‹ PhysiocratesChapitre 61 sur 157 · XXIII. RÉCIPROCITÉ DE COMMERCE · texte numérisé non relu

XXIII. RÉCIPROCITÉ DE COMMERCE

Que la nation ne souffre pas de perte dans son commerce réciproque avec l'étranger ; quand même ce commerce serait profitable aux commerçants qui gagneraient sur leurs concitoyens dans la vente des marchandises quMl rapporterait. Car alors Taccroissement de fortune de ces commerçants ferait dans la circulation des revenus un retranchement préjudiciable à la distribution et à la reproduction.

Les ministres, dirigés par des sentiments d'humanité , par une éducation supérieure et par des vues plus étendues, rejettent avec indignation les maximes odieuses et destructives qui ne tendent qu'à la dévastation des campagnes; car ils n'ignorent pas que ce sont les richesses des liabitants de la campagne qui font naître les richesses de la nation. Pauvres paysans, pauvre royaume.

* Voyez la réponse faite par Turgot à ce point de la doctrine physiocratique, 06servat, sur le mémoire de M. de Sainl-Peravy^ tome I, p. 424 et suiv. de ses oeuvres ; — G. Gamîer, dans ses notes sur Smith, Rich. des nations, tome 1, p. 421 et suiv. ( E. D. )

* Ce que Ton remarque ici, à Tégard des grandes dépenses de consommation des denrées du crû, se rapporte aux nations agricoles. Mais on doit penser autrement des petites nations commerçantes qui n'ont pas de territoire ; car leur intérêt les oblige d'épargner en tout genre de dépenses pour conservi*r et accroître le fonds des richesses nécessaires à leur commerce, et pour commercer à moins de frais que les autres nations, afin de pouvoir s'assurer les avantages de la concurrence dans les achats et dans les ventes chez l'étranger. Ces petites nations commerçantes doivent être regardées comme les agents du commerce des grands États, parce qu'il est plus avantageux à ceux-ci de commercer par leur entremise, que de se charger eux-mêmes de différentes parties de commerce qu'ils exerceraient avec plus de dépenses , et dont ils retireraient moins de profit, qu'en se procurant chez eux une grande concurrence de commerçants étrangers ; car ce n'est que par la plus grande concurrence possible , permise à tous les négociants de l'univers , qu'une nation peut s'assurer le meilleur prix et le débit le plus avantageux des productions de son territoire, et se préserver du monopole des commerçants du pays.

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