VI, DE L'INFLUENCE DU SEXE SUR LE PENCHANT AU CRIME
Dans ce qui précède, nous avons eu égard à l'influence qu'exercent sur le penchant au crime le climat, le degré d'instruction, la différence des races d'hommes, les saisons, etc. ; nous allons nous occuper maintenant de rechercher l'influence des sexes.
Remarquons d'abord que sur les 28,686 accusés qui ont paru devant les tribunaux de France pendant les quatre années qui ont précédé 1830, il se trouvait 5,416 femmes et23,270 hommes, c’est-à-dire 23 femmes pour 100 hommes. Ainsi le penchant au crime en général présente le rapport
de 23 à 100 pour lés deux sexes. Cette estimation suppose que l’activité de la justice atteint aussi bien les femmes que les hommes, ce qui paraît probable, si l'on observe d'une autre part que la répression varie dans des limites assez étroites pour les deux sexes, c'est-à-dire que la sévérité développée à l'égard des femmes est aussi grande que pour les hommes.
Nous venons de voir qu'en général le penchant au crime est chez les hommes environ quatre fois aussi fort que chez les femmes, du moins en France; mais 1l serait important d'examiner de plus si les hommes sont quatre fois aussi criminels, ce qui supposerait que les crimes commis par les deux sexes sont également graves. Nous commencerons par faire une distinction entre les crimes contre les propriétés et les crimes contre les personnes ; nous prendrons en même temps les nombres obtenus pour chaque année, afin de voir l'étendue des limités dans lesquelles ils se trouvent compris.