II. -—Objets microscopiques d'origine animale
1. Sang humain et sang de Salamandre. — Soumis au microscope, le sang n'est pas ce liquide coloré qui se caille au contact de l'air, il présente une infinité de globules. Quand il est frais, ces corpuscules sont, en quelque sorte, empilés les uns sur les autres ; ce chapele se détache au bout de quelque temps, et ils sont rendu indépendants. Le sang des animaux contient des corpuscules qui sont tantôt sphériques comme ceux-ci, et tantôt affectent des formes différentes. Ainsi une gout du sang de salamandre a été mise à dessia en regard, pour montrer la différence. Ses corpuscules sont allongés, de forme ellipsoïdale, avec une matière amorphe au centre. Le grossissement est le même pour les deux, afin d'établir le rapprochement d'ur.e manière plus appré-
ciable. L'examen microscopique du sang est pour la médecine un précieux diagnostic, permettant d'apprécier la composition normale de ses éléments constitutifs. Pour le préparer, il suffit d'en mettre une goutte sur le porteobjet et de le recouvrir ensuite d'un verre mince après dessiccation.
2. Coupe transversale d'une dent molaire. — On divise la dent en deux parties : la supérieure, qui est le corps ou couronne, et l'inférieure, la racine. Le corps est composé de l'émail qui peut être considéré comme Técorce de la dent par sa situation extérieure. La partie interne est appelée os dentaire; l'émail est d'une composition cristalline prismatique dont la base repose sur l'os dentaire; on regarde l'émail comme étant formé de matières salines, surtout de phosphate calcique et de phosphate magnésique. Cette coupe très-mince est prise à l'endroit où commence la racine ; au centre, la petite perforation dont chacune des branches radicales est pourvue était occupée par une pulpe molle. Autour, la matière osseuse qui forme la dent est composée de radiations analogues aux rayons médullaires dans les végétaux ; l'émail est distinct et enveloppe chaque section comme d'une écorce.
3. Coupe d'un fanon de baleine. — Les bords de l'immense cavité qui constitue la bouche de la baleine renferment des tiges nombreuses, dont la propriété élastique est utilisée fréquemment dans certaines fabrications. Cette coupe présente deux parties distinctes : un faisceau central osseux, rempli de cavités, avec les bords garnis d'un tissu cartilagineux plus épais ; ensuite les bords de la tige qui, de chaque côté, ont la même apparence de
texture homogène. La difficulté photomicrographique, dans ces sections des organes semi-opaques, consiste à
(Coupe d'un fanon do baleine.)
couper le corps en tranches, ni trop épaisses, ni trop minces; dans le premier cas, la lumière ne peut passer et exprime mal le sujet; dans le second, la trop grande diaphanéité dénature le caractère de la structure interne.
4. Tissu épidcrmique de la vessie de grenouille. — La grenouille sert fréquemment dans les études histologiques à cause de la facilité qu'elle offre pour la dissection. Cette
membrane est recouverte de vaisseaux sanguins et de libres qui ne seraient pas mis en évidence d'une manière suffisante, s'ils n'étaient au préalable injectés, soit avec une solution de bleu de Prusse, soit avec du vermillon. Le liquide pénétrant dans les artères capillaires y remplace le sang qui se corromprait rapidement, et agit comme préservatif.
5. Injection de poumon de crapaud. — Même remarque pour la préparation que sur le sujet précédent. Le poumon est enveloppé dans une m mbrane séreuse , la plèvre ; il se compose d'une multitude de petites cellules ou vésicules dans les parois desquelles existe un riche réseau capillaire ; chacune de ces petites vésicules reçoit un conduit aérien ; ces conduits se réunissent en branches de plus en plus grosses, veinées ; ces branches débouchent dans la trachée-artère. La photographie montre sur le fon1 du tissu cellulaire très-ténu le réseau des capillaires.
6. Puceron du poirier (Tingris piri). — C'est ce puceron qui dévore les jeunes fleurs du poirier au printemps. Cet Orthoptère offre un exemple de la disparité des reproductions photomicrographiques. Les ailes sont nettement perceptibles, tandis que le corps n'est accusé que par son contour. La teinte jaunâtre et le peu de transparence, malgré Timbibition prolongée dans l'acide, a produit ce contraste. Les parties plus ténues, telles que les pattes, sont exemptes de cet inconvénient.
7. Larve du puceron du poirier (Tingris piri). — Ces orthoptères ont des métamorphoses incomplètes. Le larve
ne diffère de l'insecte parfait que par l'absence d'ailes. Le corps, beaucoup moins avancé dans son développement, ne présente pas l'inconvénient inhérent à l'insecte parfait, il est plus perméable à la lumière, et les caractères principaux se discernent plus catégoriquement. La tête munie de ses appendices cornus est plus visible que dans le cas précédent.
8. Aile du même puceron. — Ce détail montre l'aile membraneuse avec toutes ses nervures. Quelques endroits offrent des taches noirâfres informes produites par une épaisseur plus forte de la membrane, par conséquent plus colorée en jaune. Quelques ramifications fibreuses indéterminées n'ont pas la netteté des autres; cela provient de la différence de niveau ; les unes ont pu être saisies entièrement dans le plan de l'objectif, les images desautresnesesontpas formées. Remarquez la constitution du réseau fibreux qui sert de charpente à la membrane trop translucide pour être vue à travers ces interstices : quoiqu'irrégulier , il offre à la bordure une certaine symétrie dans sa disposition ; le reste est subordonné aux exigences de la ramification avec les nervures principales.
9. Thrips des fleurs. — Insecte remarquable par le peu d'importance de ses ailes, peu en rapport avec son corps, et Texiguité de ses pattes. On voit franchement accusées les antennes et les mandibules, quoique l'opacité du corps et du thorax soit un obstacle à la perception distincte de l'intérieur.