‹ Physio-Pathologie Nerveuse: Des Accidents Liés à l'Évolution de la Première DentitionChapitre 22 sur 24 · PNEUMO-GASTRIQUE · texte numérisé non relu

PNEUMO-GASTRIQUE

Son origine bulbaire, ses synapses au niveau des appareils pulmonaire et digestif

mettait en jeu des réflexes conditionnés, ce qui n’est pas le cas chez le bébé.

Nous avons vu que l’excitation du pneumogastrique provoquait une augmentation des secrétions digestives. Or, au niveau du bulbe, le centre du pneumogastrique peut être excité par des influx à point de départ trigéminé. De plus, le pneumogastrique innerve l’ensemble du tractus digestif. Son excitation entraîne non seulement une hypersecrétion des glandes annexées à ce tractus, mais aussi une augmentation des mouvements péristaltiques de l’intestin.

Ainsi donc, les diarrhées coexistant avec l’évolution de la première dentition semblent être sous la dépendance d’un phénomène réflexe à point de départ trigéminé et mise en jeu du pneumogastrique au niveau du bulbe. Cette excitation du pneumogastrique va entraîner une augmentation du volume des secrétions et une exagération du péristaltisme intestinal. Du fait de celle-ci, la durée du transit intestinal sera diminuée, de même que les phénomènes d’absorption. Les selles en seront plus abondantes, simplement mal liées ou franchement diarrhéiques.

Les vomissements, eux aussi, doivent être mis sous la dépendance de la diffusion et de la sommation des influx trigéminés. La mise en jeu du centre bulbaire se ferait soit directement, soit par l'intermédiaire de la racine vestibulaire du nerf auditif dont la stimulation expérimentale provoque des nausées et des vomissements.

Les troubles de l’appareil respiratoire, en général associés aux accidents de l’appareil digestif, sont, semble-t-il, eux aussi sous la dépendance d’une excitation du pneumo-gastrique. En effet, nous avons vu que l’excitation de celui-ci provoquait une broncho-constriction, en même temps qu’une augmentation des secrétions bronchiques. De même, elle provoque une action vasodilatatrice au niveau de la muqueuse du larynx par l’intermédiaire du nerf laryngé supérieur.

Ainsi, la petite toux sèche qui accompagne fréquemment le

travail d’éruption d’une dent peut être simplement la conséquence de la vaso-dilatation au niveau de la muqueuse du larynx.

Dans certains cas, le bébé présente une toux coqueluchoïde. Il nous semble que celle-ci est essentiellement provoquée par la broncho-constriction et l’hypersecrétion des glandes bronchiques

liées à l’excitation du pneumo-gastrique.

L'arrêt de développement statural et pondéral peut-il être la conséquence d’un mécanisme à participation nerveuse résultant de l’évolution de la première dentition ?

Dans les paragraphes précédents, nous avons vu que l’évolution de la première dentition pouvait entraîner un refus de l’alimentation et des troubles digestifs avec diminution de la durée du transit intestinal, d’où perturbation de l’assimilation.

Ces deux phénomènes ont un retentissement incontestable

sur l’évolution staturale et pondérale du nourrisson.

Au paragraphe de l’hyperthermie, nous avons vu qu’il pouvait v avoir un dysfonctionnement de la thyroïde d’origine vasomotrice réflexe. Ce dysfonctionnement thyroïdien peut entraîner une augmentation des échanges d’où une diminution du matériel

nécessaire à l’accroissement statural et pondéral du nourrisson.

Nous avons vu aussi que les centres hypothalamiques subissaient l’influence des excitations du trijumeau lors de l’évolution de la première dentition. L’auto-régulation réciproque du complexe hypothalamo-pituitaire en est perturbée. Il pourra en résulter un arrêt de la croissance. Le mécanisme n’en est pas encore élucidé. Est-ce une déficience de l’hypophyse consécutive à l’augmentation du tonus de l’hypothalamus ? Il nous semble plutôt qu’il faille faire jouer un rôle prépondérant aux seules modifications apportées au fonctionnement du système végétatif.

En effet, CHAMPY et COUJARD ont montré que l’action des hormones de croissance se fait sentir uniquement sur des zones bien déterminées de l’organisme ; cette action n’est totale que

si le système nerveux sympathique est conservé dans son inté-

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grité et qu’il agisse à la manière d’un relais entre l’action hormonale et l’organe effecteur.

Ainsi, l’arrêt du développement statural et pondéral peut donc être la conséquence des phénomènes réflexes provenant de l’évolution de la première dentition, soit par l’action que ceuxci ont sur l’appareil digestif et sur la thyroïde, soit par action

directe au niveau des zones de croissance.

Ces réflexes et les troubles qui en découlent se produisentils forcément chez tous les enfants au cours de la dentition ?

L'observation des faits montre qu'il n’en est rien, et certains enfants ont toutes leurs dents sans jamais manifester le moindre trouble.

D'ailleurs, du point de vue physiologique, il serait paradoxal d’admettre que des excitations d’intensité, très certainement inégales, puissent donner des réactions semblables chez des individus. différents par leur hérédité, leurs antécédents ou leur constitution.

Cette possibilité de réactions différentes nous amène à évoquer la vieille conception du tempérament individuel ou mieux du terrain, avec sa spécificité réactionnelle propre à chaque individu, qui résume le comportement viscéral, somatique et spychique de chacun des êtres humains, et qui trouve désormais,

dans les fonctions du diencéphale, une base scientifique.

À ce propos, CUSHING n’écrivait-il pas : « Là, dans cette petite zone médiane et archaïque de la base du cerveau, que pourrait cacher l’ongle du pouce, se dissimule le ressort essentiel

de la vie instinctive et affective. »

Il paraît logique d’admettre que les enfants issus de souche névropathique, héritant de la sensibilité nerveuse de leurs parents, soient plus aptes que d’autres à présenter des accidents réflexes. En effet, on peut considérer que leur système nerveux se trouve déjà en état de sensibilisation et cette condition explique que l’irritation causée par une éruption dentaire provoquera chez eux des réactions nerveuses plus violentes.

Lors de l’étude du système sympathique, nous avons vu

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l’étroite dépendance qui existe entre celui-ei et le système endocrinien. Tout dysfonctionnement de ce dernier entraîne un retenüssement sur le tonus du système végétatif. Ainsi verrons-nous les accidents de dentition survenir tout particulièrement dans un organisme prédisposé à l’éclosion de phénomènes de choc, par suite d’une insuffisance pluri ou monoglandulaire.

On peut admettre aussi qu’une hygiène alimentaire défectueuse prédisposera aux accidents de la première dentition. En effet, elle peut occasionner une carence d’éléments nécessaires au développement du système dentaire : phosphore, calcium, vitamines. L'évolution dentaire s’en trouvera viciée et les troubles locaux qui en résulteront constitueront alors un véritable traumatisme dans un organisme à nutrition altérée.

Les maladies de la première enfance peuvent, elles aussi, influer sur la poussée dentaire. La dyspepsie gastro-intestinale, les fièvres éruptives, le rachitisme, en perturbant l’équilibre de l'organisme, troublent le travail de la dentition. Celle-ci, irrégulière et retardée, sera non seulement capable de produire des accidents locaux, mais aussi, par contre-coup, des perturbations à distance sur un organisme déprimé. |

L’évolution dentaire ne serait plus qu’un facteur meitant en jeu l’état pathologique du sujet déjà en puissance. Pour le Professeur MARFAN, il n’y a pas de diarrrhée, de bronchite, ni de convulsion de la dentition, mais des enfants prédisposés, chez

qui l’évolution des dents déclenche une de ces manifestations.

Ainsi donc, l’hérédité, les antécédents personnels et le terrain du sujet permettraient de comprendre pourquoi et comment un enfant présentant une déficience passagère ou fréquente d’un organe aura, à l’occasion de la dentition, des manifestations qui se localiseront de préférence sur l’appareil antérieurement touché. Et nous pouvons dire avec le Professeur HUTINEL:

« L'enfant tombe du côté où il penche ».

Si l’éruption n’est plus la cause unique, elle n’en demeure pas moins la cause déterminante des différents accidents de la

dentition.

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