‹ Physicale socialeChapitre 27 sur 151 · EST ET IE AA · texte numérisé non relu

EST ET IE AA

de l’homme, c'est-à-dire que la ligne a°a'a"a'"'a"" serait parcourue pendant le déplacement de l'individu moyen, ou pendant le cours de son existence. C'est cette dernière ligne -que l’on considère ordinairement comme courbe de mortalité : mais, pour se rendre compte de ce qui se passe dans la nature , c'est la surface entière que l'on doit considérer.

En prenant deux peuples différents, on n'aura certainement pas deux surfaces courbes superposables pour indiquer le développement de la population. Ces surfaces doivent varier d'une nation à l’autre : ce n’est pas seulement la moyenne qui change, ce sont encore les grandeurs particulières. On pourra en voir un exemple dans le peu de documents que nous avons recueillis, et pour lesquels nous ne pouvons témoigner trop de reconnaissance aux savants qui ont bien voulu nous seconder.

Toutes ces surfaces varieraient entre elles, comme nous le savons déjà, par les tailles moyennes, prises chez les différentes nations. On en conclut que les autres hommes doivent également varier, en présentant une taille plus ou moins élevée, et que, chez les Patagons, par exemple, et chez les Lapons, on aura le plus de chances de trouver les hommes les plus grands et les plus petits de toute l'espèce. Il faudrait avoir les courbes de croissance chez les peuples qu'on peut estimer les plus grands et les plus petits de l'univers, pour pouvoir assigner d'une manière plus sûre les limites extrêmes de la taille humaine ; mais toutes les probabilités portent à croire que ces extrêmes ne se rencontreraient pas dans nos climats, bien que le hasard puisse en produire dans des circonstances tout à fait spéciales.

La ligne enveloppe de toutes les courbes de croissance données par les diverses nations formerait une ligne de

même nature et de même forme que les lignes enveloppées; et c'est cette ligne qui serait courbe des croissances pour l'espèce tout entière. Ce serait par une courbe semblable que l'on pourrait connaître la taille moyenne pour l’espèce humaine; et, des deux côtés de cette moyenne, les deux ordonnées maximum et minimum seraient placées aux deux extrémités de la courbe des tailles aux endroits où elle vient percer le plan des abscisses (1).

(1) Sir John Herschel pense avec raison {pages 37 et suivantes du volume précédent) que nous avons adopté des limites trop étroites pour le développement en plus et en moins de la taille de l’homme. Peut-être dans notre texte primitif, nous étions-nous mal expliqué : nos données étaient peu nombreuses, et elles ne portaient, d’une autre part, que sur des populations moyennes, où l’homme ne se fait remarquer ni par l'excès ni par le défaut de la taille. Si l’on prenait l'humanité entière, comme nous le supposons dans ce qui précède, et si l’on y faisait intervenir tous les peuples, les plus grands comme les plus petits de la terre, en ayant égard aux peuples de la Laponie comme à ceux de la Patagonie, nous aurions peut-être alors des limites qui pourraient sembler avoir trop d'extension. Le nombre des individus observés étant aussi beaucoup plus considérable, l'étendue des limites tendrait à croître et à embrasser les tailles les plus grandes et les plus petites, telles que les conçoit le savant philosophe anglais.

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