NOMBRE DES ACCUSÉS EN ANGLETERRE
| ol | (EN REPRÉSENTANT PAR 400 LE NOMBRE TOTAL DES ACCUSÉS.) = AGES. | —— S | 1834. | 18355. | 1856. | 1837. | 1838. | 1839 1840. | 1841. 2 42 ans et au- ne Ù dessous. . 1,78 1,07 NU A,8Æ52 S RE 7AR ET7ONS 1279 104;71
12 ans à 16. 9,82] 9,70! 9,71! 9,72} . 9,92! 10,08), 9,80! -9,78] 9,82
Au-dessus de | Oans . . | 1,55] 1,50] 14,40! 1,55! 41,58! 1,55] 1,57| 1,51
Ages inconnus 267H064,911102 0811 4791047811 19:301 2,101 2,01
Totaux. | 100,00! 100,00! 100,00 | 100,00! 400,00! 100,00! 100,00 | 100,00 | 100,00
ar
Le tableau de la page suivante, qui comprend le nombre des accusés pour les quatre années de 1842 à1845, établit des périodes moins longues pour les âges et pourra nous servir, avec les chiffres du recensement de la population anglaise, à déterminer approximativement l’âge du plus grand penchant au crime. Le même tableau contient les
éléments et les résultats du calcul; on voit dans la dernière colonne que c'est de 20 à 25 ans que le penchant au crime est développé avec le plus d'intensité; et, si l'on a égard aux deux chiffres voisins, on pourra fixer cette époque critique, avec plus de précision, vers 21 ou 22 ans. C'est aussi vers cet âge que tombe le maximum pour le genre de crime qui, en France, se manifeste de la manière la plus précoce, c'est-à-dire pour le vol. Or, si l’on considère que les tribunaux anglais n'ont pas la même composition que ceux de France, et qu’ils ont à juger une quantité d’affaires correctionnelles, telles que les petits vols, on concevra mieux la faible différence qui vient d'être signalée pour les deux pays. Il est reconnu, du reste, que, très-fréquemment en Angleterre, les enfants sont mis en avant comme instruments du crime, et que c'est sur eux seuls que la justice parvient à exercer son action.
NOMBRE DES ACCUSÉS ENANGLETERRE PEDCOAS AGES. NET TE < THAT agua, | ages. | 1844. | asus. lagsous | © Livoru.| vaovon il . LATION. |rionnezs. || Moins de 15 ans.| 1,672] 1,670! 1,596| 1,549! 6,487. 5,748,358 1,6 15 ansetmoins de 20! 6,884] 6,725| 6,190! 5,850! 25,649 K 1,588,340 23,6 20 — — 95] 7,751] 7,200! 6,599| 5,881! 27,241 | 1,435,723 DT 2 — — 50! 4,781| 4,419 9,924| 3,471] 16,595 À 1,400,000 17,2 [| 30 — — 40! 5,274) 4,839| 4,079| 3,805| 17,997 A 12,8 | 49 — — 50! 2,592] 2,599] 2,202] 1,987| 9,180 1,528,008 8,7 50 — — 60! 1,183] 1,044| 1,049 874| 4,150 1,027,070 »,8 60.et plus: « © 573 047 D24. 418! 2,062 1,147,108 2,6 Ages inconnus . 619 748 979 468| 2,414 » »
Totaux. . .|351,509] 29,591] 26,542] 24,505 1111,745 100,0
(1) La population étant donnée globälement de 20 à 30 ans, nous avons dû séparer ces nombres en tâchant de conserver la loi de continuité.
De quelque manière qu'on envisage les choses, on reconnaît donc que le penchant au crime suit une même loi de développement dans les pays que nous avons pu comparer; 1l croît progressivement, atteint un maximum, pour décroître ensuite et s'éteindre avec la vie. La seule différence que l'on remarque consiste dans la grandeur et l'époque de ce maximum. Ces deux éléments dépendent bien plus encore de la nature des crimes que de la différence des nations. Il est bien entendu qu'il n'est question, ici, que des nations que nous avons pu comparer entre elles et qui ont à peu près une même organisation sociale.
La table de criminalité, considérée d’une manière générale, change donc très-peu d'un pays à l’autre; quant à l'époque du maximum, elle varie dans des limites étroites et plus resserrées même que celles qu'on trouve, dans les tables de mortalité, pour la vie moyenne de l’homme. Nous pourrions reprendre la comparaison faite précédemment et trouver de nouveaux arguments pour montrer que le crime, encore ici, procède avec plus de régularité que la mort.
Peut-être, dira-t-on, une table de criminalité, calculée avec beaucoup de som, mérite autant de confiance qu'une table de mortalité : elle serait toujours loin d'offrir le même degré d'utilité. C'est ce qu'on ne peut affirmer cependant; car Halley,. en construisant la première table de mortalité, était loin de prévoir les usages divers qu'on en a faits depuis.
Ces tables varient, l'une et l’autre, par des causes nombreuses, telles que les climats, les races d'hommes, les institutions, les besoins, les professions, les sexes. Je n'ai pas là prétention d’avoir saisi toutes les nuances, mais je croirais avoir rendu un service à la statistique morale, si javais laissé entrevoir la possibilité d'y parvenir. J’ai
voulu montrer qu'on peut appliquer les nombres à l’appréciation des qualités morales de l'homme. Cette appréciation, du reste, suppose des observations suffisantes et recueillies avec le plus grand soin. C'est déjà quelque chose d'avoir pu donner des notions assez précises sur les âges des criminels et d’avoir établi- des nuances délicates sur ces âges, dans leurs rapports avec la nature des crimes, nuances quil serait impossible de saisir par d'autres voies que par celles qu'indique la statistique morale.
1. Les faits moraux diffèrent essentiellement des faits physiques par l'intervention d’une cause spéciale qui semble, au premier abord, devoir déjouer toutes nos prévisions, c'est-à-dire par l'intervention du libre arbitre de l’homme. Toutefois l'expérience nous apprend que ce libre arbitre nexerce son action que dans une sphère restreinte, et que, très-sensible pour les individus, il n’a pas d'action appréciable sur le corps social, où toutes les particularités individuelles viennent, en quelque sorte, se neutraliser et s'étendre.
2. Quand on considère les hommes d'une manière générale, les faits moraux et les faits physiques sont sous l'influence des mêmes causes et doivent être soumis aux mêmes principes d'observation. Or, les causes qui influent sur notre système social ne subissent en général que des altérations lentes, et l’on pourrait presque dire séculaires ; de là, la permanence remarquable qui domine les faits sociaux, tels que les mariages, les crimes, les suicides, etc.
3. Dans la statistique morale, les éléments ne peuvent être mesurés d’une manière directe; il devient nécessaire de s'appuyer sur le principe que les effets sont proportionnels aux causes qui les produisent.
4, Quand on observe une même classe de faits, leur