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DU DÉVELOPPEMENT DE LA FORCE

La mesure de la force est un des éléments que nous avons le plus d'intérêt à connaître d’une manière précise; aussi ce sujet de recherches a-t-1l fixé l'attention d'un grand nombre d’observateurs; mais, comme leur principal but était de reconnaître l'effet utile de la force, ce qu'ils ont fait porte un caractère de spécialité qui éloigne leurs résultats de ceux que je me propose de déterminer sous

dents, p. 102. Plus tard, un des plus habiles physiologistes de l'école moderne, M. Schwann, eut soin, en 1842 (séance du 2 juillet), de publier, à ma prière,

une notice du plus haut intérêt sur l'observation des phénomènes périodiques

de l'homme, avec la promesse de continuer les observations anatomiques commencées. Ses résultats ont successivement paru dans les Mémoires de l'Académie pour 1842, 1843, 1844 : elles furent continuées en 1845 et 1847 par les curieuses recherches de M. le Dr Gluge dont les travaux ont également été imprimés dans les Mémoires de l’Académie royale de Belgique, et ont probablement donné l'éveil à plusieurs savants des autres pays pour joindre leurs efforts aux nôtres. Nous regrettons de devoir nous borner à les indiquer ainsi. Nous citerons cependant, comme méritant une attention toute particulière, l’intéressant discours sur la périodicité physiologique que M. Spring, comme directeur de la classe des sciences de l’Académie royale de Belgique, prononça dans la séance du 16 décembre 1868, et dans lequel il relève avec énergie les avantages que la science aurait à recueillir de cette étude féconde, suivie avec tout le soin désirable. Nous aurons occasion d’ailleurs d’en faire usage dans le volume sur les proportions de l'homme, que nous aurons occasion de publier bientôt,

le point de vue sciefitifique. Ainsi, Désaguliers, de La Hire, Guenyveau, Coulomb, Schulze, etc., ont recherché principalement les relations qui existent entre la vitesse et la charge pour un homme qui travaille soit en portant des

fardeaux, soit en les traînant. Je n'entrerai pas dans les.

détails sur les résultats qu'ils ont obtenus; on peut les trouver dans les principaux traités de mécanique pratique (1). Ce qu'il nous importe de connaître, avant tout, c'est comment se développe avec l’âge l'intensité de la force que l’homme peut déployer, soit avec les mains, soit avec les reins, sans l’assujettir à un travail journalier, qui se compose d'éléments plus complexes.

On a proposé, pour la détermination des divers degrés de notre force physique, plusieurs instruments, dont le moins imparfait est sans contredit le dynamomètre de Régnier. Cependant cet instrument laisse encore beaucoup à désirer; et tout en reconnaissant ses défauts, quand je commençai les expériences dont je vais présenter les résultats, j'étais loin de les supposer aussi grands qu'ils le sont effectivement. Celui qui a le plus d'influence dépend essentiellement de sa forme : selon la grandeur de la maim

et la longueur des doigts, on manie en effet le dynamomêtre avec plus ou moins de facilité et l'on obtient des estimations de force plus ou moins exactes. Ce défaut est surtout sensible pour des enfants, il faudrait presque employer des instruments différents pour les différents âges. Ces inconvénients m'avaient porté à imaginer un dynamomètre dans lequel les deux lames d'acier qu'il

(1) On peut consulter à cet égard le Traité de mécanique industrielle, par G, J. Christian, ancien directeur du Conservatoire royal des arts et métiers à Paris, tome Ier, pages 88 et suivantes. 3 vol. in-4°. Paris, chez Bachelier, 1822. L'auteur, natif de Huy, avait d’abord été professeur à l'athénée de Bruxelles.

s'agissait de réunir par la pression, devaient, pour le maximum d'effort, prendre dans la main la disposition la plus favorable à le développer; malheureusement d’autres travaux. mont empêché de donner suite à ces essais et d'entreprendre de nouvelles séries d'observations. Je dois donc me borner à présenter les résultats obtenus avec le dynamomètre de Régnier, en prévenant qu'ils n'offrent pas le degré d'exactitude que j'aurais voulu leur donner.

Il me semble qu'on peut déjà juger de l'imperfection du dynamomètre par la discordance des résultats obtenus par les observateurs qui s'en sont servis.

Selon Régnier, l’homme de 25 à 30 ans est dans toute sa force, et peut, en serrant fortement avec les deux mains, faire un effort égal à 50 kilogrammes,; et, d’une autre part, il soulève un poids de 13 myriagrammes. Il conserve jusqu’à 90 ans environ ce degré de force, qui alors diminue progressivement (1). La force de la femme a été évaluée à celle d’un jeune homme de quinze à seize ans, c'est-à-dire aux deux tiers de celle d'un homme de force ordinaire.

Régnier a trouvé encore quen essayant la force des mains l’une après l’autre, celle de la main droite est généralement plus grande que celle de la main gauche; et que la somme des. essais séparés équivaut, pour l’ordinaïre, à la force des deux mains agissant ensemble.

D’autres expériences ont été faites depuis par le voyaseur Péron, qui en a consigné les résultats dans la relation de son voyage aux terres australes. Ransonnet a fait aussi des expériences dynamométriques, en rade du Havre, sur 349 individus appartenant aux équipages de deux

(1) Dictionnaire des Sciences médicales, article Dynamomètre, et Description et usage du dynamomètre (Journal de l'École polytechnique, prairial an Vi).

frégates et d'un brick qu'il commandait. En réunissant les valeurs obtenues par ces différents observateurs, on peut former le tableau suivant :

FORCE INDIVIDUS OBSERVES. OBSERVATEURS: 120 0 ep

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