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Lorsque l'agnculturc prospérerions les autres arts fleurissent avec elle ; mais, quand on abandonne la culture, par quelque cause que ce soit, tous les autres travaux, tant sur terre que sur mer, s'anéantissent, en même temps.
SOCRATE dans Xémopuosi.
ANALYSE DE LA FORMULE ARITHMÉTIQUE DU TABLEAU ÉCONOMIQUE DE LA DISTRIBUTION DES DÉPENSES ANNUELLES d'uNE NATION AGRICOLE ^
Division de la Nation en trois classes de Citoyens; classe productive, classe des Propriétaires, classe stérile. Quels sont les Citoyens renfermés dans chacune de ces classes. -» Nécessité de former une hypothèse pour développer, dans un point de ▼oc général, les rapports de ces trois classes. Hypothèse d'un royaume dans un état de prospérité. — Exposition des richesses des trois classes dans Thypothèse dmuiée. Avances primitives et annuelles des Cultivateurs. Revenu des Propriétaires. Avances de la classe stérile. Détail des ventes de la classe productive et du commerce entre les trois classes. — Un autre cas, d'autres données, présenteraient d'autres résultats. Ceux que Ton présente ici, et Thypothèse qui les a fait paitre, tiennent à des coudrions ipdispensablcs : que le commerce soit entièrement libre ; que les Cultivateurs n'ayent à payer d'autre charge que le revenu , dont le Souverain doit avoir une p^rt proportionnelle pour subvenir aux dépenses publiques; ce qui constitue la forme d'imposition la plus avantageuse possible au Souverain et aux Propriétaires, -r- Pour que le Cultivateur n'ait à payer d'autre charge que le revenu, il faut qu'il ait ses reprises bien assurées. Les reprises des Cultivateurs sont composées de leurs avances annuelles, et des intérêts des avances de leur établissement. Preuves de l'indispensable nécessité de ces intérêts.
' Nulle lecture n'est pkis propre à faciliter l'intelligence de cet exposé du système des Pliysiocrates, que celle des Réflexions sur la formaiionelsurla distribua lion de ta richesse^ de Turgot. — Voyez aussi l'analyse donnée par Ad. Smith, de la même doctrine, dans le livre IV, chap. IX de la Richesse des' Nations. (K. D.)
ils ne sont pas à beaucoup près à un taux trop fort sur le pied de dix pour cenL lis se dépensent annuellement par les Cultivateurs.
La nation est réduite à trois classes de citoyens : la classe productive^ la classe des propriétaires, et la classe stérile.
La classe productive est celle qui fait renaître par la culture du territoire les richesses annuelles de la nation, qui fait les avances des dépenses ^ des travaux de l'agriculture, et qui paye annuellement les revenus des propriétaires des terres. On renferme dans la dépendance de cette classe tous les travaux et toutes les dépenses qui s'y font jusqu'à la vente des productions à la première main : c'est par cette vente qu'on connaît la valeur de la reproduction annuelle des richesses de la nation \
La classe des propriétaires comprend le souverain , les possesseurs des terres, et les décimateurs. Cette classe subsiste par le revenu ou produit net de la culture, qui lui est payé annuellement par la classe productive, après que celle-ci a prélevé, sur la reproduction qu'elle fait renaître annuellement, les richesses nécessaires pour se rembourser de ses avances annuelles et pour entretenir ses richesses d'exploitation.
La classe stérile est formée de tous les citoyens occupés a d'aatres services et k d'autres travaux que ceux de l'agriculture; et dont les dépenses sont payées par la classe productive et par la classe des propriétaires, qui eux-mêmes tirent leurs revenus de la classe productive.
Pour suivre et calculer clairement les rapports de ces différentes classes entre elles, il faut se fixer k un cas quelconque; car on ne peut établir un calcul positif sur de simples abstractions. *
Supposons donc un grand royaume, dont le territoire, porté à son plus haut degré d'agriculture , rapporterait tous les ans une reproduction de la valeur de cinj milliards ; et où l'état permanent de cette valeur serait établi sur les prix constants qui ont cours entre les nations commerçantes.
^ On voit que, dans ce système, le nom de richesse n'est accordé qn^aux produits bruts de la nature dans ses trois régnes, animal, végétal et minéral. Par suite, Ques' nay, concevant le travail sous trois aspects distincts , selon qu'il produit, distribue ou consen'e la richesse, appelait :
Travaux producteurs^ ceux de Tagriculture dans toutes ses branches, ainsi que l'exploitation des pécberies, mines et carrières ;
Travaux distributeurs^ ceux qui procurent des services passagers, utiles ou agréables, ou qui se rapportent à la fabrication des denrées alimentaires dont la consommation doit avoir lieu instantanément ;
Travaux conservateurs^ ceux qui ont pour objet d'empêcher les provisions de se corrompre, et de satisfaire aux besoins dévotement, de logement, de défense, d'instruction, d'amusement de Thommc, par la création des étoffes, maisons, meubles, armes, machines, livres, bijoux, tableaux, statues, etc. (E. P.)
<Ians le cas où il y a constamment une libre concurrence de commerce, et une entière sûreté de la propriété des richesses d'exploitation de Tagriculture '.
Le Tableau économique renferme les trois classes et leurs richesses annuelles, et décrit leur commerce dans la forme qui suit.