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Cette communauté si nécessaire entre la partie gouvernante et la partie gouvernée de TÉtat , cette communauté qui place le plus grand intérêt du souverain dans Taccroissement du produit net des terres soumises k sa domination , cette communauté sans laquelle aucune nation ne peut se répondre d*avoir une administration constamment prospère, nous indique quelle doit être la forme de Tautorité souveraine, et en quelles^ mains doit être déposée cette autorité. Car toute forme de gouvernemenr qui ne comporterait pas cette communauté parfaite et visible d'intérêts, entre ceux qui exercent Tautorité souveraine et ceux sur lesquels elle est I exercée, serait évidemment une forme proscrite par les lois de Tordre K naturel le plus avantageux possible aux hommes réunis en société. -J)
(I est évident qu'un souverain démocratique ne peut exercer lui-même son autorité, et qu'il ne saurait en faire d^autre usage que celui de se nommer des commissaires ou des représentants pour exercer cette autorité. Ces représentants chargés d'exercer Tautorité d'un souverain démocratique, sont des particuliers dont les fonctions sont nécessairement passagères. Ces paaagers ne sauraient être en communauté perpétuelle d'intérêts avec la nation. Ces particuliers ont, peuvent^voir, du moins, des intérêts particuliers exclusifs opposés k Vobservance de l'ordre et a l'intérêt public. Ce n'est donc pas leur administration qui est indiquée par l'ordre naturel, et qui peut resserrer les liens de la société par l'union de l'intérêt des dépositaires de l'autorité et de celui du reste de la nation.
Il en faut dire autant d'un souverain aristocratique. Les membres qui le composent sont aussi des particuliers qui ont aussi des domaines et des familles, dont l'intérêt particulier exclusif peut être souvent en opposition avec l'intérêt des autres propriétaires fonciers soumis à leur do<
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minalion, et se trouve naturellement plus cher aux aristocrates^ que cet intérêt des propriétaires qui constitue l'intérêt public,
II en faut dire autant d'un monarque électif. Ce prince a aussi des domaines et une famille qui lui appartiennent comme particulier, qui subsistent indépendamment de sa souveraineté, et qui subsisteront encore après que sa souveraineté sera passée. Il a donc l'intérêt particulier exclusif d'employer la puissance dont il est dépositaire, pour améliorer et (ïtendre ses domaines, pour agrandir et enrichir sa famille. Si cet intérêt se trouve opposé à celui des revenus publics et particuliers de la nation, le prince sera exposé à des tentations perpétuelles qui peuvent souvent devenir funestes.
Ce n'est pas qu'une haute vertu et un grand génie dans un mooarque électif, dans des co-souverains aristocratiques, ou dans les représentants d'un souverain démocratique, joints à des lumières suffisantes dans les nations sur les droits de la propriété et de la liberté, ne puissent assurer pendant un certain temps la prospérité des sociétés soumises à ces différentes formes de gouvernement. Mais un grand génie et une haute vertu sont des qualités personnelles qui ne passent pas toujours d'un prince à son successeur, et qui s'étendent rarement sur un grand nombre d'individus à la fois. Quand, dans ces gouvernements imparfaits, elles manquent aux administrateurs suprêmes, ceux-ci peuvent se laisser aisément séduire par l'attrait de leur intérêt particulier exclusif. Alors, les lumières de la nation peuvent leur paraître redoutables. Alors, la nation devient nécessairement moins éclairée qu'elle ne devrait l'être, et qu'elle ne le serait si l'intérêt personnel présent et visible des dépositaires de l'autorité était d'étendre et de favoriser l'instruction publique de l'ordre naturel. Alors, l'ignorance concourt k entretenir la dissension des intérêts, cl a la rendre plus dangereuse.
Il n'y a que les monarques héréditaires dont tous les intérêts personnels et particuliers, présents et futurs, puissent être intimement, sensiblement et manifestement liés avec celui de leurs nations, par la co-propriétc de tous les produits nets du territoire soumis à leur empire.
11 est vrai que cette co-propriété seule peut opérer une parfaite communauté d'intérêts entre «n monarque, même héréditaire, et son peuple; car si ce monarque avait, au lieu de cette co-propriété, des domaines ï faire valoir pour en appliquer le revenu aux dépenses publiques, il ne pourrait remplir les fonctions de propriétaire foncier sur une si grande étendue de terres, et il ne lui resterait, pour en soutenir le revenu, que la ressource ruineuse de privilégier ses domaines au détriment de ceux de SCS sujets, ce qui mettrait ce monarque domanial, vis-h-vis de sa na-
lion, dans un état absolument incompatible avec le ministère de rautorité souveraine.
Mais la monarchie héréditaire présente la forme du gouvernement le plus parfait^ quand elle est jointe à rétablissement de la co-propriélé du public dans le produit net de tous les biens-fonds, sous une telle proportion que le revenu du Gsc soit le plus grand possible, sans que le sort des propriétaires fonciers cesse d'être le meilleur que Ton puisse avoir dans la société.