FEMMES
Submersion . . . . . . . .| 247| 9269] 307] 317| 363] 303| 331| 358] 378| 365| 3,218 Strangulation, suspension . . . | 134] 145] 157] 181] 163] 209] 177] 202] 179] 219] 1,764 Pistolet. à . : IR ES 1 D Le se LU 1] » 4l 5| 90 Armes à feu ) Fusil . . . . . 6] 2 1 2 3 2 6| » 1, >» 20 | Non spécifié. , . ÿ b] b) ô 2 6) 1 1 5 3 95 Asphyxie par charbon. . . . . 69! 71} 77| 100! 79]: 94] 89] 941 89] 92] 854 Instruments tranchants ou aigus . 48), 4810 471 A9 NAS) 12 8| 29] 44! :93| 163 POPONRNUN NE. Là ASE AT 06) 20 009010198517 ,95|: "21/0900 35% )a0n butte fiolenten.5,,... 11, 25|. 36/59] 54] ‘ 51] 60! 37] 50] 37] : 48] 437 Autres moyens divers. . . . . » 8 5 2 2 2] » 2 2| » 93 Totaux. . . | 521] 565 dl 700! 698] 712] 675] 737| 729] 776| 6,745
Mettons maintenant à côté des tableaux que nous donne la France, les résultats obtenus en Belgique pendant les
quatre années 1836 à 1839; nous y trouverons à peu Il. 16
près exactement le même partage, en considérant les âges différents des suicidés. On voit par ces nombres et par ceux déjà rassemblés précédemment dans nos recherches qu'ils ne s'obtiennent pas accidentellement, mais qu'ils sont produits par une loi qui peut se modifier sous diverses causes. Il serait très-curieux d'examiner si le nombre des suicides varie sensiblement selon les nations ; et ici probablement on pourrait trouver des différences pour le genre de mort adopté dans les différents climats.
SUICIDES EN BELGIQUE. {nommes ET FEMMES.) IPENCHANT AU CRIME)
AGES. EU ÉGARD NOMBRES 1836. | 1837. 1858. 1839. 1836-39. A LA PROPORTION- POPULATION. NELS.
Moins de 16 ans. 2 ‘| » 2 5 5 0,4 0,2 46-àc241 ans re 2 5 3 6 16 16 5,4 DA JU à 2% —.. 9 6 10 8 33 91 18,3 9,2 95" à 30 —. | 49 45 18 15 58 50 à:55-—1. 9 15 10 16 50 | | 115 24,1 12,0 AU EIRE RME A0 74 9 14 18 65 A40à 450101. 404 10 16 19 56 a | 50,7 15,4 45 à 50 —:. .l 19 15 16 15 65 50 à 60 1: 5.1 1:29 355 32 29 195 125 41,2 20,7 60 à900 00) los "M Pal 92 PDA az 37,7 18,9 70 et plus . . 9 45 9 13 44 44 41,7 20,9 Ages inconnus .| 40 27 26 29 | 122 » » »
Totaux . .\ 189 165 167 192 715 591 199,4 100,0
On voit, par le tableau de la page 244, que les suicides en France sont très-peu fréquents pendant les premiers temps de la vie, que leur nombre croît avec l’âge et que la loi est à peu près exactement la même pour les hommes et pour les femmes. Chez ces dernières, cependant, le
suicide est relativement un peu plus fréquent avant l’âge de 20 à 25 ans, et l'on peut présumer que la cause est à peu près la même que celle qui conduit à l'infanticide. Du reste, considéré d’une manière absolue, le nombre des suicides en France est trois fois aussi grand chez les hommes que chez les femmes. Pendant les dix années de 1835 à 1844, on a compté 20,104 suicidés parmi les hommes, et seulement 6,742 parmi les femmes.
Le second tableau nous montre qu'en France le plus grand nombre de suicides se fait par la strangulation et la suspension : on compte annuellement 666 hommes qui se donnent ce genre de mort, qu'ils paraissent préférer à tout autre. Le suicide le plus nombreux ensuite se fait par sub- * mersion : il a compté annuellement 580 victimes, mais sans dépasser jamais le nombre des suicides par strangulation. Les autres décès, pour le nombre, ont suivi l'ordre suivant : armes à feu non spécifiées, pistolet, fusil, asphyxie par charbon, instruments tranchants ou aigus, chute violente, poison.
Pour la femme, les moyens de destruction les plus employés ne sont pas les mêmes : généralement c’est la submersion; sur 674 femmes qui se suicidaient annuellement, 322, c'est-à-dire la moitié, préféraient ce genre de mort; puis venaient la strangulation ou suspension, l'asphyxie par charbon, la chute violente, Les instruments tranchants ou aigus, les armes à feu.
Ce qui précède nous montre que l’homme, en général, procède avec la plus grande régularité dans toutes ses actions. Qu'il se marie, qu'il se reproduise ou qu’il se tue, quil attente à la propriété ou à la vie de son semblable, toujours il semble agir sous l'influence de causes déterminées et placées en dehors de son libre arbitre. Que faut-il conclure d’une pareille constance? Faut-il
croire à un désolant fatalisme qui nous pousse dans la voie du crime et dans tous les excès, sans qu'aucune puissance humaine puisse nous en détourner? Non, certes; tel n'est pas l'état des choses. L'homme, dans la sphère d'activité de son libre arbitre, peut développer toutes les forces de sa raison pour suivre ou repousser les suggestions étrangères; mais l'expérience nous apprend que, tandis que l’un triomphe, un autre succombe, et que, sous l'influence des causes sociales qui nous dominent plus ou moins, les mêmes effets se reproduisent périodiquement dans le même ordre.
Si je m'avisais de faire dépaver la rue devant ma porte, et si l’on venait me dire le lendemain que plusieurs personnes, en tombant, se sont blessées pendant la nuit, devrais-je m'en étonner? Ces accidents ne seraient-ils pas très-naturels, au contraire, et ne se reproduiraient-ils pas les nuits suivantes? N'aurais-je pas mauvaise grâce de prétendre ensuite que je ne suis point cause du mal, que chacun était libre d’aller comme il l'entendait, et que ceux qui sont tombés auraient dû se faire éclairer? Eh bien, une grande partie des chutes morales qui se font dans l'ordre social ont la même origine; et l’on ne saurait trop s'attacher à écarter les occasions qui les font naître.
C'est ici que le législateur peut remplir une noble mission ; c’est en modifiant le milieu dans lequel nous vivons, qu'il peut améliorer la condition de son semblable. Eh quoi ! serais-je donc fataliste pour avoir reconnu que l'air que vous me faites respirer m'est nuisible, qu'il m'oppresse, qu'il me tue? Laissez-moi respirer un air plus pur, modifiez le milieu dans lequel je suis forcé de vivre, et vous me donnerez une nouvelle existence. De même, ma constitution morale peut être forte, sans qu'il me soit, cependant, possible de résister toujours aux causes délétères
dont vous m’entourez. Mon existence morale est presque constamment entre vos mains, comme pourrait l'être mon existence physique. Vos institutions tolèrent ou même favorisent une foule de piéges et de dangers; et vous me frappez, si je succombe imprudemment. Ne vaudrait-il pas mieux chercher à combler les précipices sur les bords desquels je suis forcé de marcher, ou du moins ne faudrait-il pas tâcher d'éclairer ma route?