‹ Physicale socialeChapitre 90 sur 151 · ÉTAT NOMBRE ABSOLU. NOMBRE RELATIF · texte numérisé non relu

ÉTAT NOMBRE ABSOLU. NOMBRE RELATIF

RER SN INTELLECTUEL -ACCUSÉS EN FRANCE. | CONDAMNÉS ACCUSÉS EN FRANCE. CONDAMNÉS des | EN BELGIQUE ee | EN BELGIQUE.

ACCUSÉS. 1828 et 29. | 1830 et 31. 1833. 1898 et 29. | 1830 et 31. 1833.

Ne sachant ni

lire ni écrire. . 8,689 8,919 1,972 61 61 61 Sachant lire et

écrire impar+

faitement . .. 3,805 3,873 472 27 27 15 Sachant bienlire

etécrire. . . . 1,509 1,455 10 10

Ayant recu une

instruction su- 776 24 périeure à ce

1er degré . .. 286 319 2 2

Totaux. | 14,289 14,566

Ainsi, les résultats des années 1828 et 1829 se sont reproduits identiquement les mêmes en 1830 et 1831, pour la France. 61 accusés sur 100 ne savaient ni lire ni écrire, c’est exactement le même rapport que présentaient les prisons de la Belgique. Les autres nombres seraient aussi probablement les mêmes, si la seconde classe en Belgique présentait, avec les individus sachant lire seulement, ceux qui savaient écrire imparfaitement.

Les détails suivants, que j'extrais du Rapport au roi pour l’année 1829 (1), pourront servir de développement à ce que Javance :

« Le nouveau tableau qui indique la profession des accusés, les divise en neuf classes principales, comprenant :

« La première, les individus attachés à l'exploitation des terres, des vignes, des forêts, des mines, etc., 2,453;

« La seconde, les ouvriers qui travaillent Le bois, le cuir, le fer, le coton, etc., 1,932;

« La troisième, les boulangers, bouchers, brasseurs, meuniers, etc., 203;

« La a eue les chapeliers, perruquiers, tailleurs, tapissiers, etc., 327;

« La cinquième, les banquiers, agents de change, com-

(1) Voyez les Comptes généraux, p. 9, 1830. Pour 1830 et 1831, ils ont présenté les résultats suivants pour chacune des classes établies dans le texte; on retrouvera encore la même constance dans les nombres.

1829 1830 1831 pre 2,453 2,240 2,917 2 1,932 1,813 1,985 3° 253 : 225 eTr 4e 327 309 300 5° 467 455 425 6e 289 310 327 79 830 848 320 8° 449 374 391

Totaux. . 7,373 6,962 7,006

merçants en gros et en détail, colporteurs, etc., 467;

« La sixième, les entrepreneurs de travaux, portefaix, mariniers, rouliers, etc., 289 ;

« La septième, les aubergistes, limonadiers, domestiques, etc., 830 ; |

« La huitième, les artistes, étudiants, employés, huissiers, notaires, avocats, prêtres, médecins, militaires, rentiers, etc., 449:

« La neuvième, les mendiants, contrebandiers, filles publiques, etc., 373;

« Les femmes qui n'avaient point de profession ont été classées d'après celle de leurs maris.

« En comparant à la totalité des accusés ceux qui sont compris dans chaque classe, on voit que la première fournit 33 accusés sur 100; la seconde, 26; la troisième, 4; la quatrième, 5 ; la cinquième, 6; la sixième, 4; la septième, 11; la huitième, 6, et la neuvième, 5.

« Si l'on distingue ensuite, dans chaque classe, les accusés suivant la nature des crimes qu'on leur imputait, et qu'on les compare entre eux, on trouve les proportions suivantes : |

« Dans la première classe, 32 accusés sur 100 étaient poursuivis pour crimes contre les personnes, et 68 pour crimes contre les propriétés. Ces nombres sont de 21 et 79 pour la deuxième classe, de 22 et 78 pour la troisième, de 15 et 85 pour la quatrième et la cinquième, de 26 et 74 pour la sixième, de 16 et 84 pour la septième, de 37 et 63 pour la huitième, de 13 et 87 pour la neuvième.

« Ainsi les accusés de la huitième classe, qui tous exerçaient des professions libérales ou jouissaient d'une fortune qui suppose quelque éducation, sont ceux qui, relativement, ont commis le plus de crimes contre les personnes; tandis que les quatre-vingt-sept centièmes des accusés de

la neuvième classe, composée de gens sans aveu, n’ont porté atteinte qu'aux propriétés. »

Ces résultats, qui confirment la remarque faite précédemment, méritent d'être pris en considération. Je ferai observer que quand on sépare les individus en deux classes, les uns de profession libre et les autres journaliers, ouvriers, manœuvres ou domestiques, la différence est encore bien autrement prononcée.

Le tableau qui suit pourra nous aider à connaître l'influence du climat sur le penchant au crime : il est formé d’après les documents que présentent les comptes généraux de l'administration de la justice en France, pour les cinq années qui ont précédé 1830. La deuxième et la troisième colonne indiquent les nombres des condamnés pour crimes contre les personnes et contre les propriétés; les deux colonnes suivantes font connaître les rapports des mêmes nombres avec la population respective de chaque département en 1827; une sixième colonne fixe le rapport des crimes contre les propriétés aux crimes contre les personnes, enfin la dernière colonne détermine combien d’accusés sur 100 ne savaient ni lire ni écrire ; les nombres (1) qui y sont consignés ne se rapportent qu'aux années 1828 et 1829.

Il est très-important de conserver religieusement les premiers documents qu'on a songé à recueillir avec régu-

(1) Il m'a paru que ces nombres pouvaient donner une idée assez satisfaisante de l’état des lumières dans chaque département, et surtout pour les classes inférieures, où se commettent le plus de crimes. Cette méthode, qui revient à prendre, par chaque département, quelques centaines d’individus dont on constate l’état intellectuel, me paraît plus sûre que celle qui a été suivie par M. Dupin, et qui consiste à juger de l'instruction de la province par le nombre des enfants envoyés aux écoles. Il peut se faire, en effet, qu'il y ait généralement très-peu de lumières dans des lieux où l'on a récemment établi des écoles qui n’ont pu produire encore des effets appréciables. Afin de rendre plus sensibles les résultats obtenus

larité sur les tribunaux, pour juger de la permanence des crimes et délits, et pour être à même d'apprécier les modifications qu'y apporteront le temps et le changement des dispositions judiciaires.

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