MANUELLE, RÉNALE
! kil. myriag.
Français (25. à 30 ans). . . . . . Régnier. 50,0 13,0
<= LA 425 à, 45 .ans).. 1. 227 LL Ransonnet. de 14,2
+ DORE Se ne Péron. 99/1
Indigènes de la Nouvelle-Hollande . . |. — | 14,8
Malais de Pile de Timor . . . . . — 16,2
Les degrés de force observés pour les Français different beaucoup, comme on peut le voir; les résultats de Péron surtout s'écartent très-sensiblement de ceux de Ransonnet et Régnier (1). Il paraîtrait que Péron a fait une méprise dans la lecture des degrés du dynamomètre; c'est du moins ce qui résulte de la vérification qui a été faite ensuite par Freycinet et Bailly, qui faisaient partie des personnes mesurées par Péron, et qui se sont trouvées avoir une force rénale sensiblement moindre que celle qui était portée sur le tableau où figuraient leurs noms. D'après Freycinet, il faudrait lire pour la force rénale indiquée par Péron : |
15,2 myriag. au lieu de 22,1 pour les Français.
10,1 ” » 14,8 » les habitants de la Nouvelle-Hollande. 1 US PA à 16,2 » les habitants de l’île de Timor.
Quoi qu'il en soit, en ne considérant les valeurs de
(1) Le capitaine Ransonnet, Liégeois d’origine, a bien voulu me donner quelques renseignements sur les observations qui lui avaient été demandées et qu'il a faites avec un instrument dont il ne garantissait pas l'exactitude, n'ayant pas été dans le cas d’en faire la vérification par lui-même,
Péron que comme relatives, il paraît au moins certain que la force des matelots français était plus grande que celle des sauvages; et ce résultat s'accorde avec Les assertions d'un grand nombre de voyageurs. ;
Les expériences dynamométriques exigent les précau-
tions les plus grandes. J’ai vu les mêmes personnes obte-
nir des différences extrêmement marquées par des essais successifs. Une cause d'erreur assez commune, quand on ne prend pas les précautions nécessaires et qu'on se sert de l'instrument de Régnier pour mesurer la force des reins, c'est qu'on fait marcher l'aiguille autant en pressant l'instrument entre les genoux que par la traction. Il est trèsdifficile, en effet, de tirer sans être porté à rapprocher les genoux et à serrer ainsi le ressort elliptique dans le sens de son petit axe, c'est-à-dire dans la partie où 1l cède le plus facilement ; la manière dont on se place pour tirer et la hauteur de la taille ont également de l'influence. Il est important aussi de vérifier l'instrument le plus souvent possible et surtout vers l'extrémité inférieure de l'échelle, parce qu'il est généralement moins sensible pour de faibles poids.
Je regrette de n'avoir pu multiplier mes observations autant que je l'aurais désiré; aussi je ne présente mes résultats qu'avec défiance. Le nombre des individus observés à chaque âge était de dix au moins; ces individus appartenaient assez généralement à la classe aisée; et ceux au-dessous de 25 ans, parmi les garçons, ont été choisis dans les colléges et à l'école de médecine de Bruxelles ; les filles ont été prises aussi dans les écoles et à l'hospice des orphelines.
Il est bon, en mesurant la force d’une personne, de prendre la moyenne de plusieurs observations successives, parce qu'on reconnaît que les résultats varient légèrement
entre eux. Il arrive, en général, que le premier effort est plus énergique que le second; le second plus que le troisième; et ainsi de suite, Jusqu'à ce qu'on arrive à une certaine limite : mais la différence n’est bien sensible que pour les deux ou trois premiers efforts (1). On peut trouver entre le premier essai et la limite une différence d’un à deux degrés et quelquefois davantage; ces sortes d’observations comportent en conséquence d'assez fortes chances d'erreurs.
Hommes.
/ / | Femmes. |__| Î | ! L Pad A A af ( | ne RES 10 15 20 25 30
(1) M. George Edwards, ancien membre del'Institut de France, classe des sciences morales et politiques, me disait avoir reconnu que généralement, après le dîner, le contraire s’observe chez les personnes fortes, et il ajoutait que le premier effort est un peu moins intense que les suivants.
J’ai eu l’occasion déjà de citer l'ouvrage de M. Christian, ancien directeur du conservatoire royal des arts et métiers, à Paris; cet ouvrage a paru sous le titre : Traité de mécanique industrielle, ou exposé de la science de la mécanique, déduite de l'expérience et de l'observation, 3 vol. in-4° avec atlas. On remarquera spécialement les chapitres IX et suivants, qui traitent successivement de l'homme considéré comme moteur, des expériences de Coulomb, et des faits fournis par d’autres auteurs.
Observations sur la force rénale, estimée au moyen du dynamomètre.
FORCE RENALE RAPPORT RC Re PE DE LA FORCE DES HOMMES DES HOMMES, | DES FEMMES. À ET DES FEMMES,
2,0 san ‘ 2,7 ï ; 3,3 2,4 1,33 4,0 3,0 1,53 4,6 3,1 1,48 48 3,7 1,30 5,1 4,0 1,98 6,9 4,4 1,57 8,1 5,0 1,62 8,8 5,3 1,66 10,2 5,9 1,72 12,6 6,4 1,97 13,0 6,7 1,94 13,2 6,7 2,00 13,8 6,8 2,03 14,6 7,2 9,05 15,5 a7 2,01 15,4 ; , 12,9 » ; 10,1 5.9 1,74 9,3 : :
Je n'aipas compris, dans ce tableau, les enfants de moins de 6 ans pour les garçons, et de moins de 8 pour les filles, à cause de la difficulté qu'il y aurait eue à leur faire manier le dynamomètre, et des erreurs qui en seraient résultées. Il faut ajouter à toutes les valeurs précédentes
le poids du dynamomètre, qui doit nécessairement faire partie de l'effort à vaincre. Ce poids s'élève à l'kil. environ.
S1 l’on avait des instruments très-sensibles et très-commodes pour mesurer la force rénale des enfants, il est évident qu'on ne pourrait guères commencer à en faire usage avant l’âge de deux ans, puisque avant cette époque l'enfant n’est pas encore en état de se porter lui-même, et par conséquent de se soutenir avec des poids étrangers. Il est à remarquer que, pour tous les individus qui figurent dans la table, la force des reins est suffisante pour soulever une charge ou vaincre un obstacle plus grand que le poids même de l'individu. La charge qu’on peut porter, relativement à son poids, croît jusqu'à la maturité, et l’homme formé peutsoulever plus queledouble de son poids.
La force rénale des femmes diffère de celle des hommes moins pendant l'enfance qu'après le développement complet. Pendant l'enfance, la force rénale des garçons surpasse celle des filles d'un tiers environ; vers l’âge de puberté, de la moitié; et la force de l'homme développé reste double de celle de la femme. |
La différence des professions exerce une influence assez sensible. J'ai vu des ouvriers maçons, charpentiers, etc., faire marcher le dynamomètre jusquà 20 degrés et au delà. La moyenne, prise pour plusieurs servantes de 20 à 40 ans, m'a donné une valeur de 10 à 11 degrés.
La mesure de la force des mains est celle qui présente le plus d'obstacles. Il me semble quil est à peu près impossible de compter sur l'exactitude des résultats, si les observations n'ont été faites avec le plus grand soin par une seule et même personne. Le premier obstacle, et c'est le plus grand, provient de l’inégale grandeur des mains des observateurs et de la difficulté de saisir l'instrument. D'après toutes les vérifications que j'ai faites, je crois
pouvoir compter sur l'exactitude de mes résultats, et néanmoins ils sont tellement discordants avec ceux qui ont été obtenus par les observateurs cités, que j'ai balancé quelque temps à les employer; d'autant plus qu'ils sont, comme toutes les mesures prises avéc le dynamomètre de Régnier, assujettis à subir une correction préalable qui. dépend de l’inégale grandeur des mains. Pour montrer combien cette correction est importante, J'ai fait différentes épreuves ayec les dynamomètres, en plaçant mes mains dans différentes positions, et j'ai obtenu des valeurs extrêmement dissemblables. On va mieux en juger par ce qui Suit. | |
Le dynamomètre dont j'ai fait usage se compose, comme tous les äutres, d'un ressort de forme à peu près elliptique : les longueurs du grand axe et du petit axe sont respectivement de 30 et de 5,5 centimètres : le cadran et l'indicateur sont placés de manière que les deux mains, dans leur plus grand rapprochement, sont encore éloignées de 2,5 centimètres, et que la pression se fait toujours à une certaine distance du petit axe où se produirait le maximum d'effet. On n’a donc qu'une parüe de l'action que l'on pourrait produire en pressant aux deux extrémités du petit axe. Du reste, il paraît que cest en ayant égard à cette distance que le dynamomètre dont je me suis servi a été gradué. J'ai voulu savoir alors quels seraient les effets produits en écartant successivement les mains davantage et j'ai obtenu ces valeurs :
Distance des deux mains. Degrés du dynamomètre, 2 mill. 80,5 30 64,0 45 04,9
Ainsi, en plaçant les mains de manière que chacune d'elles fût, dans sa plus courte distance, à un centimètre du cadran, et par conséquent distantes entre elles de 45 millimètres, je ne produisais plus qu'un effort de 54,5 au lieu de 80,5; ce qui me donnait une différence de 26 degrés. Or, un grand nombre de personnes, en éprouvant leurs forces manuelles au moyen du dynamomètre, placent assez généralement leurs mains comme je viens de le dire : elles doivent donner par conséquent des indications très-fautives. Les femmes et les enfants surtout doivent avoir du désavantage en se servant du dynamomètre, car l’ouverture qu'ils sont forcés de donner à leurs mains ne leur permet plus de presser avec toute l'énergie dont ils seraient capables. Aussi, j'estime que les valeurs auxquelles je suis parvenu pour eux sont généralement trop faibles.
On verra, du reste, par les deux courbes qui représentent respectivement la force rénale et la force manuelle, qu'il existe une ressemblance remarquable entre les deux indications : les courbes qui donnent l'intensité des forces sont à peu près identiquement les mêmes des deux côtés. (Comparez cette courbe à celle de la page 110.)
Hommes.
Force manuelle.
Observations sur la force manuelle, estimée au moyen du dynamomètre.
FORCE DES HOMMES FORCE DES FEMMES AGES. AVEC AVEC AVEC AVEC AVEC AVEC a een Gt nl port l''etout CRATSREN LCL LC 10,5 4,0 2,0 » » »
Du D 7,0 4,0 : 2 à 0) LE MPNSEMRMRONE 17,0 ao 4,6 11,8 5,0 2,8 Ne de 0 an 8,5 5,0 À 15,5 4,7 1,0 DS ne Et 060 9,8 8,4 -| 16,2 5,6 DE A Il = ORAN AMIE 29,2 10,7 9,2 19,5 82 6,7 OAV ES ET RARNIEENE 39,6 19,9 11,7 23,0 19,1 7,0 Pr 00 05984466 | 15.0 YE 7967 11,0 8,1 14 — 47,9 21,4 18,8 33,4 13,6 11,3 Dee 57,1 | 278 | 226 À 35,6 | 150 | 14,1 16 — 63,9 32,3 26,8 37,1 17,5 16,6 47, -— 710 36,2 51,9 40,9 29,7 18,9 18 -- 79,2 | 358,6 | 350 | 43,6 | 20,7 19,0 19 — 79,4 35,4 39,0 44,9 21,6 107 20 — 84,5 59,3 37,2 45,2 22,0 19,4 21 — 86,4 43,0 38,0 47,0 23,5 20,5 2% — 88,7 | 44,1 200 À 50,0 | 24,5 | 216 30 — 89,0 44,7 41,3 » » »
50 — A0 Se 830 Pro) |’ 25,2 |/2006 Liapoe 56,0 | 30,5 | 26,0 $ “ :
On peut déduire de ce tableau que la force manuelle des hommes, aux différents âges, est plus grande que celle des femmes. La différence est généralement moindre dans les premiers âges que pour les individus développés : ainsi avant l’âge de puberté, le rapport est de 3 à 2; et il
devient ensuite de 9 à 5. On voit aussi que les deux mains, en agissant ensemble, produisent un effort plus grand que la somme des efforts qu'elles exercent en agissant séparément : ceci paraît dû en partie au poids de l'instrument, qui est porté deux fois.et d’une manière incommode, quand les mains opèrent successivement. Enfin la main la plus forte est celle dont on se sert habituellement, du moins en ne considérant que les masses.
L'action de la main droite surpasse en général celle de la main gauche, d'un sixième environ.
Si l'on compare maintenant la force de pression que j'ai observée à celle qui à été indiquée successivement par Régnier, Ransonnet et Péron, on trouvera des discordances extrêmement sensibles et que je ne puis attribuer qu'à la manière dont les mains étaient placées sur l'instrument et à l'écart qu'elles laissaient entre elles. J'ai vérifié l'instrument de différentes manières, et je crois pouvoir assurer que les indications sont précises, surtout pour les degrés de la force moyenne de l’homme. Les valeurs dont je dois me défier, sont celles que j'ai obtenues pour les enfants et les femmes ; elles me semblent inférieures à ce qu'elles devraient être, par les raisons Que J'ai exposées plus haut.
D’après les recherches de MM. Régnier et Ransonnet, la force moyenne de l’homme ne serait que de 46,38 à 50 kilogrammes ; c'est-à-dire qu’ellè ne vaudrait pas plus que son poids : d’où résulterait qu'un homme ne serait pas capable de se porter par le seul effet de la pression quil peut exercer avec les mains. Or, l'expérience est évidemment contraire à un pareil résultat. Parmi les matelots soumis aux expériences, il ne s'en trouvait probablement pas un seul qui ne pût se tenir suspendu, au moins pendant quelques instants, à l'extrémité d'une corde fixement attachée par l’autre extrémité. D'après Péron, la force
manuelle serait de 69,2 kilogrammes; cette valeur se rapproche davantage de la véritable. Celle que j'ai trouvée pour l’homme développé est de 89 kil. et surpasse de 19 kilogrammes environ le poids d’un homme habillé. De sorte qu'un homme peut se tenir suspendu à l'extrémité d'une corde, en portant même un poids assez lourd. Du reste, la grosseur de la corde ou la forme de l’objet auquel il s'attache par la pression, doit nécessairement influer sur le résultat de l'expérience (1).
On voit encore, d'après les valeurs que j'ai obtenues, que c'est vers l’âge de 9 à 10 ans que l’homme commence à acquérir assez de force dans les mains pour pouvoir s’y tenir quelque temps suspendu. La femme, à aucun âge, ne paraît capable d'exercer une pression équivalente’ à celle de son poids ; cependant beaucoup de femmes, par des exercices et par l'habitude de certains travaux, parviennent à dépasser cette limite. Aïnsi, l'on voit de jeunes filles, par des exercices gymnastiques, parvenir à s'élever, au moyen de cordes, à des hauteurs plus ou moins grandes. Il paraîtrait donc, quoique mes valeurs soient bien supérieures à celles des observateurs que j'ai cités, qu'elles seraient plutôt au-dessous de la réalité qu'audessus, du moins pour les enfants et les femmes.
Quand on essaye plusieurs fois de suite la force des mains, il arrive, comme pour la force des reins, que les efforts subséquents, toutes choses égales, ne sont jamais aussi énergiques que le premier. Ainsi, les degrés de force diminueront successivement et tendront vers une limite. Le second -effort est assez généralement plus faible de 3 à 4 degrés que le premier ; les différences ensuite sont moins sensibles.
(1) Il serait curieux de rechercher combien de temps un individu peut se
tenir suspendu par la seule pression des mains. R |: FE 8
En essayant ma force à différents instants du jour, je n'ai pas observé de différences bien grandes. Le maximum d'effort que je suis parvenu à produire a été observé au sortir d'une leçon publique, et dans un moment où je me trouvais légèrement indisposé par des accès de fièvre. Je parvins à faire avancer l'aiguille du dynamomètre à 10 degrés environ au delà du point qu'elle atteignait habituellement. En général la force était plus grande après Le dîner qu'avant; il paraît qu'elle varie selon les différents instants du jour, et surtout selon les heures des repas. Mes expériences n'ont pas été assez nombreuses pour que je puisse offrir ici des résultats numériques qui aient une précision suffisante. J'ai dû négliger, par la même raison, d'établir, pour les différents âges, des rapports entre la taille, le poids et la force des hommes. Mais il ma paru qu'en général l’aisance, l'abondance de nourritures et des exercices modérés contribuent à développer avantageusement les qualités physiques; tandis que la misère et l'excès du tra-. vail produisent un effet contraire. L'homme qui se trouve dans l’aisance ne réunit donc pas seulement aux avantages de la fortune celui de vivre plus longtemps et d’être moins exposé aux maladies ; il a, en outre, plus de chances de donner un développement favorable à ses qualités physiques. |