‹ Physicale socialeChapitre 97 sur 151 · HOMMES. FEMMES, RAPPORT, HOMMES. FEMMES, RAPPORT · texte numérisé non relu

HOMMES. FEMMES, RAPPORT, HOMMES. FEMMES, RAPPORT

OA nn, Al 11,689 268 0,16 À 4,073 1,008 0,25 ARR vus.) 1:697 274 0,17 4,020 998 0,25 Re out). 1,070. 270 0,17 À 4,396 1,156 0,26 oeil ti 4.052 239 0,15 À 4,579 1,203 0,27 Moyennes . . . . | 1,601 263 0,16 4,217 1,091 0,26 RO EM EU 1612 254 0,18 À 4,196 1,100 0,26 15 OR RRSSPON PE VES e 2E Er 233 0,43 À 4,567 993 0,22

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Moyennes . . + . | 1,612 243 | 0,15 À 4,381 | 1,046 | 0,2

Le nombre des crimes contre les personnes n'a guère changé, et il en est à peu près de même du nombre des crimes contre les propriétés : les variations ont en effet peu affecté les rapports entre les nombres des accusés des deux sexes. On a compté 26 femmes pour 100 hommes dans les accusations de crimes contre les propriétés ; et pour les crimes contre les personnes, le rapport a été de

16 à 100 seulement (1). En général, les crimes contre les

personnes sont d'une nature plus grave que ceux contre les propriétés, de sorte que notre distinction serait à l'avantage des femmes, et l'on peut dire qu'en France les hommes sont au moins quatre fois aussi criminels que les femmes. Il est à remarquer que le rapport 16 à 26 est à

peu près le même que celui qui existe entre les forces de

l'homme et celles de la femme. Du reste, il convient d'examiner les choses de plus près et de tenir compte en particulier des différents crimes, de ceux du moins qui se commettent en assez grand nombre pour que les résulats qu'on pourrait en déduire aient quelque probabilité. J'ai à cet effet réuni dans le tableau suivant les nombres relatifs aux quatre années qui ont précédé 1830, et j'ai calculé les différents rapports : les crimes sont rangés d’après l’ordre de grandeur de ces rapports. J'ai aussi groupé ensemble des crimes qui sont à peu près de même nature, quoique compris sous des titres différents, comme la fausse monnale, les contrefaçons, les faux par supposition ou en écritures de commerce, etc. |

(1) Ces conclusions ne se rapportent qu'aux résultats des quatre années qui ont précédé 1830. Les nombres des deux années suivantes, que nous avons ajoutés depuis au tableau, reproduisent à peu près les anciens rapports. .

É FEMMES NATURE DES CRIMES. (FRANCE.) HOMMES. | FEMMES. pour 100 HOMMES.

ut 9 CHAN ART QU IR OREr LEE 30 426 1,320 AnOttement RUE ten its, 15 39 260 | : INDOISONNEMENL A PA MNT II 1 ‘ 77 75 91 DAMES TIQUE RES MSN EU NE 2,648 1,602 60 ee de Can toc dieu te 44 22 50 Incendie d’édifices et autres objets . . . . 279 94 34 POP danS les églises Mes 176 47 27 Blessures envers ascendants. , . . . . . 292 63 22 D PER ARE RE REA 077 2,249 21 Faux témoignage et subornation . . . . . 307 51 17 Banqueroute frauduleuse. . . . . . . . 353 57 16 D ERATR ECC Dot Sc Se PS RE EE 947 alt 12 Fausse monnaie, contrefaçon, faux see PP sition, en écritures, 21 HER À 1,669 177 11 SO Re RAR ET 60 10 Noksut chemin public. + 45 0. 1 648 54 8 DAS huPes OPICOUDS Sn; QU UNE 1,447 78 5° DR CRE GR Ne QE NT Un Te. 1,112 44 4 Viol et attentat à la pudeur. . . . .:.-. 685 7 1 Viol sur enfants au-dessous de 15ans . . . 585 ‘ÿ 1

Comme nous l'avons fait remarquer déjà, il faut pour commettre le crime qu’on réunisse ces trois conditions essentielles : le vouloir, qui dépend de la moralité, l'occasion et la facilité d'agir. Or, ce qui fait que la femme a bien moins ce penchant au crime que l’homme, c'est qu'elle est surtout retenue par le sentiment de la honte et de la pudeur quant au moral, par son état de dépendance et ses habitudes plus retirées quant à l'occasion, et par sa faiblesse physique quant à la facilité d'agir. Je pense qu'on

peut rapporter à ces trois causes principales les différences quon remarque à l'égard des crimes. Quelquefois toutes trois concourent en même temps : on doit alors s'attendre à voir leur influence très-prononcée, comme quand il s'agit du viol et des attentats à la pudeur ; aussi l'on ne compte qu'une femme pour 100 hommes dans les accusations de cette nature. Dans les empoisonnements, au contraire, le nombre des accusés est à peu près le même chez les deux sexes. Quand pour détruire son semblable il faut avoir recours à la force, les femmes accusées deviennent moins nombreuses, et leur nombre diminue d'autant plus, qu'il faut aller chercher sa victime plus loin et plus ouvertement ; aussi ces sortes de crimes se produisent dans l’ordre suivant : infanticide, avortement, parricide, blessures envers ascendants, blessures et coups, meurtre.

Quant à l'infanticide, non-seulement la femme a plus d'occasions de le commettre que l’homme, mais elle y est en quelque sorte poussée, souvent par la misère et presque toujours par le désir de cacher une faute et d'échapper à la honte et au mépris de la société, qui épargne l’homme en pareille circonstance. Il n’en est pas de même des autres crimes qui ont pour objet d'amener la destruction de son semblable ; il ne paraît pas que ce soit leur gravité qui arrête le plus la femme, puisque, dans la série que nous avons indiquée, le parricide et les blessures envers ascendants précèdent l'assassinat, qui lui-même précède le meurtre ainsi que les blessures et les coups en général ; ce n'est pas non plus la faiblesse seulement, car alors le rapport pour le parricide et les blessures envers ascendants devrait être le même que pour le meurtre et les blessures envers des individus étrangers. Ces différences tiennent surtout aux habitudes et à la vie plus sédentaire

de la femme : elle ne peut concevoir et exécuter de coupables projets qu'envérs les individus avec lesquels elle est le plus en relation; ainsi, comparativement à l’homme, elle assassinera dans l'intérieur de sa famille plus qu’au dehors ; et dans la société, elle commettra l'assassinat plutôt que le meurtre, qui naît souvent au milieu des excès de la boisson et de querelles auxquelles les femmes sont moins exposées.

Si nous considérons les vols de différentes espèces, nous trouverons que les rapports du penchant au crime se rangent dans une série analogue ; ainsi viennent successivement les vols domestiques, les vols dans les églises, les vols en général et enfin les vols sur chemin public, pour lesquels la force et l'audace sont nécessaires. Le penchant moins prononcé au faux en général et à la banqueroute frauduleuse dépend encore de la vie retirée des femmes, de leur éloignement des affaires, et, dans certains cas, de ce qu'elles sont moins habiles que les hommes, par exemple, à faire la fausse monnaie et les contrefaçons.

En essayant d'analyser les faits, la différence de moralité de l’homme et de la femme est moins grande qu’on ne le pense généralement, excepté sous le rapport de la pudeur ; je ne parle pas de la timidité qui naît de ce dernier sentiment, en même temps que de la faiblesse physique et des habitudes sédentaires de la femme. Quant à ces habitudes elles-mêmes, on peut assez bien mesurer leur influence par les rapports qui existent, pour les deux sexes, entre les crimes de différentes espèces où l'on ne doit prendre en considération ni la force mi le sentiment de la pudeur, comme dans les vols, les faux témoignages, les banqueroutes frauduleuses, etc.; ces rapports sont environ de 100 à 21 ou à 17, c’est-à-dire à peu près de 5 ou 6 à 1. Pour les autres faux, la

différence est un peu plus grande, par les motifs déjà énoncés. Si l'on cherchait à exprimer numériquement l'intensité des causes qui font agir les femmes, par exemple

l'influence de la force, on pourrait l’estimer en la pre-

nant proportionnelle à la force même, ou comme 1 à 2 environ : c'est le rapport qui a lieu pour le parricide. Pour les crimes où 1l faut avoir égard à la fois à la force et à la vie plus retirée de la femme, comme pour l'assassinat ou le vol sur chemin public, il faudrait, en suivant la même marche dans les calculs, multiplier le rapport de la force à par celui de la dépendance, ce qui donne %,

La

quantité qui tombe en effet entre 5 et #0, rapports donnés

par la table. Quant au meurtre et aux coups et bles-

sures, ces crimes ne dépendent pas seulement de la

force et de la vie plus ou moins sédentaire, mais encore

de l'habitude des boissons et des rixes. On pourrait estimer que l'influence de cette dernière cause est à peu près comme 1 à 3 pour les deux sexes. On conçoit que les estimations que jindique ici ne peuvent avoir rien de précis par l'impossibilité où l'on est d’assigner la part d'influence qu'ont respectivement, à l'égard de tel crime en particulier, le sentiment de la pudeur, plus grand chez la femme, sa faiblesse physique, sa dépendance ou plutôt sa vie plus retirée et ses passions moins fortes et moins fréquemment excitées par l'usage des boissons. Si tels étaient cependant les caractères qui différencient plus particulièrement les deux sexes, on pourrait par l'analyse, comme nous l'avons indiqué précédemment, assez bien assigner leur influence respective, surtout si les observations étaient très-nombreuses. Je ne parle pas des formes de la justice, dé la législation en général, de l'état des lumières, des moyens de pourvoir aux besoins physiques, ete., qui peuvent contribuer puissamment à augmenter ou à diminuer le nombre

des crimes, mais dônt l'influence est en général peu sensible sur le rapport entre les accusés des deux sexes.

On dira peut-être que s'il est vrai que la moralité de la femme n'est pas plus grande que celle de l’homme, les vols domestiques devraient être en même nombre pour les deux sexes. Cette observation serait juste, s’il était prouvé que la classe des individus dans laquelle se commettent les vols domestiques se compose d'autant d'hommes que de femmes : mais 1l n'existe aucun renseignement à cet égard. Tout ce que l’on peut établir, c'est que les hommes et Les femmes qui vivent dans l’état de domesticité, commettent plutôt les crimes contre les propriétés que les crimes contre les personnes, ce qui confirme très-bien les observations faites plus haut sur l'influence de la vie retirée et des habitudes sédentaires.

Le Compte général de l'administration de la justice en France, pour 1829, distingue pour la première fois la profession des accusés : à l’article Domestiques, on trouve 318 hommes et 147 femmes attachés comme domestiques à une ferme en exploitation ; d’une autre part, 149 hommes et 75 femmes attachés comme domestiques à la personne. Le nombre total des hommes est donc plus grand que celui des femmes; or, sur ces nombres, il y avait 99 accusés pour crimes contre les personnes, et 590 pour crimes contre les propriétés ; le rapport de ces nombres est de 1 à 6 environ, et il a conservé la même valeur exactement dans les années 1830 et 1831. Mais nous avons eu occasion de voir que ce rapport est de 1 à 8 pour la société entière, quand on fait abstraction des conditions ; et il serait seulement de 263 à 1,091 ou de 1 à 4 environ, si la société ne se composait que de femmes ; ainsi dans tous les cas, il reste suffisamment démontré, je pense, que les hommes et les femmes, dans l’état de domes-

ticité, commettent de préférence les crimes contre les propriétés. à

Quant aux crimes capitaux, on peut les ranger de la manière suivante :

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