‹ PhysiocratesChapitre 5 sur 157 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

qui lui appartient, ce sont \\k des vérités évidentes sans doute, mais dont Tévidence même rend la déclaration fort superQue, si Ton n'explique en même temps, d*une manière rationnelle, en quoi glt Tintérét général, en quoi consiste le droit et le devoir de chacun. Est-ce que les anciens, par exemple, qui ne doutaient pas de ces vérités, n*en alliaient pas trèd^ bien la connaissance avec le maintien de Tesclavage? Est-ce que TÉglise, qui les tenait pour certaines aussi, et qui a prêché aux hommes Fabnégalion personnelle, le dévouement, la fraternité, en un mot beaucoup plus que la justice, n'a pas fait dépendre le droit à k liberté de la couleur de la peau, et dévoué charitablement à la prison, aux tortures, à la mort, des milliers d'hommes dont le seul crime était de ne pas penser comme elle? Est-ce qu'enfin tous les gouvernements passés et actuels, qui ne nient pas davantage ces vérités, ne se sont jamais trompés ou ne se trompent plus sur ce que commande l'intérêt général? n^ont jamais imposé et n'imposent plus aux citoyens que des devoirs rigoureusement conformes à la justice? Si force est de répondre négativement à toutes ces questions, et de reconnaître néanmoins que l'idée de la justice n'a jamais cessé d'exister au fond de la conscience humaine, on doit en conclure qu'elle y est obscurcie autant, peut-être, par l'efTet de l'igno^ rance que par celui des mauvaises passions de notre nature.

Ainsi pensa Quesnay, qui dit : < Le droit est méconnu, surtout parce que personne, homme d'État, prêtre ou savant, ne l'a mis en lumière. » Dès-lors,combIer cette lacune de la philosophie, devint l'œuvre h plus chère h son activité intellectuelle. Le médecin de Louis XY y procéda selon la méthode quecommençaient à adopter les véritables savants, c'est- 2i-dire, qu'il n'alla pas s'égarer dans les ténèbres de la métaphysique et de l'ontologie, mais limita ses recherchesau champ des choses observables. Étudiant la nature de l'homme et la nature des choses, il en déduisit les principes immuables du droit naturel, et donna, pour preuve de leur certitude, Tanalyse de tous les biens ou de tous les maux qu'éprouve l'humanité, selon qu'elle les respecte ou qu'elle les viole. En se livrant h ce qu'il appelait la recherche des lois de l'Ordre^ Quesnay voulut évidemment créer ce que J.-B. Say a nommé plus tard la icience physiologique de la société. Il tendait, comme cet écrivain, h la connaissance de loules les lois naturelles et constantes sans lesquelles les sociétés bu-

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