‹ Physicale socialeChapitre 57 sur 151 · RÉGIONS · texte numérisé non relu

RÉGIONS

L'AGRICULTURE, | L’INDUSTRIE, | LE COMMERCE. sur 1,000. Angleterre et Écosse . . 120 234 28 582 AMD LUYEE FU j < 221 62 dia Qu FN 292 SU CAPI 678 297 (1) 905 Belgiquel he! 41e 490 310 64 864 .

Danemark. . . . . . 395 299 DE 677 États Romains . . . . 310 83 32 495 États Sardes. . . . . 293 195 97 445 PTT OPEN RE 163 603 44 780 Hrancetaen las de di Male 510 280 4h 834 GHAGLE en. 203 299 9 511 PROS ie rt Le 77 112 44 233 PRUSSA RE MR EE el 2. 499 1382 12 636 Saxe-Royale ....:% : 256 561 78 895 Saxe-Ducale . 11.1... 293 307 26 636 D CHURt ea Ci 399 40 4 599 None édite EL 644 53 17 714

(1) Voyez à la page précédente.

Il. 11

En consultant la dernière colonne, qui fait connaître combien d'individus sur 1,000 appartiennent à l’une des trois classes désignées, on les trouve, d’äprès l’ordre de grandeur, rangées comme il suit : Bavière, Saxe-Royale, Belgique, France, Parme, Norwége, Prusse, Saxe-Ducale, Danemark, Grèce, États Sardes, États Romains, Suède, Angleterre, Autriche, Pays-Bas.

Sur 16 États, il s’en trouve done 9 qui ont plus des deux tiets de la population dans l’agriculture, l’industrie ou le commerce ; sur les sept autres, l'Angleterre, l'Autriche et les Pays-Bas, qui en comptent le moins, doivent évidemment avoir fait des ofissions. On voit encore, par le tableau, que proportionnellement les pays se rangent dans l'ordre suivant :

1° Pour l'agriculture : Bavière, Norwége, France, Prusse, Belgique, Danemark, Suède, États Romains, États Sardes, Saxe-Ducale, Saxe-Royale, Autriche, Grèce, Parme, Angleterre et Pays-Bas;

2° Pour l’industrie : Parme, Saxe-Royale, Saxe-Ducale, - Belgique, Grèce, France, Angleterre et Écosse, Danemark, Prusse, États Sardes, Pays-Bas, États Romains, Autriche, Norwége, Suède ; |

3° Pour le commerce : Saxe-Royale, Belgique, Danemark, France, Pays-Bas, États Romains, Angleterre et Écosse, États Sardes, Saxe-Ducale, Norwége, Parme, Prusse, Grèce, Suède.

Nous avons déjà fait remarquer que les nombres représentant la population. pour l'industrie, le commerce et l'agriculture paraissent trop faibles en Angleterre, et que probablement ces chiffres n'indiquent que les chefs de ces genres d'industries, auxquels il faudrait ajouter les tra-

vailleurs en sous-ordre.

Il en est de même pour l'Autriche : on trouve en effet

d LIVRE QUATRIÈME. 167

dans la dernière colonne du tableau, concernant la population de droit par profession en 1857 (1), que la population totale de l'Autriche s'élevait à 37,450,883, dont 21,400,284 femmes et enfants ; conséquemment 1l y avait 16,050,599 hommes, renseignés dans les tableaux précédents : et c'est sur ce dernier nombre qu'il faut compter plus particulièrement les individus formant les agriculteurs, les industriels et les commerçants de l’Autriche. Il faudrait donc estimer leur nombre par rapport à 16,050,599 et non par rapport à 37,450,883 comme nous l'avons fait. On obtiendrait, en faisant usage de ce dernier nombre, 452 pour l’agriculture, 163 pour l'industrie et 110 pour le commerce : conséquemment pour ces trois branches réunies, il faudrait compter 725 habitants sur 1,000 formant, en Autriche, le fond de la population.

Il serait fort à désirer que, par la suite, on ne perdit pas de vue cette classification remarquable chez les différents peuples. Nous sommes loin de dire que la division est la même partout : nous croyons au contraire que l’agriculture, le commerce, l'industrie, la navigation, etc., sont très-diversement répandus dans les différentes nations. Mais il se trouvera toujours qu'en faisant la distinction des hommes occupés et de ceux qui ne le sont pas, la différence sera peu considérable, et qu'on ne devra pas s’attendre, au moins chez des peuples civilisés, à pouvoir dire que les hommes occupés, en tenant compte de leurs familles, forment au moins les deux tiers de la population. Parmi les seize nations citées dans le tableau précédent, il en est onze qui satisfont à cette condition ; nous comprenons dans leur nombre l'Angleterre, l'Autriche etles Pays-

(1) Voyez STATISTIQUE INTERNATIONALE, Population, p.41. 1 vol. in-40. 1865.

Bas, par les causes que nous avons exposées et que l’on comprendra facilement d’après les omissions que nous avons signalées. Les quatre autres nations sont la Grèce, la Sardaigne, les États Romains et la Suède, par des omissions qui peuvent s'expliquer également en se bornant à les indiquer. Pour la Suède particulièrement, on voit qu'on n’a tenu compte que des chefs de famille, en omettant les enfants et les personnes qui vivaient auprès d'elles.

Quand une science est nouvelle et qu’on cherche à reconnaître les divers éléments qui font partie de son domaine, il est difficile d'apprécier à la fois tous les éléments qu'on voudrait pouvoir mettre en évidence. Ce qui peut le mieux confirmer cette assertion, c'est de voir trois des nations qui ont rendu le plus de services à la statistique, nous avoir laissé regretter un de ses documents les plus intéressants. Ce qui précèdé doit donc servir, moins comme documents à consulter que comme tableaux fondamentaux pour l'étude de la statistique appliquée. |

Au moment où parut la première édition de cet ouvrage, surgissaient plusieurs découvertes importantes qui feront à Jamais la gloire de cette époque : c'était, d'une part, l'emploi de la vapeur pour accélérer les voyages par les chemins de fer et par la navigation mécaniqne; d'une autre part, c'était la transmission instantanée de la pensée à l’aide de la télégraphie électrique. Le génie de l'homme prit, à cette époque, la position la plus élevée, et trouva le moyen de doubler en quelque sorte la longueur de la vie par l’économie qu'il sut introduire dans l'emploi du temps. Les communications furent échangées avec une rapidité étonnante : la pensée fut transportée d’un bout du monde à l’autre en quelques minutes. Le génie créateur de toutes ces merveilles, en aidant les peuples les

plus éloignés à se donner instantanément la main, effaça successivement leurs frontières, et prépara la chute du despotisme en faisant naître des idées grandes et généreuses parmi les hommes. |

Je ne parlerai pas des contacts nombreux qui s’établirent. entre les nations, de la facilité avec laquelle chaque pays livrait à ses voisins, à des prix considérablement rabaissés, le surplus des fruits de la terre et du travail qu'il pouvait répandre facilement autour de lui : les échanges nombreux formèrent de nouveaux liens entre les peuples et contribuèrent à leur bien-être.

Parmi les exemplès que je puis citer, je prendrai de préférence l'administration des chemins de fer et des postes qui, en quelques années, mulüplia singulièrement ses bénéfices, tout en réduisant le prix des lettres dans les différents pays. Joignez de plus à ces avantages les dépêches télégraphiques, si importantes pour le commerce, pour les relations de famille et pour les intérêts SOCIAUX (1).

Il serait difficile de rappeler comment chaque pays diminua ses prix de transport, en augmentant ses moyens de communication ; mais on sentit à la fin le besoin de s’entendre pour concilier le plus d'avantages possible avec les intérêts et la sûreté des gouvernements. Chaque État put connaître ses intérêts particuliers ; et il n'en est point, j'en suis persuadé, qui n'ait trouvé ses intérêts à ce chansement, qui Sopéra avec la plus grande rapidité. On avait commencé sans doute à faire l'essai de communicaüons nouvelles pôur les voyageurs et pour les lettres :

(1) Les premières expériences, dans notre partie du globe, furent faites en Angleterre et en Allemagne ; Wheatstone, en Belgique, établit le premier télégraphe entre Anvers et Gand; puis, peu de temps après, on transmit les nouvelles entre Paris et Londres en traversant les mers.

l'Angleterre, la France, l'Allemagne, les États-Unis apportent les titres les plus honorables dans cette généreuse rivalité; mais sans nous arrêter aux qualités d’historien des sciences, nous devons nous borner à juger ici des intérêts qu'ont fait valoir ces études nouvelles. La Belgique fut un des premiers États du continent à établir les chemins de fer (1); mais il n'en fut pas tout à fait de même des communications télégraphiques. Cette fois, la transmission instantanée de la pensée, quoique M. Wheatstone en eût fait les premiers essais à Bruxelles dès l’année 1838, n'y fut rendue publique que plusieurs années après (2).

(1) M. Masui, qui fut ensuite nommé directeur général des chemins de fer de la Belgique, mit l'empressement le plus actif et le plus intelligent à faire valoir cette belle entreprise : malheureusement le complément obligatoire, le service des télégraphes électriques, demeurait en retard.

(2) Voici ce que je crus devoir écrire, dès le 13 janvier 1838 et le 17 octobre 1840, dans les Bulletins de l’Académie royale de Belgique : « Sous le point de vue scientifique, les résultats qu’on peut recueillir des télégraphes électriques de M. Wheatstone sont immenses. Ainsi, pour les localités par où passera la ligne télégraphique, la détermination des longitudes, l’une des opérations les plus délicates de l'astronomie pratique, n'offrira plus la moindre difficulté. D'une autre part, d'après une disposition particulière, une pendule peut donner l'heure à toute une maison, à toute une ville, même à tout un pays. Les pendules auxiliaires, qui marquent les heures, les minutes, les secondes aux mêmes instants que la pendule régulatrice, ne se composent que d’un simple cadran : aussi M. Wheatstone les nommet-il squelettes de pendule, et il estime leur prix à une ou deux livres sterling. L'auteur compte aussi employer ses procédés pour mesurer, avec une précision qu’il croit pouvoir porter à un centième de seconde, la vitesse des projectiles. Il serait difficile de limiter les applications auxquelles se prêtent les ingénieux appareils de M. Wheatstone. Néanmoins l’un des plus beaux titres scientifiques del’auteur sera toujours d’avoir mesuré l'incroyable vitesse du fluide électrique qu’il devait employer si heureusement plus tard. » ‘

Quoique notre Belgique ait été l’une des premières à annoncer les premiers résultats de M. Wheatstone pour établir la télésraphie électrique, cependant elle fut une des dernières à les mettre en pratique. Ce fut M. Rolin, alors ministre des travaux publics, qui prit l'initiative et chargea une commission, composée de MM. Quetelet, Devaux et Cabry, d'étudier et de

Nous ne possédons pas les premiers résultats numériques ; mais voici ceux qui furent recueillis pour les lettres et pour la télégraphie pendant la période décennale de 1851 à 1860. On pourra juger de leurs accroissements

rapides.

Postes aux lettres et télégraphes électriques (4).

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