‹ Physicale socialeChapitre 113 sur 151 · SURES, NATS, NEMENT. AUX, | M ET FAUX TION · texte numérisé non relu

SURES, NATS, NEMENT. AUX, | M ET FAUX TION

Moins delGans| 0,4 0,1 0,1 0,2 0,1 0,5 0,1 0,1 16 à 21 ans .| 16,0 14,1 10,9 7:9 6,0 3,4 3,8 4,6

DU à 925 — | 18,4 | 44,3 | 13,5 | 15,3 | 14,2 9,5 | 10,1 9,1 25 a 30 — | 44,7 | 12,6 | 20,1 | 16,9 | 14,4 | 13,9 | 14,8 8,8 so SU us 2 nn uer husothasst lise" bus lAro 35 à 40 — | 10,7 8,8 | 11,8 | 11,1 | 10,8 | 41,3 | 12,8 | 41,7 40 à 45 — 6,6 7,5 6,8 8,3 9,7 | 13,0 | 11,5 | 110 45 à 50 — 6,4 64 6,5 7,3 9,7 | 410,0 0x 551— 4,5 4,1 4,7 5,8 7,6 9,3 55 à 60 — 5,1 4,4 5,3 4,5 5,5 8,3 | 60ù 65 — 2,6 4,8 2,9 4,0 5,4 6,9 65 à 70 — 1,8 5,2 1,6 3,0 3,9 5,4 70 à 80 — 1,2 |.45 0,8 1,7 5,0 3,8 80 etau-dessus! 0,4 2,1 0,5 0,6 1,4 »

Totaux.| 100,0 | 100,0 | 100,0 | 100,0 | 100,0 | 100,0 |100,0 | 100,0

Huit espèces de crimes sont spécifiées dans ce tableau ; ces crimes se succèdent dans l’ordre où ils se manifestent en France, sous le rapport de la précocité. Le penchant au vol se présente en première ligne ; c'est vers l’âge de 28 ans quil se développe avec le plus d'intensité, puis il di- minue progressivementjusqu'aux dernières limites de la vie.

La tendance au viol est également un des penchants criminels qui sont des premiers à se développer dans toute leur intensité; le maximum se manifeste même dès l’âge de 22 ans. Ce crime présente cette circonstance toute particulière, mais qui s'explique cependant : après avoir diminué, pour la fréquence, jusqu'à l’âge de 50 à 55 ans, il reprend ensuite un nouveau degré d'énergie et passe par-un nouveau maæimum entre 65 et 70 ans.

C'est vers l’âge de 28 ans que l'homme, en France, est le plus porté à se rendre coupable de coups et blessures. Cette époque critique se manifeste avant 27 ans pour les meurtres, et vers 30 pour les assassinats; puis, l'âge amortit graduellement ces tendances, plus rapidement pour les coups et blessures, mais plus lentement pour les assassinats.

Les empoisonnements et les faux de toute espèce semblent être plus particulièrement le partage de l'âge mûr. Pour le premier de ce genre de crimes, on reconnaît deux maxzima, l'un entre 25 et 30 ans, et l’autre entre 40 et 45. Pour les faux, on trouve le maximum entre 35 et 40 ans.

Ces divers résultats, je les avais déduits déjà de l'examen des Comptes généraux de la justice criminelle en France, pour les quatre premières années 1826, 1827, 1828 et 1829 : quinze années d'observations nouvelles n'ont fait que les confirmer (1). Dans le passage suivant, je ne trouve

(1) En parlant de ces résultats, M. Benoiston de Châteauneuf, dans une

aujourd’hui aucune conclusion qui doive être modifiée; je puis seulement fixer d'une manière plus précise les époques critiques de la vie morale de l’homme.

« Ainsi, le penchant au vol, qüi est un des premiers à se manifester, domine, en quelque sorte, toute notre existence ; on serait tenté de le croire inhérent à la faiblesse humaine, qui le suit comme par instinct. Il s'exerce d’abord à la faveur de la confiance qui règne dans l'intérieur des familles, puis se manifeste au dehors et jusque sur les chemins publics, où il finit par recourir à la violence, lorsque déjà l’homme a fait le triste essai de la plénitude de ses forces, en se livrant à tous les genres d'homicides. Ce funeste penchant est moins précoce, cependant, que celui qui, vers l'adolescence, naît avec le feu des passions et les désordres qui l'accompagnent, et qui pousse l'homme au viol et aux attentats à la pudeur, en commençant à chercher ses victimes parmi les êtres dont la faiblesse oppose le moins de résistance. À ces premiers excès des passions, de la cupidité et de la force, se joint bientôt la réflexion qui organise le crime, et l’homme, devenu plus froid, préfère détruire sa victime en recourant à l’assassinat et à l'empoisonnement. Enfin, ses derniers pas dans

Note sur les résultats des comptes de l’administration de la justice criminelle en France, de 1825 à 1839, s'est exprimé ainsi qu'il suit devant l’Académie des sciences morales et politiques : « Je m'arrête et ne veux pas pousser plus loin ces rapprochements, que je pourrais étendre à l’escroquerie, aux outrages aux mœurs, à l'adultère, etc., surtout à l'incendie. D’autres l'ont fait avant moi, et, quoiqu'ils n'aient eu à leur disposition qu'un petit nombre d’années, telle est la constance des éléments qui leur ont servi, que je ne puis, après quatorze ans, que répéter ce qu’ils ont dit pour quatre. » Et, plus loin, le même savant ajoute : « J’avouerai que je n'ai pas vu sans le plus vif sentiment d'intérêt quelques-uns des penchants les plus cachés de l’homme se trahir, chaque année, dans le retour constant, régulier, des mêmes nombres, et quelques simples chiffres mettre à nu le cœur humain. »

la carrière du crime sont marqués par la fausseté qui supplée, en quelque sorte, à la force. C’est vers son déclin que l'homme pervers présente le spectacle le plus hideux ; sa cupidité, que rien ne peut éteindre, se ranime avec plus d'ardeur et prend le masque du faussaire ; s'il use encore du peu de forces que la nature lui a laissées, c'est plutôt pour frapper son ennemi dans l'ombre: enfin, si ses passions dépravées n'ont point été amorties par l’âge, c’est sur de faibles enfants qu'il cherchera de préférence à les assouvir. Ainsi, ses premiers et ses derniers pas dans la carrière du crime sont marqués de la même manière, du moins sous ce dernier rapport ; mais quelle différence! Ce qui était, en quelque sorte, excusable chez le jeune homme, à cause de son inexpérience, de la violence de ses passions et de la ressemblance des âges, devient chez le vieillard le résultat de limmoralité la plus profonde et le comble de la dépravation (1). »

« La carrière du crime, a dit avec raison Benoiston de « Châteauneuf, paraît s'ouvrir vers 15 ans, et ne se ferme « qu'aux portes du tombeau. »

Jusqu'ici nous n'avons pas eu égard à la distinction des sexes, et il serait très-difficile, il faut en convenir, de hasarder à priori des conjectures sur une question aussi délicate. Si dun côté, en effet, la femme est plus précoce que l’homme, de l’autre, sa vie plus retirée, sa faiblesse, ses habitudes plus réservées doivent concourir à la faire entrer plus tard dans la carrière du crime. En consultant l'expérience, nous allons voir, cependant, que cette question se trouve résolue de manière à ne laisser aucun doute, bien que l'époque critique où se présente le

(1) Sur l’homme, etc., ou Essai de physique sociale, l'e édition, t. II, p. 239.

maximum du penchant au crime ne diffère guère entre les deux sexes. Un fait doit nous frapper d'abord, c'est que nous trouvons encore ici la même régularité dans la marche annuelle des nombres.

Pour qu'on puisse établir son jugement d'une manière plus facile, nous avons comparé, pour les hommes, ainsi que pour les femmes, le nombre des accusés de chaque âge à la fraction Correspondante de la population; les résultats sont écrits dans les deuxième et troisième colonnes du tableau qui suit, page 354.

La quatrième colonne donne le rapport de ces mêmes nombres. On y remarquera que le penchant au crime est, en général, quatre à cinq fois plus développé chez l'homme que chez la femme. On conçoit ensuite qu'il existe des crimes plus communs chez un sexe que chez l'autre. Ce n’est pas ici Le lieu de nous livrer à ce genre de recherches, dont je me suis, du reste, déjà occupé dans un autre ouvrage; il suffira de remarquer que, pour la gravité des crimes, l’un des sexes ne le cède point à l’autre. Pour ce qui concerne la fréquence des crimes, l’homme surpasse la femme, surtout vers les deux extrémités de la vie. On trouve aussi un maximum vers l’âge de 80 à 35 ans, il y a même une légère différence qui s'observe pendant toute la période de la plus grande fécondité de la femme.

Le point sur lequel il existe le moins de dissemblance entre les deux sexes, c'est l’âge. L'homme et la femme marchent, en effet, à peu près parallèlement pendant tout le cours de la vie, si l’on à égard au développement de leur penchant au crime; c'est ce que rendent sensible les deux dernières colonnes du tableau, qui ne font que reproduire les valeurs contenues dans les colonnes 2 et 3, en les réduisant proportionnellement de manière que leur somme soit, de part et d'autre, égale à 100.

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