‹ PhysiocratesChapitre 60 sur 157 · XX. — l'aisance pour les derniers citoyens · texte numérisé non relu

XX. — l'aisance pour les derniers citoyens

Qu'on ne diminue pas r aisance des dernières classes de citoyens; car elles ne pourraient pas assez contribuer à la consommation des denrées qui ne peuvent être consommées que dans le pays, ce qui serait diminuer la reproduction et le revenu de la nation *.

commerce toutes les autres choses dont elle peut avoir besoin dans la proportion convenable à Tétat de ses richesses.

' La cherté du blé, par exemple, pourvu qu'elle soit constante dans un royaume agricole, est plus avantageuse au menu peuple, que le bas prix. Le salaire de la journée du manouvrier s'établit assez naturellement sur le prix du blé, et est ordinairement le vingtième du prix d*un setier. Sur ce pied, si le prix du blé était constamment à 20 livres, le manouvrier gagnerait dans le cours de Tannée environ 260 liv. , il en dépenserait en blé pour lui et sa famille 200 liv., et il lui resterait 60liv. pour les autres besoins ; si, au contraire, le setier de blé ne valait que iO liv., il ne gagnerait que 150 liv. , il en dépenserait 100 liv. en blé, et il ne lui resterait pour les autres besoins que 30 liv. Aussi voit-on que les provinces où le blé est cher sont beaucoup plus peuplées que celles où il est à bas prix.

Le même avantage se trouve pour toutes les autres classes d'hommes, pour le gain des cultivateurs, pour le revenu des propriétaires, pour l'impôt, pour la prospérité de l'État; car alors le produit des terres dédommage largement du surcroît des frais de salaire et de nourriture. Il est aisé de s'en convaincre par le calcul des dépenses et des accroissements des produits.

* Pour autoriser les vexations sur les habitants des campagnes, les exacleurs ont avancé pour maxime qu'il faut que les paysans soient pauvres^ pour les empêcher d'être paresseux. Les bourgeois dédaigneux ont adopté volontiers cette maxime barbare, parce qu'ils sont moins attentifs à d'autres maximes plus décisives, qui sont que l'homme qui ne peut rien conserver ne travaille précisément que pour gagner de quoi se nourrir, et qu'en général tout homme qui peut conserver est laborieux^ parce que tout homme est avide de richesses. La véritable cause de la paresse du paysan opprimé est le trop bas prix du salaire et le peu d'emploi dans les pays où h\ gène du commerce des productions fait tomber les denrées eu non-valeur, et où d'autres causes ont ruiné l'agriculture. Les vexations, le bas prix des denrées, et un gain insuffisant pour les exciter au travail, les rendent paresseux, braconniers, vagabonds et pillards. La pauvreté forcée n'est donc pas le moyen de rendre les paysans laborieux : il n'y a que la propriété et la jouissance assurées de leur gain qui puissent leur donner du courage et de l'aclivito '.

I La révolution de 1789, qui a renda la propriété territoriale l>eauroup plus accessible n la <!hisse jçricole quelle oc létail précédemment, témoigne de toute la justesse de cpUo réflexion, f K. D.

100 OUESNAY.

/ XXL ÉVITER LES ÉPARGNES STÉllILES.

Que Us propriétaires^ et ceux qui exercent de» professions bêcroHves, ne se livrent pas à des épargnes stériles , qui retrancheraient delà circulation et de la distribution une portion de leurs revenus ou de leurs gains ^

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