l'image; les deux verres sont réunis au moyen d'une bandelette de papier. Le modèle commercialement adopté est le format demi-stéréoscope (0,085 sur 0,100). Au moment de la démonstration, on les introduit dans des châssis en bois pour avoir une plus grande facilité de les manier et plus de sécurité dans leur conservation.

Tous les sujets d'anatomie animale ou végétale ne sont pas également reproductibles pour ê're projetés. L'examen microscopique est très -différent des qualités requises pour la photographie. Une vue imparfaite est quelquefois suffisante pour permettre une bonne interprétation, quand

Fig. 6. — Table de micrographe avec les instruments.

l'attention supplée au défaut de forme. Mais pour offrir une image destinée à être agrandie à la lanterne, l'opérateur se trouve en face de certaines difficultés d'opacité,

de relief des corps, de colorations, qui sont insurmontables. Aussi cette nomenclature explicative, disposée avec une apparence de classification, ne présente que des exemples pris dans des conditions photographiques acceptables; les sujets choisis sous cette obligation n'ont aucune disposition qui soit coordonnée pour un enseignement suivi. Ils ne peuvent pas non plus comporter un grossissement déterminé, puisqu'il est variable suivant 1 eloignement de l'écran et la dimension de l'objectif.

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