INTRODUCTION
S I. — La justice ouïes lois de POrdre, objet (ondamentat de la philo<«ophie de
Quesnay.
SMl est un fait constaté par Thistoire, c'est que le monde, depuis son origine, n'a jamais cesàé de marcher à la solution de ce grand problème : qu*at'ce que la justice? Politiques, religieuses ou sociales, toutes les révolutions Tout renfermé dans leur sein ; et, si aucune n'en avait trouvé le dernier mot, c'est que l'intelligence des choses morales est, comme celle des choses physiques, nécessairement progressive. Le christianisme, en transportant la question de la terre au ciel, ne jeta dessus aucune lumière, mais il appela plus que jamais les esprits h la résoudre en ravivant, dans ta conscience humaine, la croyance innée que le droit ne dérive pas de la force. L'œuvre de la poser et de la discuter scientifiquement était réservée au xvui' siècle ; et la gloire qui s'y attache en revient tout entière h Quesnay et à son école.
Vers le milieu de cette époque, en effet, l'on voit éclater de toutes parts le sentiment de la violation des lois de l'Ordre. Pas un penseur qui ne lance sa pierre à la société telle qu'on l'a faite. Mais, parmi tous ces philosophes, lequel d'entre eux pourrait dire ce qu'est l'Ordre? quelle idée précise il s'en forme? quels moyens sont opportuns pour le rétal>lir? Sera-ce Voltaire, n'apercevant guère d'autre abus dans la société que le pouvoir du prêtre et l'existence des opinions religieuses ? Sera-ce lean-Jacques, cet éloquent rhéteur, qui, ne comprenant pas le mouvement de la civilisation moderne, ne propose, pour remède à la souf- ^^Dce des peuples, que la liberté politique d'Athènes et de Rome? Ou ^^^n consultera-t-on à cet égard tous les écrivains vendus au clergé, à la noblesse, au parlement et aux hommes de finance, lesquels ne trouvent anlrc chose à redire, dans l'organisation sociale, que les obstacles qu'elle laisse subsister encore à l'extension des privilèges ou des rapines