‹ Physicale socialeChapitre 89 sur 151 · REPORT DE CCE RE MS RCE ARRETE · texte numérisé non relu

REPORT DE CCE RE MS RCE ARRETE

Ne sachant ni

lireniécrire 2,072 6,617 2 2,134 6,785 3,1 Sachant lire

ou écrireim-

parfaitement | . 1,001 2,804 2,8 1,033 2,840 2,8 Sachant bien

lireet écrire. 400 1,109 2,8 08 1,047 2,6

Ayant recu une instruc-

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rieure à ce

4er degré. . 80 206 2,6 155 (2) 184 1,5 ‘Totaux. 3,553 10,736 3,0 3,710 10,856 2,9

(1j L'état intellectuel de 474 accusés n'a pas été constaté pour l'année 1828, de 4 pour l’année 1829, de 2 pour 1831.

(2) Le nombre des accusés de cette classe se trouve augmenté | par suite des événements politiques et de crimes contre la sûreté de l'État.

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Aïnsi, toutes choses égales, le nombre des crimes contre les personnes relativement au nombre des crimes contre les propriétés, pendant les années 1828 et 1829, était plus grand selon l'état intellectuel plus développé des accusés; et cette différence portait particulièrement sur les meurtres, les viols, les assassinats, les coups et blessures et d’autres crimes très-graves. Faut-il conclure de là que les lumières ont été nuisibles à la société? Je suis loin de le croire. Pour établir une pareille assertion, il faudrait commencer par savoir combien la nation française compte d'individus dans les quatre divisions que nous avons admises précédemment, et rechercher si, proportion gardée, les individus de l'une des divisions commettent autant de crimes que ceux des autres (1). Si cela était effectivement, je n'hésiterais pas à dire que, puisque les individus les plus éclairés commettent autant de crimes que ceux qui ont le moins d'instruction, et que leurs crimes sont plus graves, ils sont nécessairement plus criminels; mais, d’après le peu que nous connaissons de la répartition des lumières en France, nous ne pouvons rien décider à cet égard. Il semble en effet que les individus de la classe éclairée de la société, tout en commettant moins de meurtres, d’assassinats et d’autres crimes graves que les individus qui n’ont reçu aucune instruction, commettent cependant bien moins encore de crimes contre les propriétés; ce qui pourrait être justement le cas que nous avons remarqué dans les nombres précédents. Cette conjecture devient même probable, si l’on considère que la classe éclairée suppose

(1) Voyez Tableaux sommaires faisant connaître l’état et les besoins de l'instruction primaire dans le département dela Seine. Paris, chez L. Colas, brochure in-8, 1828, sans nom d'auteur, mais qui paraît due à M. Jomard. Voyez aussi le Rapport général sur la situation et les progrès de l’enseignement primaire en France et à l'étranger, par le même savant. In-8°, à Paris, chez L. Colas, 1832.

plus d’aisance, et, par conséquent, moins de besoin de recourir aux différentes espèces de vols qui composent en grande partie les crimes contre les propriétés, tandis que l'aisance et les lumières ne parviennent pas aussi facilement à comprimer le feu des passions et les sentiments de haine et de vengeance. Remarquons, d’une autre part, que les résultats contenus dans le tableau précédent ne sont relatifs qu'à deux années, et que par là ils présentent une probabilité moins grande d'exprimer ce qui est effectivement, surtout ceux qui dépendent de la classe la plus éclairée, et qui sont fondés sur des nombres moins forts. On peut en conséquence dire, tout au plus, que le rapport du nombre des crimes contre les personnes au nombre des crimes contre les propriétés varie avec l’état des lumières, et qu'en général pour cent crimes contre les personnes, on compte d'autant moins de crimes contre les propriétés que les individus appartiennent à une classe plus éclairée. En cherchant la proportion relative des années en général, on trouve pour la France les nombres suivants, auxquels je joins ceux qu'ont présentés Les prisons de la Belgique, en 1833, d'après le rapport de l'inspecteur général des prisons.

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