TOME II
Ce qui prouve bien la différence, au point de vue de l’absorption, entre ce qui passe sur les vertébrés à sang chaud, les vertébrés à sang froid et les invertébrés, c’est l'effet immédiat de l'injection d’une dose toxique minimum de chlorure de potassium.
Gelte dose est, d’après les nombreuses expériences que je rapporterai plus loin, voisine de 0,45. Or, cette même dose, injectée sous la peau à un cobaye, à un poisson, à une écrevisse, produira des effets bien différents. Sur le cobaye, elle ne sera absorbée qu'avec lenteur, et l'animal, s’il meurt, ne mourra qu'une heure après environ. Mais, chez ce même cobaye, si l'injection a été faite dans une veine ou dans une cavité à absorption rapide, comme le péritoine, la mort sera presque instantanée.
Sur l’écrevisse, la mort est toujours instantanée.
Sur le poisson, il suffit d’une ou deux minutes pour que les effets toxiques se déclarent. Deux minutes après l’injection, l'animal est très malade, en état de mort apparente, n'ayant pas de réflexes, pour ainsi dire, et faisant de rares inspirations. S'il doit se rétablir, graduellement il reviendra
à l’état normal, et, s’il doit mourir, c’est en un quart d'heure, «
au plus, que la mort se déclare.
Autrement dit, le maximum des eflets du poison s’observe
chez le cobaye , une demi-heure après l'injection souscutanée ; \
Chez le chien, après injection veineuse, immédiatement ;
Chez l’écrevisse, après injection sous-cutanée, immédiament ;
Chez le poisson, après injection sous-cutanée, deux ou trois minntes après.
Or, ces différences dans le moment où apparaissent les effets maxima du poison tiennent en grande partie à la rapi= dité de l'absorption.
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